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Transport aérien
La flambée du prix du pétrole fait exploser le coût des billets d’avion
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Transport aérien
La flambée du prix du pétrole fait exploser le coût des billets d’avion
La hausse du jet fuel pourrait réduire les marges d’Air Mauritius.
Le transport aérien devient de plus en plus coûteux en raison des tensions au Moyen-Orient et du conflit impliquant l’Iran. La forte hausse du prix du Brent, qui a dépassé les 115 dollars pour atteindre près de 119 dollars lundi – son plus haut niveau depuis 2022 – a également entraîné une augmentation du coût du kérosène. Le carburant représentant environ 20 à 30 % des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne, cette hausse se répercute rapidement sur le prix des billets d’avion.
Les compagnies aériennes sont souvent confrontées à deux facteurs interdépendants lorsque le prix du pétrole brut augmente. D’une part, le kérosène étant raffiné à partir de pétrole brut, son prix de base tend à suivre les fluctuations du Brent. Pour rappel, le prix du kérosène, qui oscillait entre 85 et 90 dollars le baril avant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, a fortement grimpé ces derniers jours, atteignant entre 150 et 200 dollars le baril.
D’autre part, les transporteurs et les fournisseurs de carburant peuvent appliquer des «surcharges de crise» ou des primes carburant plus élevées, ce qui amplifie la hausse du prix du kérosène par rapport à celle du pétrole brut. Ces frais supplémentaires sont destinés à couvrir les fluctuations du marché et les incertitudes liées à l’approvisionnement. Ils augmentent également la probabilité que les compagnies aériennes répercutent ces coûts sur les passagers par des tarifs plus élevés, des frais additionnels ou une réduction des offres promotionnelles.
Du côté de Shamal Travels, basé à Quatre-Bornes, on explique que certaines compagnies ont réduit la fréquence de leurs vols. Emirates opérait auparavant trois vols par jour, mais actuellement la compagnie n’assure qu’un seul vol quotidien, indique l’agence. Les prix des billets ont également connu une hausse notable. «Un billet pour Barcelone coûte aujourd’hui entre Rs 90 000 et Rs 95 000 via British Airways, alors qu’auparavant le même billet coûtait environ Rs 60 000 à Rs 65 000. Pour Emirates, le prix, qui était de Rs 58 000 à Rs 60 000 auparavant, atteint désormais environ Rs 97 000 en raison du nombre moindre de vols.»
Selon les agences de voyages, toutes les destinations ont été touchées, notamment la Thaïlande, la Malaisie et certaines régions d’Asie. Istanbul connaît également une hausse du prix des billets, car les clients qui voyageaient auparavant avec Emirates se tournent désormais vers Turkish Airlines.
Les professionnels du secteur recommandent de réserver les vols le plus tôt possible, compte tenu du risque de hausse des prix lié au conflit au Moyen-Orient. Il est conseillé de comparer les tarifs des différentes compagnies aériennes, car la date de réservation, la disponibilité des sièges et la demande influencent les prix. «Les clients devraient se positionner rapidement si un tarif acceptable se présente, étant donné que des hausses sont déjà observées, comme 35 % de taxes en plus par Hong Kong Airlines», explique encore un préposé de Shamal Travels.
Souscrire une assurance voyage permet également d’éviter des frais supplémentaires, notamment pour les voyageurs exposés à un risque accru de retards, annulations ou perturbations aux escales dans la région du Golfe. «Cela permet aux passagers de récupérer leur argent en cas de changement. Actuellement, Emirates rembourse sans frais de service, offrant un remboursement total. Cependant, si un passager décide d’annuler son voyage et se rembourser sans raison valable, des frais peuvent s’appliquer, variant de Rs 2 000 à Rs 5 000, ce qui pourrait s’avérer moins élevé que l’éventuelle augmentation de tarif à venir», souligne encore Shamal Travels.
Air Mauritius : Rentabilité menacée
La hausse du prix du pétrole menace directement la rentabilité d’Air Mauritius (MK). Pour rappel, MK avait annoncé un bénéfice net de Rs 1,1 milliard pour le premier semestre de l’exercice financier 2025- 2026, soit d’avril à septembre 2025. Ces gains avaient été largement soutenus par la baisse du prix du jet fuel. Pourtant, le carburant demeure la charge la plus importante pour une compagnie aérienne : il peut représenter environ 30 % des coûts d’exploitation, et parfois davantage selon la flotte et les routes exploitées. Si le prix du baril devait grimper à 150 USD, voire 200 USD, comme le redoutent certains analystes, la facture énergétique de MK augmenterait sensiblement. Concrètement, une telle hausse des prix réduirait les marges opérationnelles, pèserait sur la trésorerie et pourrait rapidement effacer les profits récents. Les effets se manifesteraient à plusieurs niveaux : augmentation du coût par siège-kilomètre, nécessité d’augmenter les tarifs – avec le risque de perdre des passagers – ou réduction de la capacité afin de limiter les pertes. De nombreuses compagnies aériennes utilisent des produits dérivés financiers pour sécuriser leurs approvisionnements à des prix fixes ou plafonnés, plusieurs mois, voire plusieurs années à l’avance – une pratique appelée «hedging» (couverture). Parmi celles qui y ont recours figurent British Airways, Virgin Atlantic, EasyJet et Ryanair. Cependant, plusieurs grandes compagnies américaines ont historiquement préféré s’en abstenir, s’exposant ainsi davantage aux fluctuations des prix à court terme. Après la crise économique de 2008, la compagnie aérienne nationale avait également eu recours à une opération de «hedging» afin de bloquer le prix d’achat de son carburant. Il en a résulté un désastre financier qui lui avait fait perdre près de Rs 7 milliards.
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