Publicité

Rassemblement au Plaza, à Rose-Hill

Paul Bérenger : «Mwa kinn kre MMM»

29 mars 2026, 07:20

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Devant une salle acquise à sa cause, lors du rassemblement tenu à la salle des fêtes du Plaza, le leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger, est revenu sur la crise interne qui secoue le parti. Entre volonté d’écoute des militants et dénonciation des «dérives» politiques, il a rappelé son rôle fondateur avec la phrase : «Mwa kinn kre MMM.»

Dès l’entame, il donne le ton en privilégiant l’échange avec les militants : «Nous voulons écouter… donner des réponses à ce qui doit être répondu.» Un positionnement qui traduit, selon lui, la nécessité de clarifier une situation devenue «très, très difficile» pour le parti.

Revenant sur la réunion du Comité central, Paul Bérenger reconnaît sans détour l’ampleur de la fracture : la majorité des membres souhaite rester au gouvernement. Une décision qu’il dit comprendre humainement, tout en s’en dissociant politiquement. «Nous n’avons aucun ressentiment… nous comprenons leur douleur», affirme-t-il, évoquant des militants engagés depuis plusieurs décennies.

Mais il insiste : rester au gouvernement sans cohérence politique n’est plus une option. «Si nous ne sommes pas capables de rester, que pouvons-nous faire ? Il y a d’autres choses à faire», lance-t-il. Au cœur de son intervention, le leader du MMM justifie sa rupture par des raisons qu’il juge fondamentales. Il évoque d’abord une crise économique profonde : «Nous traversons une crise économique sérieuse… une catastrophe», dit-il, pointant du doigt des investissements bloqués et une mauvaise gestion.

Il dénonce ensuite une montée inquiétante de la corruption : «La corruption prend de l’ampleur… elle prend de l’ampleur.» À cela s’ajoutent, selon lui, des nominations politiques faites sans consultation : «Jamais je n’ai été consulté pour de grandes nominations dans les corps paraétatiques.» Face à «ces dérives», il martèle une ligne claire : «Le pays avant tout, pas les postes.»

«Pas leader de l’opposition»

Paul Bérenger a tenu à clarifier sa position personnelle. «Il n’est pas question que je prenne le poste de leader de l’opposition», affirme-t-il catégoriquement. Une déclaration qui vise à couper court aux spéculations, tout en affirmant une certaine cohérence avec sa démarche actuelle. Toutefois, il ne ferme pas la porte à un autre scénario : celui d’une refondation politique. «Si nous allons dans la direction d’un nouveau parti, un nouveau MMM, et qu’on me demande de prendre le leadership… je peux dire oui tout de suite», affirmet-il. «Ziska kot mo kapav.» Il n’écarte pas le fait d’être conscient que son âge peut faire défaut. «Mo ena 81 an aster. Pa 18.»

Dans une démarche structurée, le leader des Mauves expose les quatre options qui s’offrent au parti :

– Rester au gouvernement comme backbenchers ;

– S’en remettre à l’Assemblée des délégués ;

– Saisir la Cour suprême, une option jugée «très difficile» ;

– Créer un nouveau parti en vue des prochaines élections. Il met toutefois en garde contre les risques juridiques : «Si nous ne nous en remettons pas à la Cour suprême, nous risquons de perdre notre nom, notre couleur mauve et notre symbole.»

Au-delà de la crise interne, Paul Bérenger élargit son propos à la situation nationale. Il critique un système marqué par l’incompétence et l’absence de vision. Il évoque notamment les problèmes énergétiques, dont les risques de pénurie, ainsi que la montée du trafic de drogue, y compris en milieu carcéral. «Notre pays est en train de sombrer», prévient-il.

«Vous n’avez rien à regretter»

Malgré les tensions, le leader du MMM affirme ne rien regretter de son parcours ni de ses décisions récentes. «Vous n’avez rien à regretter», lance-t-il à ses militants. Son seul regret, dit-il, est ailleurs : «Mo sel regre, seki travayis koumadir pe met lekours pou ratrap MSM.»

Paul Bérenger conclut en appelant à une mobilisation disciplinée et réfléchie. «Pas de démagogie», insiste-t-il, tout en réaffirmant que des décisions sur l’avenir devront être prises «dans les prochains jours». Il évoque même la possibilité d’une élection partielle au no 19, sans trancher : «Une question à laquelle nous n’allons pas répondre aujourd’hui.»

Ce rassemblement aura ainsi permis au leader des Mauves de reprendre la parole face à sa base, d’expliquer ses choix et de poser les jalons d’une possible refondation. La suite des évènements pour Paul Bérenger se conjuguera lundi lors d’une rencontre avec un petit comité, dont ceux qui l’ont suivi, et mercredi, il compte organiser une réunion de la régionale du n°19.

paul 1.jpg ■ Paul Bérenger est entré au Plaza, hier, en compagnie de ses gardes du corps.

la foule.jpg ■ La salle des fêtes affichait complet, avec des militants également à l’extérieur.

la foule 2.jpg ■ Des partisans brandissaient leur carte de membre en scandant : «Nou solider avek nou leader Paul Bérenger» ou encore «Pena MMM san Paul».

Joanna.jpg ■ Joanna Bérenger à son arrivée vers 9 h 50, accompagnée de militants.

3ieme.jpg ■ Un militant portant fièrement un T-shirt mauve arborant une photo de Paul Bérenger dans sa jeunesse.

Photo ok.jpg ■ Sushil Khushiram aperçu dans la foule, prenant des photos du discours du leader du MMM.

fans.jpg ■ Un militant portant fièrement un T-shirt mauve arborant une photo de Paul Bérenger dans sa jeunesse.

photo all.jpg ■ Joanna Bérenger, Chetan Baboolall, Daniella Bastien, Paul Bérenger, Iqbal Calcateea et plusieurs autres membres du MMM posent sur l’estrade pour une photo souvenir.

paul le pays avant tout.jpg ■ Au cours de son intervention, le leader mauve a attiré l’attention sur la banderole «Le pays avant tout» suspendue au-dessus de sa tête.

Publicité