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Naden Padayachi, «General Manager People Mobility & Vehicule Services» chez Logidis : «Ce modèle ne menace pas la profession, il modernise l’outil de réservation»

6 février 2026, 11:00

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Naden Padayachi, «General Manager People Mobility & Vehicule Services» chez Logidis : «Ce modèle ne menace pas la profession, il modernise l’outil de réservation»

L’arrivée d’Uber chez nous, à travers un partenariat avec Logidis, remue les chauffeurs de taxi, inquiets quant à l’avenir de leur métier. Naden Padayachi, General Manager People Mobility & Vehicule Services chez Logidis, fait le point sur ce nouveau modèle de transport.

? Quelles sont les principales différences entre le fonctionnement d’Uber dans les pays où la plateforme est déjà établie et le modèle qui serait appliqué à Maurice ?

Le modèle mauricien diffère des opérations traditionnelles d’Uber. Il s’agit d’un modèle dans lequel Logidis conserve le contrôle opérationnel sur le terrain. Logidis gère tous les contrats des chauffeurs et répond aux autorités réglementaires mauriciennes, tandis qu’Uber fournit uniquement la plateforme technologique, à savoir l’application Uber Driver. Le modèle s’inspire de Malte et de la Hongrie, où l’application Uber est déployée selon un modèle similaire. Le service fonctionnera sous le nom «Taxi by Ala-Lila», la marque de Logidis depuis 2006. Il s’agit d’une modernisation d’un service existant.

Le processus d’inscription fera l’objet d’un contrôle strict. Seuls les titulaires d’un permis de taxi Public Service Vehicle License (PSVL) pourront s’inscrire en tant que chauffeurs sur l’application. Dans ce contexte, Logidis procédera à une vérification complète de tous les documents et délivrera un certificat Logidis, obligatoire avant toute activation sur l’application Uber Driver.

Les documents requis comprennent la carte d’identité nationale, le permis de conduire, le PSVL, la carte d’enregistrement commercial (BRN), les coordonnées bancaires, le livret d’immatriculation, le certificat de fitness, la déclaration et l’assurance. Ainsi, les chauffeurs conserveront leur entière indépendance en tant qu’opérateurs de taxi traditionnels.

Il s’agit d’un service de taxi mauricien utilisant la technologie Uber. Les services de taxi sont entièrement réglementés par la législation locale, exploités par une entreprise locale et assurés exclusivement par des chauffeurs de taxi agréés. Les tarifs respectent la fourchette de prix mauriciennes et sont adaptés à des zones spécifiques, notamment l’aéroport, le port et les hôtels.

? Comment ce nouveau modèle garantit-il une concurrence loyale avec les taxis déjà en activité ?

La plateforme reste réservée exclusivement aux titulaires d’une licence PSVL Taxi. Le processus de vérification de Logidis garantit qu’aucune inscription non autorisée ne peut être effectuée sans la délivrance du certificat Logidis. Les opérateurs illégaux ne peuvent pas accéder à la plateforme.

Les zones mauriciennes sont respectées. Des dispositions spécifiques sont maintenues à l’aéroport, au port et dans les hôtels. Les chauffeurs autorisés dans ces zones spécifiques conservent leur priorité. Le principe général est basé sur la proximité géographique: plus le chauffeur est proche, plus il a la priorité. Dans les zones spéciales, le principe du «premier arrivé, premier servi» s’appliquera parmi les chauffeurs autorisés. Ainsi, les fonctionnalités technologiques offertes par Uber permettent de numériser les règles existantes qui sont actuellement appliquées.

Les chauffeurs continuent de choisir leurs horaires, leurs zones et les courses qu’ils acceptent, et sont libres de continuer à fournir leurs services en dehors de l’application Uber Driver. Pour les chauffeurs de taxi mauriciens, cela représente un cadre professionnel renforcé qui distingue les chauffeurs agréés des opérateurs illégaux, avec une qualité de service reconnue internationalement et une sécurité accrue grâce à l’identification des passagers.

