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Manière de voir
Pour une révolution fraternelle l Solitude : «L’enfer est tout entier dans ce mot» (Victor Hugo)
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Manière de voir
Pour une révolution fraternelle l Solitude : «L’enfer est tout entier dans ce mot» (Victor Hugo)
Elle est âgée et sera seule durant cette période de fêtes. Tou sel dan so ti lakaz katak charli. Komie dimounn kouma li pou pas 31 desam tou sel ? Gilbert Bécaud s’est trompé, la solitude, ça existe bel et bien. Comment la subir ? Peut-on la combattre ? Elle touche aussi les jeunes malgré la multiplicité des médias et autres réseaux sociaux.
Même les pétarades n’arrivent pas à bousculer les souvenirs dans sa tête. Son visage tout plissé esquisse de petits sourires. L’impact de la solitude touche la santé mentale et physique. Parfois, elle est momentanée. Elle est souvent choisie ou subie. Cette épidémie touche aussi les pays les plus développés. Certains coupent les ponts, s’accordent une respiration afin de se ressourcer.
? Une souffrance
Même si l’on est entouré, on peut se sentir seul au milieu d’une foule ou au sein d’un couple. Les personnes les plus touchées sont les plus âgées souffrant de handicaps, donc moins autonomes. Des jeunes comme des collégiens en souffrent aussi. Ils montrent des symptômes dépressifs et plus de 10 % pensent parfois au suicide. Les moins nantis succombent à la solitude. Ils souffrent d’un isolement social.
Comment expliquer cette solitude ? Un confinement voulu ? Prenez le cas des télétravailleurs. Comment établir des relations sociales, rester en contact avec les autres alors que leur métier leur procure une certaine indépendance. Ils ont des difficultés à aller vers les autres. Alors introvertis, ils se tournent vers les réseaux sociaux. Ce n’est pas la solution !
La société porte une part de responsabilité en valorisant l’indépendance ; ne pas avoir besoin des autres, assurer tout seul et ne pas demander de l’aide. Fausse route parce que pour donner un sens à la vie, il faut soigner la qualité des relations en étant solidaires, par exemple, en aidant les autres. Il faut encourager les lieux de rencontres. Détail amusant : de nos jours, les jeunes dansent seuls sans partenaire et le slow a disparu, sauf pour les anciennes générations.
? Conséquences
Cette solitude, à la longue, augmente la dépression ou l’anxiété. Elle précipite la dégénérescence du cerveau, augmente les risques de démence, diminue le système immunitaire. Résultat : on ne régule plus la consommation d’aliments, d’alcool ou de cigarettes.
Que faire ? Cultiver les relations, éviter la sédentarité (facile à dire !), adhérer à des associations, pratiquer des activités artistique ou sportive, comme la danse. Après 60 ans, essayer le tai-chi. Prendre des initiatives qui permettent des rencontres. Ne pas compter sur l’IA qui pousse à penser sans aide, amoindrit l’activité cognitive et ne pas mettre ses neurones dans le cerveau en veilleuse.
La solitude incite à broyer du noir. C’est une prison; d’où la solitude au milieu d’une foule, l’impression de ne pas exister et qu’on est plus heureux dans la solitude que dans le monde. Autrui devient inaccessible. Rien de pire que l’isolement volontaire ou encore la solitude spirituelle qui ne donne pas un sens à la vie. Même les derniers bastions comme les liens dans le couple ou au sein de la famille vacillent.
On finit par se complaire dans la solitude. La santé physique s’en ressent en abaissant l’espérance de vie, en dormant moins bien, la tension artérielle est en hausse et le casanier connaîtra peut-être un décès prématuré, nous disent les spécialistes.
? Solitude choisie
Détresse et dépression attendent ceux qui subissent la solitude. Cet isolement social est dû à un manque de liens authentiques, comme dans le cas des célibataires. Répétons que les contacts via les réseaux sociaux accentuent en réalité cette solitude parce qu’ils sont… virtuels ! Ils affectent la vie familiale, écartent les moments de loisirs en groupe et génèrent de l’angoisse dans le milieu de travail.
Le revers de la médaille, c’est la solitude choisie et non subie. Elle positive, nourrit la liberté de pensée et assure une certaine intimité. Tant pis pour les palabres de Madame Jean-Louis. Certains ont besoin de ce calme, de se déconnecter pour laisser libre cours à la créativité.
Cette personne a besoin de cette solitude pour acquérir la maîtrise de soi, la concentration, voire la contemplation. Elle ne culpabilise pas parce qu’elle sait que ce n’est pas une fatalité. Ce n’est pas une solitude chronique, mais passagère. N’avez-vous jamais ressenti ce besoin de prendre de la distance pour mieux jauger votre mode de vie, pour faire le point et corriger le tir, si besoin est, pour faire le vide afin de refaire le plein avant de se reconnecter avec les autres.
Cette nouvelle maîtrise de soi vous aidera à retrouver des moments de partage, à recréer des liens sociaux et à vous engager dans des groupes. Vous avez activé les neurones, pas en les laissant s’endormir et disparaître. Dès la naissance, ils commencent à mourir. Ne vous inquiétez pas. Il y en a des millions dans le cerveau humain tellement imbriqués que la science n’a toujours pas décelé comment ils fonctionnent. C’est comme la conscience. Fait-elle partie du cerveau ? Une polémique qui divise les plus grands chercheurs.
Mais revenons à notre vieille dame esseulée, même durant cette période festive. C’est alors que l’on découvre que certains citoyens, pas nécessairement les plus aisés, ont su, malgré tout le chamboulement que subit notre société à une vitesse folle, garder l’esprit de solidarité. Le matin du 1ᵉʳ janvier, voilà qu’on frappe à sa porte. Dans sa torpeur, elle ouvre et découvre quelques voisins, conscients de sa solitude. Ils viennent lui souhaiter une bonne année. Elle ne s’y attendait pas. Ils promettent qu’ils repasseront de temps à autre tandis qu’elle a du mal à cacher les quelques larmes de joie inespérée qui humectent ses yeux.
Du misérabilisme, s’exclameront certains aigris, et ils auraient tort. C’est un art de vivre bien de chez nous, pas chez tout le monde, qui heureusement n’a pas totalement disparu tout en faisant fi de l’appartenance communale. Moris ankor bon. Morisianism existe, du moins certaines valeurs. Des états d’âme.
Victor Hugo pour sa part est catégorique : «L’enfer est tout entier dans ce mot : solitude». Consolons-nous avec Les rêveries du promeneur solitaire du préromantique Jean-Jacques Rousseau.
Seye pa touye!
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