Publicité

Affaire John Mick Martingale

Des gardiens de prison cités comme témoins zappent leur comparution en cour

24 janvier 2026, 06:30

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Des gardiens de prison cités comme témoins zappent leur comparution en cour

■ John Mick Martingale en détention provisoire à la prison de Beau-Bassin, a été retrouvé pendu dans sa cellule le 8 septembre 2024.

L’affaire de la mort suspecte de John Mick Martingale, le 8 septembre 2024, à la prison de BeauBassin, a été appelée devant le magistrat Denis Jonathan Vellien à la cour de district de Rose-Hill, jeudi. L’enquête judiciaire avait été ordonnée par le Directeur des poursuites publiques (DPP) sous la District and Intermediate Courts Act. La séance a été marquée par l’absence de cinq gardiens de prison cités comme témoins. Parmi eux, trois font partie de la Prison Security Squad (PSS), une unité soupçonnée d’avoir joué un rôle dans les circonstances entourant le décès de Martingale.

Le représentant du DPP, Mᵉ Yorgesh Bhookhun, et l’avocat de la famille Martingale, Mᵉ Rama Valayden, ont constaté que les gardiens avaient ignoré la citation à comparaître. Mᵉ Bhookhun a demandé l’ouverture de procédures pour outrage au tribunal et la mise à l’amende des absents lors de leur prochaine comparution, demande appuyée par Mᵉ Valayden. Le magistrat Vellien a renvoyé l’affaire au 5 février, date à laquelle les gardiens devront se présenter sous avertissement de la cour.

John Mick Martingale, un cuisinier de 32 ans, avait été arrêté le 29 octobre 2022 à l’aéroport sir Seewoosagur Ramgoolam en provenance de Belgique. Deux ressortissantes ukrainiennes interpellées en possession de cocaïne liquide, d’une valeur estimée à plus de Rs 40 millions, avaient indiqué que Martingale leur avait demandé de transporter ces substances. Martingale avait été écroué à la prison de Beau-Bassin en détention provisoire et retrouvé pendu dans sa cellule le 8 septembre 2024. Une première autopsie, menée par le Dr Ananda Sunnassee, Police Medical Officer, avait conclu à une asphyxie par pendaison, privilégiant la thèse du suicide. Plusieurs éléments ont cependant suscité des doutes.

La veille de sa mort, des membres de la PSS seraient entrés dans sa cellule après avoir appris qu’il détenait un téléphone portable. Le certificat de décès initial ne précise pas l’heure exacte du décès et ce qu’il est advenu du téléphone reste inconnu. Le déroulement de l’autopsie et la présence effective du Dr Sunnassee sur les lieux ont également été remis en question.

Pour clarifier ces zones d’ombre, la famille Martingale a fait appel au Dr Sipho Mfolozi, médecin légiste sud-africain reconnu pour ses compétences et exerçant à Cape Town. Il a réalisé une contre-autopsie le 15 octobre 2024 et son rapport, rendu en novembre 2024, contredit les conclusions initiales. Le Dr Mfolozi a relevé des traumatismes contondants, une obstruction de la bouche et du nez, et une compression du cou, révélant des signes de torture. Il a conclu que le décès résultait d’un étouffement et de la pression exercée sur le cou. C’est sur la base de ce rapport que le DPP a ordonné l’ouverture de l’enquête judiciaire. Mᵉ Valayden a indiqué que le Dr Mfolozi sera à Maurice d’ici le mois de mars pour déposer en cour. Avant son témoignage, il souhaite examiner le rapport initial du Dr Sunnassee afin d’en effectuer une analyse complète.

Outre les interrogations sur la sécurité et le traitement des détenus à la prison de Beau-Bassin, cette affaire soulève des questions importantes sur les circonstances exactes de la mort de John Mick Martingale, qui restent à élucider.

Publicité