? Comment les tarifs des courses seront-ils fixés et dans quelle mesure l’algorithme d’Uber influencera-til les prix ? Une commission sera-telle prélevée sur chaque course, quel pourcentage restera à Maurice et quel sera l’impact sur le revenu net des chauffeurs ?

Développés en collaboration avec les opérateurs de taxi agréés et les autorités, les prix sont basés sur une étude des tarifs pratiqués par les chauffeurs de taxi mauriciens. Le système «Driver-Dispatch» calcule les prix en fonction du kilométrage, du temps de trajet, des zones spécifiques (aéroport, port, hôtels) et des heures de pointe. Les tarifs adaptés sont visibles sur l’application avant d’accepter une course.

En ce qui concerne les frais de service, le tarif est parmi les plus compétitifs au monde. Pendant la période de lancement, les chauffeurs ne paient que 1 % de frais de service pendant les deux premiers mois, les frais de service étant plafonnés à 10 % pour le reste de la première année. Après cette période, des frais de service compétitifs seront appliqués en collaboration avec les chauffeurs de taxi agréés et les autorités.

Les frais de service couvrent les coûts opérationnels réels: infrastructure technique, y compris GPS en temps réel, paiements sécurisés, assistance 24/7, et mises à jour constantes de l’application ; conformité administrative, y compris l’intégration des chauffeurs, la vérification des licences PSVL et la déclaration fiscale automatique à la MRA ; investissements pour les passagers et les chauffeurs afin de stimuler l’ensemble du marché et de créer une place de marché fiable ; et, surtout, un accès à 1,4 million de touristes annuels qui connaissent déjà Uber et le recherchent dès leur arrivée.

Logidis considère cela comme un coût opérationnel visant à moderniser le secteur, et non comme une source de profits, absorbant ainsi une partie des coûts réels afin de soutenir les chauffeurs mauriciens. Les chauffeurs connaissent le montant net de leurs courses avant d’accepter chaque trajet, ce qui élimine toute surprise. Grâce à des paiements hebdomadaires, les chauffeurs bénéficieront également d’une meilleure trésorerie.

? Les chauffeurs de taxi craignent qu’à l’avenir, l’ajout de voitures privées sur la plateforme ne concurrence directement leur profession. Quelle est votre réponse aux préoccupations liées à la sécurité de l’emploi et aux revenus des chauffeurs ?

Au contraire, les chauffeurs de taxi agréés bénéficieront d’un plus grand nombre de courses, d’investissements accrus sur le marché, d’un marché plus dense et d’avantages concurrentiels supplémentaires. Les avantages pour préserver et améliorer les revenus comprennent l’accès à une clientèle internationale élargie, la réduction des temps d’arrêt et des kilomètres à vide, une meilleure visibilité et davantage d’opportunités de courses, une solution technologique pour répondre aux préoccupations en matière de numérisation et de sécurité, ainsi qu’un cadre professionnalisé qui les distingue des opérateurs illégaux.

Logidis travaille avec les chauffeurs de taxi depuis vingt ans. Ce partenariat témoigne de la confiance que les chauffeurs de taxi Logidis accordent à l’entreprise depuis deux décennies. Le modèle mauricien est un modèle exploité localement qui fonctionne dans le cadre national existant, exclusivement pour les taxis agréés conformément à la réglementation nationale en vigueur, cette dernière interdisant aux propriétaires de voitures privées d’opérer des services de transport public de passagers.

Les chauffeurs de taxi conserveront leur entière indépendance en tant que services de taxi traditionnels agréés. Ce modèle ne modifie en rien la nature de la profession, il modernise simplement l’outil de réservation.

Plutôt que de menacer la profession, cette modernisation fournit aux chauffeurs de taxi agréés les outils nécessaires pour être compétitifs dans une économie numérique, tout en conservant les protections réglementaires et les priorités de zone.

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