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Drogue synthétique

Kolektif 420 : «La situation est très grave»

22 février 2026, 06:00

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Kolektif 420 : «La situation est très grave»

■ Les manifestants portaient un double message : réclamer la légalisation du cannabis et alerter sur les ravages croissants de la drogue synthétique.

Une marche a été organisée, hier, par le Kolektif 420. Les partisans ont parcouru les rues de Port-Louis, partant du Centre Marie Reine de la Paix pour rejoindre les artères de la capitale. Les manifestants portaient un double message : réclamer la légalisation du cannabis et alerter sur les ravages croissants de la drogue synthétique dans la société mauricienne.

Pour les organisateurs, la situation liée aux substances synthétiques est devenue préoccupante, particulièrement chez les jeunes. Ces drogues, souvent fabriquées avec les moyens du bord et vendues à bas prix, sont associées à une hausse des dépendances et à des effets sanitaires graves, suscitant l’inquiétude des familles et des communautés. Les stratégies répressives traditionnelles – saisies policières et arrestations – sont jugées insuffisantes pour enrayer ce problème structurel.

Hemant Rampersadsingh, président du Kolektif 420, a souligné que «la situation concernant la drogue synthétique est très grave», appelant à des mesures urgentes pour protéger les jeunes et à plus de réponses publiques face à cette crise. Il défend également l’idée que la légalisation encadrée du cannabis pourrait contribuer à réduire l’attrait pour les drogues plus dangereuses en offrant une alternative réglementée et en détournant les consommateurs des marchés illicites.

Le mouvement poursuit aussi un objectif de sensibilisation citoyenne, relayé sur les réseaux sociaux par son fondateur Jameel Peerally, afin de faire prendre conscience aux autorités et à la population des dangers des produits de synthèse et de leur impact social.

Cette marche a aussi eu une dimension culturelle et mémorielle : elle coïncidait avec le 27ᵉ anniversaire de la mort du chanteur seggae Kaya, symbole de liberté d’expression et de contestation, auquel les participants ont rendu hommage en réaffirmant leurs revendications.

Parmi les participants, une femme, souhaitant rester anonyme, a expliqué que selon elle, «il n’y a pas d’autre moyen que de légaliser l’usage récréatif du cannabis pour contrer ce fléau». Elle estime que les efforts du gouvernement et des ONG restent insuffisants face à la croissance du nombre de victimes.

Un autre manifestant a résumé ce sentiment populaire : «Bizin al get sif nonb overdoses dan pei. Pou gagn sok sa ! Pena lamor akoz fim gandia», pointant du doigt ce qu’il perçoit comme une disproportion entre la réponse actuelle et la réalité de la crise.

Cette mobilisation témoigne d’une pression citoyenne croissante pour repenser la politique nationale en matière de drogues, mariant revendications sociales, santé publique et dialogue politique au sujet d’un débat sensible à Maurice.

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