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Chasse
Gérard Merle : «On pénalise une filière qui nourrit la population»
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Gérard Merle : «On pénalise une filière qui nourrit la population»
La chasse est dans le viseur. Mais pour Gérard Merle, président de la Société des chasseurs, le problème n’est pas le chasseur – c’est le cadre légal actuel. Entre réglementation contre-productive, filière cerf abandonnée à ellemême et tourisme de chasse inexploité, il dresse un réquisitoire méthodique contre une législation déconnectée du terrain.
C’est une formule qui résume tout. Lors d’un échange avec les autorités, la question avait été posée : «Y a-t-il trop d’armes à Maurice ?» La réponse qui en est ressortie était claire : «Trop d’incohérences dans la loi.» Une formule que Gérard Merle fait sienne.
Le président de la Société des chasseurs pointe une contradiction fondamentale. Autrefois, un chasseur pouvait apprendre sous supervision, dans un cadre règlementé, avec une arme utilisée par plusieurs personnes. Aujourd’hui, la loi impose à chaque chasseur de posséder sa propre arme. Résultat : une arme partagée est devenue plusieurs armes individuelles.
Au-delà de la question des armes, Gérard Merle défend une filière qu’il juge sacrifiée. La viande de cerf – saine, maigre, pauvre en cholestérol, produite localement – est, selon lui, consommée par toutes les communautés à Maurice et reste accessible. Une filière sans importation, sans aide publique, et pourtant l’une des plus productives du pays en matière d’autosuffisance alimentaire. Il martèle : «Zéro subvention. Zéro soutien de l’État. On pénalise une filière qui nourrit la population, crée de la valeur et fonctionne sans aide publique.»
L’autre angle mort : la chasse touristique. Selon Gérard Merle, tous les ingrédients sont réunis – sécurité, infrastructures, biodiversité encadrée – mais Maurice reste en marge d’un marché international bien établi. La raison ? Des délais administratifs rédhibitoires. Là où d’autres destinations délivrent un permis en ligne en 48 heures, Maurice impose des délais de 10 à 15 jours – soit plus longtemps que la durée moyenne d’un séjour touristique.
S’ajoutent à cela l’absence de cadre clair pour les professionnels, des restrictions sur les armes, des limitations de munitions, et une règle qui interdit à certains résidents étrangers – pour- tant autorisés à vivre, investir et travailler à Maurice – de pratiquer la chasse légalement. Gérard Merle explique : «À l’échelle nationale, ce sont des dizaines, voire des centaines de millions de roupies qui échappent chaque année au pays.»
Il tient cependant à préciser que les chasseurs ne remettent pas en cause le contrôle des armes. Il salue à cet égard le travail sérieux et structuré de la police. Ce qu’il demande, c’est d’être consulté en amont de toute nouvelle réglementation : «Les professionnels sont les mieux placés pour mesurer l’impact concret des lois.» Un dialogue qui permettrait, selon lui, d’éviter des mesures inadaptées et de bâtir un cadre à la fois efficace et équilibré. Il conclut : «Il ne s’agit pas de critiquer, mais de collaborer pour mieux légiférer.»
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