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Marang Fund

Gender Links Mauritius : «Mieux raconter les réalités LGBTQIA+»

3 janvier 2026, 14:00

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Gender Links Mauritius : «Mieux raconter les réalités LGBTQIA+»

À mesure que les mouvements LGBTQIA+ gagnent en visibilité, en force et en structuration en Afrique australe, les obstacles juridiques, sociaux et institutionnels demeurent nombreux. Dans ce contexte, le rôle des médias apparaît plus que jamais déterminant. C’est pour répondre à cet enjeu que Gender Links Mauritius a organisé, en octobre à Port-Louis, la première session mauricienne de la Marang Southern Africa LGBTIQ Fund Media Training, une initiative régionale soutenue par l’Union européenne et qui s’étendra sur trois ans.

Cette journée de formation s’inscrit dans le cadre du Marang Southern Africa LGBTIQ Fund, un programme mis en place pour renforcer les capacités des organisations LGBTQIA+ au Botswana, au Lesotho, à Madagascar, à Maurice et en Namibie, tout en soutenant des actions de plaidoyer à l’échelle régionale. Le terme Marang, qui signifie rayons de lumière en setswana, symbolise l’ambition du fonds : rendre visibles des voix trop souvent marginalisées et soutenir celles et ceux qui œuvrent, parfois sous pression, pour l’égalité et la dignité.

Si les questions LGBTQIA+ occupent une place croissante dans l’espace public, leur traitement médiatique reste inégal. Sensationnalisme, stéréotypes, approximations ou absence de contextualisation continuent de fragiliser les personnes concernées et d’alimenter la stigmatisation. Pour Gender Links Mauritius, cette formation répond à un besoin clair : renforcer un journalisme fondé sur les droits humains, l’éthique et l’exactitude.

La directrice de Gender Links Mauritius, Anushka Virahsawmy, a rappelé l’importance d’une couverture médiatique professionnelle et équilibrée, capable de refléter la diversité des réalités tout en respectant la dignité des personnes. Elle a souligné que les médias jouent un rôle central dans la construction de l’opinion publique et dans le renforcement du débat démocratique.

Conçue comme un atelier interactif, la journée a permis aux journalistes et communicants présents de revisiter des articles de presse existants afin d’évaluer si leur couverture respectait les principes d’inclusivité et de respect des droits humains. Une activité ludique et collective, animée par Marie-Annick Savripène, a invité les participants à identifier les biais, les angles problématiques et les bonnes pratiques, tout en ouvrant un espace d’échange franc sur les réalités du travail en rédaction.

Les discussions ont également porté sur la responsabilité des médias face aux réactions en ligne. À travers l’analyse de commentaires suscités par certaines publications sur les réseaux sociaux, notamment celles du Collectif Arc-en-Ciel, les participants ont mesuré l’importance d’une modération active afin de ne pas relayer ou normaliser des discours homophobes et transphobes.

Najeeb Fokeerbux, président du Young Queer Alliance, a insisté sur les précautions essentielles à adopter lors de reportages impliquant des personnes LGBTQIA+. Il a rappelé la nécessité de s’assurer que les personnes interviewées soient à l’aise pour partager leur vécu, d’utiliser les noms et pronoms appropriés, de respecter la vie privée et de garantir la sécurité des sources. Il a également encouragé les journalistes à diversifier les récits, afin de refléter la pluralité des expériences LGBTQIA+, en tenant compte des différences d’âge, de genre, de parcours professionnels, de contextes culturels et sociaux.

Éviter les généralisations, les clichés et le sensationnalisme demeure, selon lui, une condition essentielle pour un traitement juste et crédible. L’objectif affiché de cette formation est d’accompagner la production et la publication d’au moins 100 articles et récits journalistiques de qualité à Maurice, contribuant à une meilleure compréhension des enjeux LGBTQIA+ dans l’espace public.

Les ateliers en présentiel seront complétés par des sessions de formation en ligne proposée par la GL Academy, autour de l’orientation sexuelle, l’identité et l’expression de genre. Cette approche hybride permettra aux participants d’approfondir leurs connaissances des cadres juridiques, politiques publiques et principes de journalisme fondés sur les droits humains, tout en renforçant les réseaux entre journalistes et acteurs de la société civile.

À travers le Marang Fund, Gender Links, en partenariat avec le Botswana Network on Ethics, Law and HIV/AIDS et avec le soutien de l’Union européenne, réaffirme ainsi une conviction forte : des médias mieux formés, plus responsables et plus sensibles sont indispensables pour renforcer la visibilité, la compréhension et le respect des droits LGBTQIA+ dans la région.

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