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Affaire Patrick Fabien
Le diocèse invoque une «procédure rigoureuse» et le «choix de la vérité vécue dans la charité»
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Affaire Patrick Fabien
Le diocèse invoque une «procédure rigoureuse» et le «choix de la vérité vécue dans la charité»
Le père Georgy Kenny (à g.) affirme que toutes les procédures ont été respectées dans le cas du père Fabien, insistant qu’elle était nécessaire dans un esprit de vérité et de justice.
Face aux interrogations suscitées par les récentes déclarations du père Patrick Fabien sur les ondes d’une radio privée, le diocèse a tenu à apporter des précisions. Dans une mise au point officielle, le père Georgy Kenny, vicaire général et porte-parole de l’évêque, affirme que les procédures ont été respectées et que l’enquête a été menée avec sérieux. L’objectif, dit-il, n’est pas d’alimenter la controverse, mais de «rétablir les faits» et de préserver l’intégrité du processus.
Selon lui, les propos du prêtre ont pu laisser entendre que l’enquête n’avait pas été conduite correctement. «Dans un esprit de vérité, nous voulons redire que l’Église ne peut avancer qu’en tenant ensemble la justice, la vérité et la miséricorde», souligne le père Kenny. Il insiste sur la nécessité d’écouter toutes les souffrances, celle du père Fabien comme celle des personnes qui ont témoigné. «Leur parole est souvent fragile, marquée par des blessures profondes. Elle mérite d’être accueillie avec sérieux et respect», affirme-t-il.
Le diocèse revient d’abord sur une première allégation que le père Fabien qualifie de fausse. Selon les autorités ecclésiastiques, le Vatican n’a pas conclu à l’inexactitude des faits, mais a indiqué qu’il était difficile d’établir la vérité, la personne présumée victime se trouvant à l’étranger et n’ayant pu être entendue directement. Sur une deuxième allégation, le prêtre évoque une «parole imprudente» sans connotation sexuelle. Or, selon le diocèse, il a reconnu au cours de l’enquête avoir demandé à deux reprises à une mineure de l’embrasser, à un an d’intervalle.
Ces éléments ont été consignés dans le dossier transmis à Rome. De tels agissements, souligne le diocèse, pourraient constituer un délit au regard des lois mauriciennes et vont à l’encontre des principes fondamentaux de l’Église. C’est sur cette base que l’évêque, après consultation du conseil épiscopal et du comité diocésain chargé des allégations d’abus, a décidé de transmettre le dossier au Vatican. Le Saint-Siège a ensuite qualifié «les faits de graves et demandé des mesures préventives». Le diocèse rejette ainsi toute tentative de minimisation des faits, estimant qu’il est inapproprié de parler de «blague» dans un tel contexte.
Dans cette démarche, le père Fabien a accepté de se rendre au Kenya, dans un centre accueillant des prêtres en difficulté, afin d’entreprendre un travail personnel. Le diocèse tient à préciser que le prêtre a été accompagné tout au long de la procédure par un avocat ecclésiastique de son choix, lequel a eu accès à l’ensemble du dossier. Par ailleurs, contrairement à ce qu’il affirme, seules les personnes directement impliquées, mineures à l’époque des faits, ont été entendues lors de l’enquête. L’Église rappelle que toute allégation est traitée avec rigueur et dans le respect des lois de la République de Maurice. «Tout comportement inapproprié avec un mineur n’est pas acceptable», insiste le père Kenny.
Reconnaissant que cette affaire provoque incompréhension et souffrance, le diocèse appelle à emprunter «la voie la plus exigeante : celle de la vérité vécue dans la charité». Une invitation à la prière est également lancée pour toutes les personnes concernées afin que l’Église puisse avancer «sur un chemin de justice, de conversion et de paix».
Retrouvez le communiqué de l'évêché de Port-Louis sur ce lien : https://www.dioceseportlouis.org/medias/archives/paroisse-clerge/mise-au-point-du-diocese-de-port-louis
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