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Enquête internationale

Trafic de drogue Madagascar–Maurice : la FCC se rend sur place, «La Vida Loca» traqué par Interpol

15 février 2026, 06:00

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Trafic de drogue Madagascar–Maurice : la FCC se rend sur place, «La Vida Loca» traqué par Interpol

L’enquête sur le vaste trafic de drogue reliant Madagascar, Maurice et l’Asie s’apprête à franchir une étape déterminante. La Financial Crimes Commission (FCC) envisage d’envoyer prochainement des enquêteurs à Madagascar pour recueillir les dépositions de plusieurs Mauriciens incarcérés depuis des mois dans cette affaire tentaculaire. L’objectif : faire avancer un dossier explosif, identifier les cerveaux du réseau et comprendre comment une grande partie d’une cargaison de cocaïne a pu disparaître sans laisser de trace.

Au centre des investigations figure un présumé bailleur de fonds francomauricien connu sous le pseudonyme de Vida Loca, recherché par Interpol. Décrit comme méthodique et discret, il serait soupçonné d’avoir coordonné plusieurs opérations d’importation de stupéfiants vers Madagascar et Maurice en s’appuyant sur des routes maritimes régionales et des relais internationaux.

Selon nos informations, la FCC souhaite désormais passer à une étape supérieure : démanteler l’ensemble du réseau, mais aussi déterminer si certaines complicités ont permis à cette organisation criminelle de prospérer. Des vérifications seraient en cours concernant d’éventuelles implications à différents niveaux. Des soupçons émergent même autour d’un haut cadre de la police locale, actuellement interdit de ses fonctions. De tels individus pourraient être cités dans la suite des investigations.

L’affaire a pris une tournure supplémentaire après la diffusion d’une vidéo choquante de Jean Benjamin Albert, alias Jean la Barbe, détenu depuis plus de 11 mois à Madagascar. Dans cet enregistrement circulant sur la page Ansam Sitwayin, gérée par Bruneau Laurette, l’homme apparaît visiblement à bout, dénonçant des menaces directes contre lui et sa famille : «Zot inn menas mwa, zot in menas mo fami… mo ena kat zanfan… mo mama… monn fer li gagn bokou traka… monn swazir sa lavi-la… Mo mem Jean la Barbe.»

Un témoignage qui donne froid dans le dos. Jean Benjamin Albert affirmera être victime de pressions et semble lancer un appel désespéré depuis sa cellule. Dans cette vidéo, il évoquera directement le nom de Wendip Appayah, affirmant que ce dernier lui aurait remis une montre de grande valeur, un détail qui intrigue fortement les enquêteurs. Appayah apparaît désormais comme une pièce maîtresse dans cette mécanique criminelle, soupçonné d’être un acteur central du trafic.

Le dossier Wendip Appayah, suivi depuis plusieurs mois, pourrait ainsi connaître un tournant décisif. Avec de tels aveux, la FCC entend accélérer le processus et se rendre prochainement à Madagascar pour interroger les Mauriciens pris dans les filets, qui croupissent toujours derrière les barreaux. Ce déplacement serait crucial pour recouper les déclarations, identifier les commanditaires et comprendre les circuits financiers derrière cette opération.

L’origine de l’affaire remonte notamment à une cargaison de 60 kilos de cocaïne partie de Toamasina en février 2025. Seuls 17 kilos ont été saisis à Antananarivo, laissant plus de 40 kilos introuvables. Cette disparition alimente de nombreuses interrogations sur l’existence de circuits parallèles. Neuf personnes ont été arrêtées dans cette enquête, dont plusieurs ressortissants mauriciens et malgaches : Jean Benjamin Albert, Jean Noël Ferry, Jean Marc Édouard, Merlin Raoelison, Georges Clément Tsimaniry, Joseph Arnold Christian Tsaboto, Ludo Arisse Beranto, Dede Mbolatiamanana et Emmanuella Jehovanie Solomonesitina.

Les autorités malgaches ont également mis en évidence un axe plus large s’étendant jusqu’en Thaïlande et au Pakistan. Selon les éléments recueillis, le réseau présumé aurait utilisé un itinéraire structuré : Thaïlande → Pakistan → Madagascar → Maurice. Le suspect surnommé Vida Loca, qui aurait résidé dans le passé à Flic-en-Flac, serait soupçonné d’avoir coordonné ces opérations depuis l’étranger.

Les investigations du pôle anticorruption à Madagascar indiquent que ce personnage serait le véritable chef d’orchestre du réseau. Selon nos renseignements, il aurait vécu plusieurs années à Flic-en-Flac, sur la côte ouest de Maurice, avant de quitter précipitamment le pays après l’arrestation d’une proche à l’aéroport SSR en 2019. Depuis, il aurait établi ses bases en Thaïlande, d’où il financerait l’acheminement de cocaïne et d’héroïne via des intermédiaires asiatiques et africains.

En parallèle, les arrestations se sont multipliées à Madagascar : plusieurs Mauriciens et complices malgaches ont été interceptés entre janvier et février, révélant l’ampleur du réseau. Mais malgré ces coups de filet, une grande partie de la cargaison demeure in- trouvable, alimentant toutes les spéculations.

Avec ces ramifications internationales, ces noms lourds, ces vidéos glaçantes et ces complicités possibles au sein même des institutions, cette enquête promet d’être l’une des plus explosives. Les enquêteurs de la FCC à Madagascar pourraient bien marquer un tournant décisif… et faire tomber bien plus que de simples exécutants.

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