Publicité

Une audience, un renvoi et l’attente

Mamy Ravatomanga relance son combat pour la liberté

26 janvier 2026, 12:59

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Mamy Ravatomanga relance son combat pour la liberté

La procédure s’est ouverte sans éclat, mais avec un poids évident. Ce lundi 26 janvier, la demande de Bail Review déposée par l’homme d’affaires malgache, Mamy Ravatomanga, a été appelée pro forma devant la cheffe juge, Rehana Mungly-Gulbul, en Cour suprême. Une audience brève, essentiellement technique, mais qui marque une étape décisive dans la contestation de sa détention. L’affaire a été renvoyée au lundi 2 février, date à laquelle les principales autorités concernées – le Directeur des poursuites publiques (DPP), le commissaire de police (CP), la Financial Crimes Commission (FCC) ainsi que la magistrate de la Bail and Remand Court (BRC) – devront officiellement faire connaître leur position sur cette demande de révision.

Par cette démarche, Mamy Ravatomanga cherche à remettre en cause la décision rendue le 30 décembre par la BRC, qui lui avait refusé la liberté conditionnelle. Dans sa requête, il a cité comme parties défenderesses la magistrate Karuna Dwarka Davay, Senior District Magistrate siégeant à la BRC, le DPP, le CP et la FCC. Absent de l’audience, l’homme d’affaires était représenté par Me Ayesha Jeewa, Senior Attorney. Le DPP et le CP sont défendus par Me Rasmi Camiah, Chief State Attorney du State Law Office. Aucun représentant de la magistrate Dwarka Davay ni de la FCC ne s’est toutefois présenté à ce stade.

Dès l’ouverture de l’audience, la cheffe juge a relevé une irrégularité de procédure non négligeable. Si la FCC figure comme partie défenderesse dans l’affidavit accompagnant la requête, son nom est absent de la Motion Paper elle-même. Une omission qualifiée de sérieuse. Me Ayesha Jeewa a présenté ses excuses à la cour et a assuré que les documents seront rectifiés avant la prochaine séance. Me Rasmi Camiah a, pour sa part, indiqué que la position du DPP et du CP sera communiquée lors de la reprise de l’affaire. La Cour suprême a ainsi fixé une nouvelle audience au lundi 2 février. La magistrate Karuna Dwarka Davay sera formellement notifiée afin de préciser officiellement son stand dans le cadre de cette procédure.

Pour mémoire, dans un ruling rendu le 30 décembre 2025, la magistrate de la BRC avait rejeté la demande de remise en liberté conditionnelle de Mamy Ravatomanga. Elle avait estimé que le risque de fuite ou de manipulation de témoins et de preuves était «real and plausible». À l’issue de cette décision, l’homme d’affaires avait été reconduit en détention à la prison de haute sécurité de Melrose. C’est cette appréciation que la défense conteste aujourd’hui devant la plus haute juridiction. Parmi les arguments avancés figure notamment l’état de santé du prévenu. Selon ses avocats, Mes Khushal Lobine et Joy Beeharry, Mamy Ravatomanga souffrirait de plusieurs pathologies, dont une occlusion artérielle et du diabète, nécessitant un suivi médical étroit.

Arrivé à Maurice dans la nuit du 11 au 12 octobre 2025 à bord d’un jet privé, dans le sillage d’un coup d'État à Madagascar, l’homme d’affaires est désormais au cœur d’une enquête aux ramifications internationales. Il répond actuellement de deux charges provisoires de blanchiment d’argent ainsi que d’une accusation d’entente délictueuse liée à une affaire de trafic d’influence, toutes logées par la FCC. En parallèle de cette bataille pour sa liberté, Mamy Ravatomanga compte également saisir la Cour suprême pour contester le Criminal Attachment Order émis le 15 octobre. Cet ordre a conduit au gel de l’ensemble de ses avoirs bancaires à Maurice, pour un montant évalué à environ Rs 7,3 milliards.

Le 2 février, la Cour suprême entrera ainsi dans le fond d’un dossier où se mêlent enjeux judiciaires, santé fragile et soupçons financiers de grande ampleur. Une étape attendue autant par la défense que par les autorités.

Publicité