Publicité
Séjour
Le tourisme se réinvente hors hôtels
Par
Partager cet article
Séjour
Le tourisme se réinvente hors hôtels
■ Les voyageurs recherchent davantage d’autonomie, d’immersion et de flexibilité, et s’orientent vers des expériences qui vont au-delà du cadre hôtelier classique.
Maurice a accueilli 1,44 million de touristes en 2025, un record historique. Les recettes touristiques ont atteint Rs 103,4 milliards, confirmant la reprise post-pandémie. Mais derrière ces chiffres, un autre phénomène redessine le secteur : la croissance des séjours hors hôtels.
Au-delà de ces données globales, le Hospitality Industry Report 2026 publié par AXYS met en lumière une croissance au niveau du segment non hôtelier. Les touristes logés hors hôtels dépensent moins par séjour que ceux des établissements traditionnels – Rs 39 600 par séjour contre Rs 81 300 pour les clients d’hôtels – mais, ils restent plus longtemps, en moyenne 15 nuits contre 9,1 nuits, ce qui amplifie leur impact économique. Chaque roupie dépensée par un touriste non hôtelier aurait un effet multiplicateur deux fois supérieur sur les recettes totales.
Toutefois, malgré cette croissance, le secteur conserve encore une marge de progression importante. Le taux d’occupation illustre ce potentiel : il atteint 45,6 % contre 84 % pour les hôtels. Avec 8 131 chambres disponibles et une durée moyenne de séjour de 15 nuits, le segment pourrait théoriquement accueillir 376 000 touristes par an, alors qu’environ 171 000 visiteurs y séjournent actuellement (hors séjours chez des proches). Une stratégie marketing adaptée pourrait attirer jusqu’à 100 000 visiteurs supplémentaires, sans dépenses majeures en capital. Sur la base du niveau actuel de dépenses – Rs 39 600 par touriste – cela représenterait près de Rs 4 milliards de recettes supplémentaires, soit environ 4 % des recettes touristiques actuelles.
Les analystes ont également proposé un scénario de croissance «prudent» : augmenter l’offre non hôtelière de 10 % – soit environ 813 chambres supplémentaires – et améliorer les services pour augmenter de 5 % le revenu par visiteur. Une telle combinaison permettrait de générer près de Rs 2,1 milliards de recettes additionnelles par an, sans pression excessive sur les infrastructures existantes. Autrement dit, la croissance du tourisme ne se limite plus aux hôtels. Avec près de 20 000 chambres en opération, un impact économique direct estimé à Rs 20 milliards par an, et entre un et deux touristes sur quatre optant pour un hébergement hors hôtel, la location saisonnière s’impose comme un acteur incontournable.
L’Association des acteurs de locations saisonnières (AALSIM) a tenu son assemblée générale annuelle le 13 février, marquant ce que ses dirigeants présentent comme une étape décisive dans l’évolution du modèle touristique local. Son président, Mathieu Appassamy, affirme que la location de courte durée est désormais un pilier structurant du secteur touristique. Les voyageurs recherchent davantage d’autonomie, d’immersion et de flexibilité, et s’orientent vers des expériences qui vont au-delà du cadre hôtelier classique.
Pour sa part, le junior minister du Tourisme, Sydney Pierre, reconnaît également cette dynamique, soutenant qu’il existe désormais davantage de chambres en dehors du secteur hôtelier traditionnel reflétant les nouvelles tendances du tourisme international. Il a par ailleurs insisté sur l’effet multiplicateur du secteur et appelle à une simplification des procédures administratives, notamment pour les permis, ainsi qu’à un renforcement de la professionnalisation et de la régulation afin de garantir la sécurité des visiteurs.
Face à cette dynamique, l’AALSIM passe à l’action pour structurer et professionnaliser la location saisonnière. Elle a créé un bureau permanent et a nommé Daren Moodely au poste de directeur général, chargé de consolider le dialogue institutionnel et la représentation du secteur avec des données fiables. Entrant dans une phase de croissance plus organisée, l’association invite propriétaires, opérateurs et gestionnaires à rejoindre une voix collective afin de participer activement à l’évolution de la location saisonnière.
Publicité
Publicité
Les plus récents