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Fémicide à Poste-de-Flacq

Kriteshsingh Bunghooye, le mari de Sujaya Bunghooye, écope de 45 ans de prison

19 mars 2026, 05:15

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Kriteshsingh Bunghooye, le mari de Sujaya Bunghooye, écope de 45 ans de prison

La cour d’assises a prononcé une lourde sentence, le mardi 17 mars, dans une affaire de féminicide qui avait bouleversé la région de Poste-de-Flacq en février 2020. Kriteshsingh Bunghooye, 33 ans, a été condamné à 45 années de servitude pénale pour le meurtre de sa femme, Sujaya Bunghooye, alors âgée de 23 ans et protégée par un Protection Order. La peine tient compte du temps qu’il a déjà passé en détention provisoire.

Mariés civilement en 2013, Kriteshsingh et Sujaya Bunghooye avaient commencé à vivre séparément en 2018. Les deux enfants mineurs du couple étaient restés avec leur mère. Selon les dossiers judiciaires, le mari, toxicomane, nourrissait des soupçons de liaison extraconjugale à l’encontre de sa femme. Des incidents antérieurs avaient déjà conduit Sujaya à obtenir un Protection Order.

Le drame s’est produit le 2 février 2020. Après avoir consommé de la méthadone au poste de police de Flacq, Kriteshsingh Bunghooye aurait aperçu sa femme en compagnie d’un homme avec lequel il la soupçonnait d’entretenir une relation avec. Il serait alors retourné chez lui pour s’armer d’un sabre et d’un couteau avant de partir à sa recherche en scooter. Le couple s’est retrouvé à un arrêt d’autobus à Poste-de-Flacq. Une dispute a éclaté, Kriteshsingh Bunghooye cherchant à obtenir des aveux de sa femme. Face à ses dénégations, il l’a attaquée, lui infligeant des coups de couteau au cou. Sujaya Bunghooye est décédée peu après.

Le lendemain, le meurtrier s’est rendu au poste de police de Flacq et a avoué les faits. L’autopsie, réalisée par le Dr Prem Chamane, a confirmé que la cause du décès était une stab wound to the neck.

Lors du procès, Kriteshsingh Bunghooye a plaidé coupable. Dans son jugement, le juge Iqbal Maghooa a souligné l’urgence de répondre fermement à la violence basée sur le genre. Il a déclaré : «Gender-based violence is a critical national issue. It disproportionately affects women who are often vulnerable and helpless. There is a strong public interest for perpetrators of violent acts against women to be dealt with the utmost severity.» Parmi les facteurs aggravants retenus contre lui, la cour a notamment évoqué le fait que la victime était la mère de deux enfants mineurs, désormais privés de leur mère, et le traumatisme subi par la famille.

Comme circonstances atténuantes, le juge Maghooa a pris en compte l’absence de préméditation, l’aveu du crime et le remords manifesté par le prévenu. La sentence de 45 ans de servitude pénale marque encore un signal fort contre les féminicides à Maurice et rappelle que la justice entend protéger les victimes de violences conjugales.

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