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Au foyer Cap l’Espoir
Après la réouverture, un nouvel incident ravive les inquiétudes
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Au foyer Cap l’Espoir
Après la réouverture, un nouvel incident ravive les inquiétudes
■ Visite de la ministre Arianne Navarre-Marie et de ses fonctionnaires avant l’ouverture du «shelter» Cap l’Espoir.
Fermé et sous enquête depuis le 5 juin, le foyer pour enfants de Cap-Malheureux a rouvert ses portes, le samedi 6 décembre, sous un nouveau nom : Cap l’Espoir. L’établissement, anciennement connu comme L’Oiseau du Paradis, est désormais placé sous la tutelle du National Children’s Council (NCC). Si l’enseigne a changé, l’équipe en place, elle, est restée la même. Le foyer, rappelons-le, avait été fermé à la suite d’une série d’incidents graves, notamment la fugue de trois enfants testés positifs aux drogues synthétiques, et du constat des conditions d’infrastructure déplorables et d’un personnel débordé.
Le centre dispose actuellement de 33 éducateurs et aides, deux ouvriers généraux, trois agents d’entretien et deux cuisiniers, pour une capacité d’accueil de 30 garçons de 5 à 17 ans. En novembre, l’ancienne équipe a bénéficié d’une formation en psychologie de l’enfant et en droit, dispensée par le ministère concerné et l’organisation non gouvernementale Pédostop. Le but était d’améliorer les compétences du personnel.
Malgré cette réouverture et les mesures prises, un nouvel incident s’est produit. Selon nos informations, le mercredi 10 décembre, en fin d’après-midi, vers 18 heures, alors que les enfants jouaient ensemble, une dispute a éclaté entre deux mineurs, Raphaël* et Louis*. Un responsable du shelter, présent sur les lieux, serait intervenu pour calmer la situation et leur parler.
Peu après le départ de ce responsable, alors que les deux enfants jouaient au football, Raphaël aurait lancé le ballon en direction de Louis, ce qui a jeté de l’huile sur le feu. Une nouvelle dispute a éclaté, avant que Raphaël ne donne un coup de poing à Louis, qui s’en est sorti avec un coquard à l’œil gauche. Cette version est consignée dans l’Occurrence Book de Cap l’Espoir, selon des informations que nous avons pu confirmer.
Les carers présents ont dû intervenir pour calmer les esprits et séparer les deux enfants. Les carers indiquent avoir pris les mesures nécessaires, tout en informant la direction et la manager du shelter. Le lendemain, jeudi 11 décembre, l’état de l’œil de Louis suscitait encore des inquiétudes. Selon les carers, il avait enflé. À l’arrivée d’une responsable, celle-ci aurait toutefois minimisé la situation en déclarant: «Non, lizie-la serne».
Pourtant, une entrée inscrite à 8 h 30 dans l’Occurrence Book précise : «Louis ena enn mark kot so lizie gos. Lizie-la inn vinn rouz ek kot mark-la inn vinn ble apre linsidan.» Malgré ces constats, toujours selon nos informations, l’enfant n’aurait pas été immédiatement conduit à l’hôpital. Dans la matinée, Louis se serait plaint de douleurs et aurait demandé à voir un médecin. Ce n’est qu’aux alentours de 13 heures qu’il a finalement été conduit à la Mediclinic de Cap-Malheureux pour des soins.

Les interrogations subsistent parmi le personnel. Certains carers se demandent ouvertement : «Toultan koz lor lintere bann zanfan. Me kot lintere zanfan dan sa ka-la ?»
Contacté pour une réaction, le ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être familial confirme être au courant de l’affaire, tout en contestant la version des faits rapportée.
Selon les autorités, l’incident se serait produit alors que les deux enfants jouaient au football, et le coup serait survenu dans le cadre du jeu. Le ministère affirme également que, le jeudi 11 décembre au matin, les dispositions nécessaires avaient été prises pour que l’enfant soit emmené à l’hôpital. Après consultation, le médecin aurait conclu qu’il n’y avait rien de grave, recommandant simplement l’application de cubes de glace afin de faire dégonfler l’œil.
Autre élément avancé par les autorité : l’enfant concerné aurait l’habitude de faire semblant d’être malade dans le but de se rendre à l’hôpital pour sortir du foyer et se promener. Le ministère ajoute que, hier, le shelter avait organisé des sorties pour les enfants, auxquelles Louis aurait participé, jouant normalement avec ses camarades.
* Noms fictifs
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