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Que sont-ils devenus ?
Françoise Labelle : de la scène politique à l’accompagnement des adultes et des parents
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Que sont-ils devenus ?
Françoise Labelle : de la scène politique à l’accompagnement des adultes et des parents
Après avoir occupé la scène politique pendant plusieurs années, certaines personnalités se font discrètes mais essentielles dans la société. Françoise Labelle, ancienne députée du Mouvement militant mauricien (MMM), active dans les années 1990 et 2000 et fervente défenseure d’un système éducatif inclusif, n’a pas abandonné son engagement. Aujourd’hui, elle concentre son énergie sur la formation des adultes et des parents.
Loin des bancs de l’Assemblée nationale, Françoise Labelle travaille en direct avec ceux qui accompagnent les jeunes – enseignants, éducateurs, familles. Elle prolonge et ancre ses combats dans la vie quotidienne. Par des ateliers, des conférences et des modules de formation, elle transmet des outils concrets pour repenser les pratiques scolaires, mieux accueillir les différences et favoriser la réussite de tous. «Aujourd’hui, je m’engage dans la formation des parents et des enseignants pour améliorer la communication au sein des familles. Cette approche vise à instaurer la paix m’a été inspirée par la citation de mère Teresa : “La paix du monde commence à la maison”.»
Elle ajoute : «Je représente à Maurice le Gordon Training International, une institution américaine, et j’aspire à enseigner une communication efficace qui pourrait réduire la violence. Les Ateliers parents ont été créés par Thomas Gordon avec la volonté de leur fournir des outils simples et efficaces pour mieux communiquer en famille. Ils donnent aux parents les moyens d’exercer une autorité juste. Ils sont dispensés à travers le monde dans plus de 40 pays par des formateurs certifiés et ils sont maintenant disponibles à Maurice.»

Selon l’ancienne députée du MMM de la circonscription n° 16 (Vacoas–Floréal) et ancienne ambassadrice de Maurice à Madagascar, il est essentiel d’enseigner aux parents comment exprimer et gérer leurs émotions, car «certains n’ont jamais appris à mettre des mots sur leurs souffrances». Elle précise : «L’augmentation des féminicides est vraiment inquiétante. Il faut se poser la question si des lois plus sévères suffisent à changer les comportements. Même si des lois existent, je pense que la formation des parents est un travail crucial en amont pour préparer un avenir meilleur.» Françoise Labelle souligne que sa motivation à poursuivre ce combat vient en grande partie de sa foi. «Je ressens un devoir de contribuer à une société meilleure, surtout en tant que grand-mère. Chaque fois que je croise des enfants, je m’inquiète pour leur avenir et j’espère qu’ils croiseront des adultes responsables sur leur chemin. Je suis convaincue que même une petite contribution, comme former 100 parents par an ou aider des couples en difficulté, peut avoir un impact significatif sur la paix et l’harmonie des familles.»
Concernant son engagement en politique, l’ex-députée indique que sa passion pour le social a continué de guider son action tout au long de son parcours politique. Très préoccupée par les derniers bouleversements dans le système éducatif, elle exprime son désarroi : «Je suis préoccupée par le niveau actuel des élèves et par la qualité de l’éducation qu’ils reçoivent. Les résultats sont en berne et les solutions mises en place jusqu’à présent semblent insuffisantes pour remédier aux problèmes fondamentaux. Le constat que les élèves ne parviennent pas à réussir dans des matières essentielles et que la plupart prennent des cours supplémentaires témoigne d’un déséquilibre inquiétant dans le système. Il est crucial d’interroger les méthodes d’enseignement et d’envisager comment nous pouvons mieux soutenir les jeunes dans leur apprentissage.»

En somme, le parcours de Françoise Labelle témoigne d’une évolution marquée par un engagement profond envers les causes sociales et une volonté de faire entendre la voix des plus démunis.
Parcours politique et engagement social
Le parcours politique de Françoise Labelle, qui est née et a grandi dans le petit village d’Olivia, mère de deux enfants et aujourd’hui grand-mère de deux petitsenfants, débute en 1999 dans une élection partielle organisée dans la circonscription n° 20 (Beau-Bassin–Petite-Rivière) suite à la démission de Jocelyne Minerve. Elle perd face à Xavier-Luc Duval, mais réussit aux élections générales de 2000, entrant au Parlement.
Elle fait un mandat à Beau-Bassin– Petite-Rivière avant d’être transférée à Vacoas–Floréal, où elle effectue deux mandats de 2000 à 2010. Au cours de son premier mandat, elle est également nommée Parliamentary Private Secretary et devient membre du Parlement panafricain dès sa création en 2004. En 2011, elle y occupe le poste de deuxième vice-présidente.
Françoise Labelle admet que dans sa jeunesse, elle n’avait pas de conscience politique, influencée par ses origines rurales où les femmes de sa famille ne participaient pas à la politique. Ce n’est qu’à travers son fiancé, engagé politiquement, qu’elle commence à s’intéresser à cet environnement. Au début de sa carrière politique, elle se concentre sur des causes sociales. Elle se bat contre des injustices scolaires en 1995 et encourage l’alphabétisation fonctionnelle des adultes.
Ses interventions au Parlement portent principalement sur l’éducation et les questions sociales. Bien qu’elle n’ait jamais été ministre, ses actions conduisent à des initiatives significatives, notamment la création d’éducateurs de rue pour les enfants. Elle a toujours cherché à concrétiser des idées et à représenter les problèmes sociaux au Parlement, aspirant à améliorer la condition des plus vulnérables.
La méthode Gordon
La méthode Gordon, développée par le Dr Thomas Gordon, est une approche de communication interpersonnelle axée sur la résolution de conflits sans perdant (gagnant-gagnant), l’empathie et la satisfaction mutuelle des besoins. Elle repose sur des outils pratiques comme l’écoute active, le message-Je et la confrontation des besoins plutôt que des personnes. Psychologue américain trois fois pressenti pour le Prix Nobel de la paix, Thomas Gordon (1918- 2002) a consacré toute sa vie à l’étude des relations humaines et à la recherche de solutions pour «mieux communiquer» : entendre et tenir compte de la position de l’autre tout en s’assurant d’exprimer son propre point de vue.
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