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Liberté refusée, bataille relancée

La Cour suprême réserve son jugement dans le «bail review» de Mamy Ravatomanga

27 mars 2026, 05:00

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La Cour suprême réserve son jugement dans le «bail review» de Mamy Ravatomanga

La Cour suprême a entendu, hier, la demande de révision de liberté conditionnelle (bail review) de Mamy Ravatomanga, au terme d’une séance dense marquée par une opposition frontale entre défense et poursuite. Après les plaidoiries, les juges Carol GreenJokhoo et Azam Neerooa ont réservé leur décision, attendue après le 4 mai, à la reprise des travaux de la Cour suprême.

Au début de l'audience, la défense, assurée par Me Joy Beeharry, assisté de Me Khushal Lobine, a axé son argumentaire sur une rupture d’égalité. Me Beeharry a soutenu que plusieurs autres suspects impliqués dans des dossiers connexes – dont Junaid Fakim, Nasser Bheeky et David Thomas – ont, eux, obtenu la liberté sous caution. «Il y a une discrimination manifeste», a-t-il fait valoir, estimant que son client est traité différemment sans justification objective.

La défense s’est également attaquée à la qualité des éléments à charge, évoquant des preuves issues de «sources informelles», notamment en provenance de Madagascar et de France. Selon Me Beeharry, ces éléments ne devraient pas suffire à maintenir un homme en détention prolongée. Il a en outre contesté l’argument selon lequel Ravatomanga ne disposerait pas d’attaches solides à Maurice.

À cet égard, il a rappelé que des Criminal Attachment Orders visant environ Rs 7,3 milliards d’avoirs ont été émis, ce qui, selon lui, démontre l’existence de biens significatifs sur le territoire mauricien. En réponse, Me Atish Roopchand, paraissant pour la Financial Crimes Commission, a défendu la décision rendue le 30 décembre par la magistrate de la Bail and Remand Court Karuna Dwarka Davay. Il a rejeté toute idée de traitement inégal, soutenant que chaque suspect est évalué selon son implication propre et les risques spécifiques qu’il présente.

Sur la question des preuves, il a affirmé que, même issues de l’étranger, elles sont suffisantes pour établir une reasonable suspicion, seuil requis à ce stade. La position du Directeur des poursuites publiques et du commissaire de police, représentés par Me Ida Dookhy Rambarun du State Law Office, s’est inscrite dans la continuité de cette ligne : valider le raisonnement de la BRC et maintenir les conclusions sur les risques de fuite et d’interférence avec l’enquête. Au terme des débats, la Cour a réservé son jugement, laissant en suspens une décision clé dans ce dossier de portée régionale et judiciaire.

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