Publicité
Questions à
Manish Bundhun : «Le bonheur n’est pas un interrupteur qu’on allume un 25 décembre…»
Par
Partager cet article
Questions à
Manish Bundhun : «Le bonheur n’est pas un interrupteur qu’on allume un 25 décembre…»
Manish Bundhun, «Chief People Executive» d’ER Group et «Corporate Monk».
En ce jour de Noël, alors que le temps semble ralentir et que l’essentiel refait surface, Manish Bundhun livre une réflexion intime sur le bonheur. Loin des discours convenus, il évoque la magie vue à travers les yeux des enfants, la famille comme refuge imparfait mais vital et le rôle de l’entreprise dans la création d’un environnement plus humain. Une invitation à repenser le bonheur non comme un état à atteindre, mais comme une attention à cultiver au moment de Noël et bien au-delà.
?À Noël, le rythme ralentit et l’on revient souvent à l’essentiel. Quand vous mettez de côté votre rôle de dirigeant et que vous parlez simplement comme un homme, qu’est-ce que le bonheur représente pour vous aujourd’hui ?
Quand je mets de côté mon rôle de dirigeant, le bonheur m’apparaît dans sa forme la plus simple. Il n’est pas spectaculaire ni lié à une réussite ou à un statut. À Noël en particulier, je réalise que le bonheur n’est pas quelque chose que l’on déclenche à une date précise. Ce n’est pas un interrupteur que l’on allume le 25 décembre. Le bonheur est plutôt une pratique quotidienne. Une capacité à être présent. À ralentir. À remarquer des moments simples que nous laissons souvent passer le reste de l’année, une conversation sans distraction, un instant de calme, un rire partagé.
À Noël, je redécouvre que le bonheur ne réside pas dans l’exceptionnel, mais dans l’attention que l’on porte à ce qui est déjà là. Ce sont ces petits moments, accumulés, qui donnent de la profondeur et du sens à la vie.
?Le bonheur, à Noël, se lit souvent dans les yeux des enfants : l’attente, l’émerveillement, la magie. En les observant, avez-vous parfois le sentiment que nous, adultes, avons perdu quelque chose en chemin ?
Oui, très clairement. En observant les enfants à Noël, je me dis que nous avons souvent perdu en chemin la simplicité de la joie. Pour un enfant, la magie de Noël ne se trouve pas dans la valeur du cadeau, mais dans l’anticipation, la surprise, le sentiment d’être attendu et aimé. Son bonheur repose sur des éléments invisibles mais essentiels : le temps de qualité, la tendresse, le jeu, l’attention sincère. Ce sont des ingrédients que les adultes ont tendance à considérer comme secondaires, alors qu’ils sont fondamentaux.
Les enfants nous rappellent que la joie n’a pas besoin d’être compliquée. Peut-être que le plus beau cadeau que l’on puisse leur offrir à Noël, ce n’est pas un objet, mais notre présence entière, sans téléphone, sans distraction mentale. Leur bonheur est profondément lié à un sentiment de sécurité, de connexion et d’appartenance.
?Pour beaucoup, Noël est avant tout un moment de retrouvailles. Dans un monde où le travail prend une place immense, comment préserver ces instants simples en famille, ceux qui nourrissent profondément le bonheur et donnent du sens à tout le reste ?
Noël est souvent idéalisé comme un moment parfait. Mais les familles ne sont pas des décors de cinéma. Elles sont faites de réalités, de différences, d’émotions et parfois, de tensions. Le vrai enjeu est de choisir un Noël vrai plutôt qu’un Noël parfait. Le bonheur en famille ne signifie pas que tout le monde soit d’accord ou que tout se déroule sans friction. Il signifie plutôt que chacun se sente respecté et écouté. Parfois, le bonheur se trouve dans une conversation calme plutôt que dans un grand rassemblement. Il peut aussi passer par la capacité à poser des limites, à dire «gardons ce moment léger» ou «parlons-en un autre jour».
Préserver ces instants simples demande un choix conscient : ralentir, prioriser l’humain sur l’agenda, accepter l’imperfection. Mais ce sont précisément ces moments-là qui nourrissent le bonheur et donnent du sens à tout le reste.
?À travers votre fonction, vous êtes quotidiennement au contact de l’humain. Pensez-vous que l’entreprise peut, à sa manière, contribuer au bonheur des personnes, non pas par de grands discours, mais par de petites attentions, une culture plus bienveillante, plus humaine ?
Je suis convaincu qu’une entreprise ne peut pas «rendre» quelqu’un heureux au sens absolu du terme. Le bonheur reste une expérience personnelle. En revanche, une organisation peut créer un environnement dans lequel le bien-être, la dignité et l’épanouissement deviennent possibles. Cela ne passe pas par de grands discours, mais par des gestes concrets : une culture d’écoute, un climat de confiance, le respect des individus, la reconnaissance du travail accompli. Le bonheur au travail ne se décrète pas ; il se cultive dans la qualité des relations humaines.
Les fêtes de fin d’année nous rappellent une vérité essentielle : les êtres humains ne se nourrissent pas uniquement de performances ou d’objectifs. Ils ont besoin de sens, de reconnaissance et de liens authentiques. Finalement, que ce soit dans la famille ou dans l’entreprise, la magie la plus puissante reste l’attention que nous accordons aux autres.
Publicité
Publicité
Les plus récents