Publicité

Prix de l’essence et du pain

Michaël Sik Yuen dément toute hausse imminente

5 avril 2026, 07:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Michaël Sik Yuen dément toute hausse imminente

Depuis hier matin, une information annonçant une hausse imminente de prix – Rs 5 par litre d’essence et Rs 1,40 par pain – circule dans certains médias. Ces chiffres, censés être tranchés prochainement par le gouvernement, ont été catégoriquement démentis par le ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, Michaël Sik Yuen. «Rien n’a été finalisé à ce jour», insiste-t-il. La question des prix des biens essentiels reste particulièrement sensible pour les consommateurs et les commerçants. Dans un contexte de volatilité des marchés mondiaux et de pressions inflationnistes, toute annonce prématurée pourrait créer un impact économique et social important.

Essence : Le PSA maintient la stabilité des prix

Le ministre a clarifié que la rumeur d’une hausse de Rs 5 sur le litre d’essence est totalement infondée. Le Price Stabilisation Account (PSA), par le biais du fonds MOGAS dédié à l’essence, dispose d’un solde positif de Rs 400 millions. Ce fonds permet de compenser les fluctuations des prix internationaux et d’éviter des hausses immédiates pour le consommateur. «Tant que ce fonds est suffisant, il n’y a aucune raison d’augmenter le prix de l’essence. Sans cette réserve, le litre atteindrait Rs 75», précise-t-il, mettant en lumière l’importance du PSA dans la régulation du marché local.

Diesel : hausse limitée malgré le déficit du PSA

La situation du diesel diffère de celle de l’essence. Le PSA affiche un déficit de Rs 2,3 milliards, ce qui rend le prix du diesel particulièrement sensible aux ajustements. Théoriquement, la hausse du prix aurait dû atteindre 40 %, en raison de la progression des cours mondiaux. Toutefois, dans le cadre du mécanisme du Petroleum Pricing Committee, la hausse a été limitée à 10 %, la différence étant absorbée par le PSA afin de protéger les consommateurs d’un choc brutal. Pour mettre en perspective, le gouvernement aurait pu appliquer une augmentation de 10 % chaque jour pendant quatre jours consécutifs, ce qui aurait totalisé 40 %. Grâce à cette approche graduelle et au soutien du PSA, le prix du diesel reste contrôlé, même si, sans ces mesures, il aurait déjà dû atteindre Rs 108 le litre.

Pain : anomalies détectées, aucune décision prise

Concernant le pain, rien n’a été décidé à ce jour. Le ministre a identifié plusieurs anomalies liées aux prix et à la subvention de la farine. Sur le marché, certaines farines «wholesale» se vendent à Rs 650 et sont subventionnées pour la distribution générale, au coût de Rs 217,50. Une deuxième subvention, spécifique aux boulangers, réduit ce coût à Rs 108 le sac. Ces mécanismes ont donné lieu à des dérives : certains boulangers achètent la farine subventionnée à Rs 108 et la revendent à des prix plus élevés, voire l’exportent vers les Comores. Pour traiter ces fraudes, le dossier a été transmis à la Financial Crimes Commission, qui a ouvert une enquête.

Le ministre a également souligné des anomalies dans les déclarations de production. Pour chaque «scheduled bread» produit, les boulangers perçoivent 24 sous via la Mauritius Revenue Authority. Certaines entreprises déclarent produire plus que la réalité afin d’augmenter le montant à recevoir. Sik Yuen précise qu’il ne s’agit pas d’une pratique généralisée : seule une minorité de boulangers y a recours et ce phénomène est suivi de près depuis début 2024.

Pour gérer ces enjeux, un comité interministériel a été mis en place, réunissant les ministères du Commerce, de l’Industrie et de la Sécurité sociale. Des tables rondes ont été organisées avec les boulangers et les associations de protection des consommateurs; des consultations supplémentaires ont été menées avec d’autres acteurs clés/stakeholders afin de recueillir leurs avis et recommandations. «Lors de notre dernière réunion jeudi, aucune décision finale n’a été adoptée. Nous prévoyons de soumettre nos recommandations au Cabinet dans une à deux semaines», indique le ministre Sik Yuen, soulignant l’approche prudente et méthodique adoptée pour traiter ces défis de régulation des prix.

Publicité