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Marées noires : Maurice renforce son plan national d’intervention
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Marées noires : Maurice renforce son plan national d’intervention
■ L’échouement du «MV Wakashio» en 2020 au large de Maurice a provoqué l’une des pires marées noires de l’histoire du pays.
Le Conseil des ministres a avalisé, le vendredi 6 mars, une version entièrement révisée du National Oil Spill Contingency Plan. Ce plan national vise à renforcer la capacité de Maurice à prévenir et à gérer les déversements accidentels d’hydrocarbures en mer. Parmi les principales nouveautés figure l’introduction d’un mécanisme de réponse plus complet. Désormais, l’évaluation d’un incident ne se limitera plus uniquement au volume de pétrole déversé. La sensibilité environnementale de la zone touchée sera également prise en compte afin de mieux orienter les opérations d’intervention.
Le nouveau dispositif prévoit également une plus grande implication de volontaires formés. Pêcheurs, gens de la mer, organisations non gouvernementales (ONG) et associations féminines pourront ainsi être mobilisées en cas de menace de marée noire. Ces intervenants bénéficieront d’une formation spécialisée sur la gestion des pollutions marines. Cette formation est assurée par sept officiers provenant de différentes autorités mauriciennes, qui ont eux-mêmes été formés au Japon dans le cadre d’une coopération technique avec la Japan International Cooperation Agency.
Autre innovation du plan : la mise en place d’une codirection des opérations. Les interventions seront désormais coordonnées conjointement par le directeur de l’Environnement et le directeur du Shipping, dans l’objectif d’améliorer l’efficacité et la coordination des actions sur le terrain. Le plan redéfinit également les responsabilités de plusieurs institutions impliquées dans la gestion des crises environnementales. Sont notamment concernés le National Disaster Risk Reduction and Management Centre, la Beach Authority, le Mauritius Hydrographic Service, le Mauritius Oceanography Institute, le Department of Continental Shelf and Maritime Zone Administration, le ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille ainsi que les organisations de la société civile et les volontaires.
Sur le plan opérationnel, la Special Mobile Force et la National Coast Guard disposent d’équipements spécialisés pour lutter contre les déversements d’hydrocarbures. Parmi ces équipements figurent des barrages flottants, des écrémeurs, des réservoirs destinés au stockage des hydrocarbures récupérés et des absorbants d’huile. Des démarches sont également en cours afin d’acquérir des barrages flottants supplémentaires.
Le ministre de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique, Rajesh Bhagwan, a rappelé que l’échouement du MV Wakashio en 2020 avait révélé les limites du plan précédent, qui date de 2003. Selon lui, cet incident a permis de mettre en lumière plusieurs faiblesses du dispositif existant. La révision du plan a donc été considérée comme une priorité afin de combler ces lacunes et d’améliorer la capacité du pays à faire face à un déversement accidentel d’hydrocarbures en mer.
Un dispositif repensé
Rajesh Bhagwan a indiqué que les autorités avaient sollicité les contributions du public, des ONG et de la société civile dans le cadre de cette révision. Certaines de ces propositions ont été intégrées dans la nouvelle version du plan. Le document prend par ailleurs en compte les recommandations formulées par la cour d’investigation sur l’affaire Wakashio.
Rajesh Bhagwan a aussi mis en avant la contribution des volontaires lors de cette crise environnementale. Des ONG et des membres de la société civile avaient activement participé aux opérations de nettoyage. Si certaines de leurs recommandations ont été intégrées dans le plan, d’autres propositions nécessitant des décisions politiques importantes et des consultations supplémentaires seront examinées par le National Oil Spill Committee.
Le ministre a également insisté sur l’importance de la formation continue des habitants des zones côtières et des gens de la mer, un programme qui a déjà été lancé. En parallèle, une nouvelle cartographie des zones les plus exposées aux déversements d’hydrocarbures sur les côtes de Maurice et de Rodrigues a été réalisée.
Le premier plan national de contingence remonte à 1990 et avait été élaboré avec le soutien du Programme des Nations unies pour l’environnement. Il avait été révisé une première fois en 2003 en collaboration avec la Commission de l’océan Indien, dans le cadre du Global Environment Facility et d’un projet régional de lutte contre les déversements d’hydrocarbures soutenu par la Banque mondiale.
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