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Focus jeunesse

Travailler pour garder l’équilibre pendant les vacances

22 décembre 2025, 12:00

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Travailler pour garder l’équilibre pendant les vacances

De haut; Hanna Kholeegan ,Raphaël Grenade, de bas, Darel Geerdharry et Yahna Soopal

Alors que les vacances scolaires et universitaires battent leur plein, de nombreux jeunes ont choisi de ne pas lever le pied. Entre la hausse du coût de la vie, la pression financière sur les ménages et le désir croissant d’indépendance, travailler pendant la période festive est devenu pour beaucoup un passage presque naturel. Pour certains, c’est une nécessité économique ; pour d’autres, une première immersion dans le monde professionnel. Sur le terrain, ces expériences prennent des formes variées, mais racontent toutes une même réalité : celle d’une jeunesse qui apprend tôt à composer avec les contraintes économiques.

Pour Hanna Kholeegan, 20 ans, qui est en licence en communication, les vacances représentent avant tout une opportunité à saisir. «C’est une période où il y a davantage d’opportunités», explique-t-elle. Travailler lui permet de couvrir certaines dépenses personnelles et de ne pas dépendre entièrement de sa famille, mais aussi de se projeter plus concrètement dans l’avenir.

Employée comme sales demonstrator dans une agence automobile durant la période festive, Hanna évolue dans un environnement en lien direct avec son domaine d’études. Le contact avec les clients, les échanges quotidiens, l’écoute des besoins et l’argumentation nourrissent sa formation bien au-delà des cours théoriques. «J’aime interagir avec les gens et les ai- der à trouver le véhicule qui leur correspond. Chaque jour, j’améliore mes compétences en communication et en vente», confie-t-elle. Une expérience qu’elle décrit comme formatrice, mais aussi révélatrice des exigences du monde du travail. «Ça m’aide à rester active, productive et à mieux comprendre ce qui m’attend plus tard.»

À 17 ans, Yahna Soopal, élève au collège Lorette de Curepipe, met, elle aussi, à profit ses vacances, mais d’une manière plus personnelle. Passionnée par l’esthétique, elle propose des prestations d’ongles et de cils, une activité particulièrement sollicitée à l’approche des fêtes. Ce travail saisonnier lui permet de gagner un peu d’argent, d’aider sa famille et de gagner en indépendance. Mais au-delà de l’aspect financier, Yahna y trouve une première expérience concrète du monde du travail. «Ça me donne de l’expérience, plus de confiance en moi et un vrai sens des responsabilités», explique-t-elle. Chaque cliente devient aussi une occasion d’échanger, de communiquer, de s’adapter à des attentes différentes. Une immersion progressive dans une réalité économique où, parfois, une passion peut aussi devenir un moyen de subsistance.

Pour Raphaël Grenade, 20 ans, étudiant en Financial Technology à l’université de Maurice, les vacances sont synonymes d’immersion dans un cadre professionnel plus structuré. Il travaille actuellement au back-office d’une banque, à Ébène, au département corporate. «Mon rôle est surtout tourné vers le traitement des données des entreprises», précise-t-il. S’il reconnaît l’importance de l’argent de poche, Raphaël insiste surtout sur l’expérience acquise. «Ça me permet d’être plus indépendant, de soulager mes parents, mais surtout, d’avoir une vraie visibilité sur le monde du travail.» Jongler entre exigences professionnelles et rythme universitaire l’a aussi obligé à revoir son organisation personnelle. La gestion du temps devient alors un apprentissage central dans un contexte économique où la performance et la rigueur sont de plus en plus attendues.

Également dans une banque, pour Darel Geerdharry, 20 ans, étudiant en International Business Finance à l’université de Maurice, il s’agit de construire son CV : travailler pendant les vacances relève presque de l’évidence. «Gagner de l’argent, acquérir de l’expérience et avoir quelque chose à mettre sur mon CV», résume-t-il simplement. Dans un marché de l’emploi de plus en plus compétitif, cette expérience saisonnière représente pour lui un véritable atout. «Ça m’a appris à mieux gérer mon temps, à être plus autonome, mais surtout, à comprendre les codes du monde du travail», confie-t-il. Une préparation qu’il juge essentielle alors que l’entrée sur le marché de l’emploi se fait souvent dans un climat d’incertitude.

Derrière ces parcours différents, une même toile de fond se dessine : celle d’une jeunesse confrontée très tôt aux réalités économiques du pays. Pour beaucoup, les vacances ne sont plus seulement un temps de pause, mais une période stratégique. Entre nécessité financière et volonté de se construire un avenir, ces emplois saisonniers révèlent une génération qui s’adapte, apprend et se prépare, bien avant l’obtention d’un diplôme.

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