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Chagos Deal

Tempête géopolitique : Maurice «dommage collatéral» du clash UK–USA

21 février 2026, 11:00

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Tempête géopolitique : Maurice «dommage collatéral» du clash UK–USA

■ Les déclarations de Donald Trump et la position de Keir Starmer ravivent les tensions autour de l’accord sur les Chagos.

La visite d’une délégation américaine à Maurice, initialement prévue du 23 au 25 février, a été reportée. L’annonce a été faite par l’Attorney General, Gavin Glover, qui a indiqué que les autorités américaines ont informé le gouvernement mauricien, hier, qu’elles ne feraient pas le déplacement comme prévu. Cette décision intervient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, marqué par les récentes déclarations du président américain Donald Trump sur le dossier des Chagos.

La rencontre devait porter sur la coopération bilatérale en matière de sécurité et la mise en œuvre de dispositifs sécuritaires liés à l’archipel des Chagos, notamment la base conjointe américano-britannique de Diego Garcia. Selon Gavin Glover, les discussions entre Washington et Londres ont directement influencé ce report. «Il y a une discussion entre Keir Starmer et Donald Trump, comme rapporté dans la presse britannique, qui a résulté en un post de Donald Trump et ses propos sur le dossier Chagos. Vu que le président des États-Unis dicte les discussions, il était normal que les Américains reportent leur voyage à Maurice.» Pour lui, Maurice se retrouve malgré elle au cœur d’un bras de fer entre Londres et Washington. «Maurice est un dommage collatéral des discussions UK-US», a-t-il poursuivi, évoquant un contexte où les enjeux dépassent largement la seule question de souveraineté.

Le climat s’est encore alourdi après qu’un juge du territoire britannique de l’océan Indien (BIOT) a temporairement bloqué l’expulsion des quatre Chagossiens ayant accosté une île reculée de l’archipel après avoir navigué depuis le Sri Lanka. Ces derniers, menés par Misley Mandarin, entendaient établir une installation permanente sur ce qu’ils considèrent comme leur terre natale. Les autorités britanniques leur avaient signifié l’ordre d’évacuer, avec des menaces d’amendes ou peines de prison.

Toutefois, leurs avocats ont obtenu une injonction empêchant leur expulsion pendant au moins sept jours. Le juge a estimé que «l’équilibre des inconvénients» penchait en leur faveur, soulignant qu’ils se trouvaient à 120 miles de Diego Garcia et ne représentaient aucune menace pour la sécurité nationale au vu des éléments présentés. Le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) avait qualifié leur démarche de «numéro illégal et irresponsable», rappelant que sous la loi du BIOT, nul ne peut entrer sur le territoire sans permis valide, indépendamment de sa citoyenneté ou de son héritage.

À Maurice, Gavin Glover a insisté sur les «violations des lois» par le groupe de Misley Mandarin. «Il y a des principes de base : on doit passer par l’immigration pour entrer sur les îles Chagos. Ces groupes de personnes n’ont demandé aucune autorisation.» Il a également souligné que le voyage des quatre hommes aurait été financé par le Great British PAC, un groupe de pression politique britannique opposé à l’accord Londres-Maurice. Cette implication ajoute une dimension politique supplémentaire à une affaire déjà hautement sensible.

Premier paiement menacé par les retards à Londres

Concernant les retombées financières attendues de l’accord avec Londres, une fois le traité signé, Gavin Glover rappelle que l’année budgétaire mauricienne s’achève en juin 2026. «Pour que les fonds soient versés à Maurice, il faudrait qu’ils nous parviennent avant le 30 juin 2026. Or, nous sommes déjà à la fin de février et la législation nécessaire n’a toujours pas été adoptée ; elle est actuellement bloquée à la House of Lords. À ce stade, aucune date n’a été fixée pour la reprise des débats. Le calendrier parlementaire britannique risque de ne pas permettre l’adoption complète du Diego Garcia Bill et l’obtention du Royal Assent dans les délais requis, ce qui compromettrait le versement du premier paiement dans les temps.»

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Misley Mandarin et la «surprise» annoncée

Misley Mandarin.jpg ■ Misley Mandarin, qui se présente comme “First Minister” du gouvernement chagossien en exil, maintient sa position malgré les ordres d’évacuation.

Sur le terrain, Misley Mandarin, qui se présente comme «First Minister» du gouvernement chagossien en exil, maintient une ligne radicale. Il affirme qu’une «surprise» est à venir dans les prochains jours et insiste : «L’île Chagos est pour tous les Chagossiens.» Toutefois, il propose un cadre strict pour tout retour ou installation : seuls les Chagossiens britanniques devraient pouvoir s’établir sur l’archipel. «Si un Chagossien mauricien décide de venir aux Chagos, il devra faire son choix.» Il plaide pour un retour au statut d’avant 1965 et souhaite être reconnu comme Britannique plutôt que Mauricien, allant jusqu’à déclarer vouloir renoncer à ses droits mauriciens. Dans sa vision, les Chagossiens qui choisiraient de rester Mauriciens pourraient visiter les îles, mais pas y habiter.

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Trump, l’Iran et les bases britanniques

Avion.jpg ■ Diego Garcia, l’une des îles de l’archipel des Chagos dans l’océan Indien, abrite une base aérienne conjointe américano-britannique.

En toile de fond, un autre dossier alimente les tensions: l’utilisation de bases britanniques par les États-Unis en cas de frappes contre l’Iran. Selon la presse britannique, Keir Starmer aurait refusé d’autoriser l’usage de Diego Garcia et de RAF Fairford pour des opérations contre Téhéran, estimant qu’une telle décision pourrait contrevenir au droit international. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a évoqué la possibilité que les États-Unis utilisent Diego Garcia et RAF Fairford pour contrer une menace iranienne, affirmant qu’il pourrait être «nécessaire» d’agir si aucun accord n’était trouvé sur le programme nucléaire iranien. Ce différend serait à l’origine du retrait du soutien américain à l’accord sur les Chagos, que le gouvernement britannique juge essentiel pour des raisons de sécurité nationale et pour éviter une bataille juridique coûteuse. Des responsables britanniques auraient même décrit la situation comme «bleak», reconnaissant en privé que l’accord ne pourrait aboutir sans l’aval américain.

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