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Sécurité alimentaire

16,18 % de pesticides non recommandés retrouvés dans des cultures locales

18 janvier 2026, 10:00

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16,18 % de pesticides non recommandés retrouvés dans des cultures locales

Les autorités renforcent le contrôle des fruits et légumes locaux et importés

Le ministère de l’Agro-Industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, à travers le Pesticides Regulatory Office (PRO), a publié les résultats de son programme national de surveillance des résidus de pesticides dans les fruits et légumes frais, qu’ils soient produits localement ou importés. Menée entre janvier et octobre 2025, cette campagne s’inscrit dans une démarche visant à assurer l’utilisation appropriée des pesticides par les producteurs et à garantir la sécurité alimentaire à l’échelle nationale.

Au total, 787 échantillons de fruits et légumes ont été prélevés à différents stades de la chaîne de distribution, notamment à la sortie des exploitations agricoles, dans les marchés de vente aux enchères, les supermarchés et les points de vente au détail. Les analyses ont été réalisées par l’Agricultural Chemistry Division du ministère.

Les résultats montrent que 504 échantillons, soit environ 65,39%, ne contenaient aucun résidu détectable de pesticides. Selon le ministère, ces données traduisent un bon niveau de conformité et de bonnes pratiques agricoles adoptées par une large proportion des producteurs et fournisseurs opérant sur le marché.

Les 283 échantillons restants présentaient différents niveaux de résidus. Parmi ceux-ci, 13,62 % contenaient des résidus de pesticides dans les limites maximales autorisées (MRLs), tandis que 5,45 % affichaient des résidus dépassant les MRLs. Par ailleurs, 16,18 % des échantillons analysés contenaient des résidus de pesticides non recommandés pour les cultures concernées, soulevant des préoccupations spécifiques quant à l’usage inapproprié de certains produits phytosanitaires.

Produits locaux et importés concernés

S’agissant des produits localement cultivés, les résidus dépassant les limites maximales autorisées ont été principalement détectés dans une large gamme de légumes. Il s’agit notamment de l’oignon vert, de la calebasse, du concombre, de la courgette, de la laitue, du piment, du poivron, du chou rouge, du potiron, du chou chinois (petsay), des courges, du chou chinois blanc (brède tompous et brède baton ver), du chou-fleur, du haricot asperge, de la margoze et de la coriandre. Pour les produits importés, des dépassements de MRLs ont été relevés notamment dans l’orange, le kiwi, la mandarine, le raisin, le citron, le poireau, le poivron et la pomme de terre nouvelle.

Pratiques agricoles responsables

Le Pesticides Regulatory Office rappelle que la production de fruits et légumes sûrs repose sur une utilisation responsable et raisonnée des pesticides. Les agriculteurs sont appelés à n’utiliser que des produits enregistrés et recommandés pour les cultures et ravageurs concernés, en respectant strictement les indications figurant sur les étiquettes, notamment en matière de dosage, de méthode d’application et de fréquence.

Le ministère souligne que la surutilisation ou la mauvaise utilisation des pesticides accroît le risque de dépassement des limites autorisées et peut avoir des conséquences néfastes tant sur la santé humaine que sur l’environnement. L’emploi de pesticides non recommandés pour une culture donnée est également identifié comme une pratique à proscrire, en raison des risques liés à la présence de résidus potentiellement dangereux.

Les autorités rappellent que les MRLs sont établies avec des marges de sécurité destinées à protéger les consommateurs. Les cas de non-conformité font l’objet d’un suivi incluant des prélèvements supplémentaires, des actions de sensibilisation auprès des agriculteurs et, lorsque nécessaire, des mesures coercitives prévues par la Use of Pesticides Act.

Le ministère indique poursuivre son travail en étroite collaboration avec les producteurs afin de promouvoir des pratiques agricoles responsables et conformes à la réglementation en vigueur. Les consommateurs sont, de leur côté, encouragés à laver soigneusement les fruits et légumes avant consommation. La surveillance des résidus de pesticides demeure un pilier essentiel de la sécurité et de la qualité des aliments disponibles sur le marché.


Agriculture et Santé

Arvin Boolell appelle à une mobilisation collective

Face aux inquiétudes croissantes liées à la présence de pesticides dans les légumes, le ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, Arvin Boolell, a assuré que le gouvernement mène un travail «en profondeur» à travers une approche interministérielle. Il a souligné l’importance d’une étroite collaboration entre son ministère et celui de la Santé, avec des réunions sectorielles régulières pour répondre aux enjeux spécifiques. Le ministre a annoncé que les services agricoles publics publieront désormais un bulletin mensuel afin d’informer et d’encadrer les pratiques. Il a rappelé que le pays fait face à une incidence élevée de cancers, sans pointer de causes directes, mais en insistant sur un principe clé : «la prévention est meilleure que la cure». Des seuils stricts d’utilisation des pesticides sont déjà établis et doivent être respectés, a-t-il précisé. Au-delà des campagnes de sensibilisation menées depuis des années auprès des planteurs, le ministre a mis l’accent sur la culture intelligente, l’agriculture biologique et l’usage raisonné des fertilisants. Un comité de suivi réunissant les ministères concernés, des experts en épidémiologie et des institutions agricoles a également été mis en place pour renforcer la formation, la médecine préventive et la sensibilisation à grande échelle. Pour Arvin Boolell, seule une mobilisation collective – État, planteurs et institutions – permettra de garantir des légumes plus sûrs et une meilleure protection de la santé publique.

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