Publicité

Chagos

Un juge suspend l’ordre d’éviction des Chagossiens

20 février 2026, 09:15

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Un juge suspend l’ordre d’éviction des Chagossiens

L’accord conclu entre Maurice et Londres portant sur le transfert de souveraineté des îles Chagos connaît un nouveau rebondissement. Le plan du Premier ministre britannique Keir Starmer visant à finaliser ce processus traverse une zone de fortes turbulences, après une intervention judiciaire de dernière minute venue compliquer un dossier déjà hautement sensible.

Jeudi, 19 février, le juge James Lewis, Chief Justice du British Indian Ocean Territory (BIOT), a temporairement bloqué l’exécution d’un ordre d’éviction visant des Chagossiens ayant débarqué plus tôt dans la semaine sur l’un des atolls de l’archipel. Fait inédit : la décision a été rendue alors que le magistrat se trouvait à bord d’un vol.

Le mardi, 17 février, quatre Chagossiens ont accosté sur une île de l’archipel avec l’objectif affiché d’y établir une installation permanente. Selon eux, cette démarche vise à compliquer le plan britannique de transfert de souveraineté à Maurice, en soulignant leur volonté de retour et leur droit à être consultés.

Dans son jugement, Justice Lewis a estimé que « la balance des inconvénients penche clairement en faveur des requérants ». Il a souligné que les intéressés se trouvent à environ 120 miles de Diego Garcia et qu’ils ne représentent, à ce stade, aucune menace pour la sécurité nationale. Le juge a également relevé que leur expulsion compliquerait grandement un éventuel retour et que leur demande était fondée, en l’absence de réponse ou d’engagement de la part du commissaire du territoire.

En conséquence, il a accordé une injonction temporaire suspendant l’application des avis d’expulsion pour une durée de sept jours. Ce délai doit permettre aux autorités concernées de déposer une réponse formelle. À défaut, l’injonction restera en vigueur jusqu’à ce que la demande de révision judiciaire soit tranchée.

Du côté des requérants, la réaction n’a pas tardé. Misley Mandarin, qui se présente comme le « First Minister » du gouvernement chagossien en exil et mène le groupe, s’est dit « serein et content » après l’injonction émise par la Cour.

Publicité