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Coordinatrice de l’ONG Anges du Soleil

Gaelle Ramalingum Rabeau : «Arrivés à un certain niveau, les élèves des écoles publiques sont découragés»

9 décembre 2025, 15:00

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Gaelle Ramalingum Rabeau : «Arrivés à un certain niveau, les élèves des écoles publiques sont découragés»

Offrir sa scolarité dans une école privée à un élève issu d’un quartier vulnérable pour lui permettre d’atteindre ses rêves, c’est la vision de l’organisation non gouvernementale (ONG) Anges du Soleil. Un appel aux parrains et marraines est lancé sur smallstepmatters.org par Gaelle Ramalingum Rabeau, coordinatrice de l’ONG.

?Comment est née l’ONG à Tamarin ?

Anges du Soleil a été fondée à l’initiative de Sylvie Gravil, en 2014. Le premier objectif : l’éducation à travers le financement de bourses d’études pour les élèves dès la maternelle. Au commencement, cinq enfants étaient soutenus. Aujourd’hui, deux d’entre eux sont au Lycée La Bourdonnais de Curepipe, deux au Collège de l’Ouest à Tamarin et un à l’école Alphonse Daudet de Palma. Et ils ont de belles ambitions ! À 14 ans, Theo rêve de faire des études de vétérinaire en France et les jeunes filles souhaitent parcourir le monde comme hôtesses de l’air…

?Au fil des années, le groupe s’est étoffé ?

Oui, de cinq enfants, nous sommes passés à 37 élèves avec des études sponsorisées. Tous ces jeunes évoluent dans six établissements scolaires privés. Le chiffre passera à 39 en janvier 2026.

?Sur SmallStepMatters.org, Anges du Soleil lance un appel plus particulièrement pour 15 enfants. Comment ont-ils été sélectionnés ?

Comme tous les autres. Nous devons nous assurer qu’ils seront soutenus par au moins un adulte responsable au sein de leur famille : un parent ou un grand-parent. C’est déterminant, car les enfants doivent être à l’heure pour le van, leur uniforme entretenu, leurs devoirs faits… Le succès de l’enfant repose également sur la communication entre l’école, l’adulte et l’ONG. Ainsi, quand le responsable n’est pas à l’aise en français ou en anglais, les membres de l’association accompagnent la famille pour les réunions parents/professeurs, par exemple. Et cette année, nous avons mis en place l’aide aux devoirs. Pour le système français, actuellement, nous sommes sur les révisions de fin de premier trimestre.

?Vous soutenez également les enfants du système public ?

Oui, nous proposons l’aide aux devoirs pour une trentaine d’enfants et des activités, des sorties comme la randonnée dans les gorges de Rivière-Noire… Les enfants adorent aussi nos cours de cuisine ! Pour le 12 décembre, lors de la journée annuelle Give Back Day du groupe EY, des employés organiseront des Olympiades sportives sur la plage de Tamarin. L’an dernier, cette entreprise était venue embellir nos locaux avec les talents artistiques d’une quinzaine de salariés bénévoles. L’apport des volontaires mauriciens et étrangers est un véritable plus pour les enfants. Nous avons aussi une collaboration étroite avec une école en Suisse pour offrir une expérience internationale à des stagiaires éducateurs spécialisés ou travailleurs sociaux.

?Le choix fort d’Anges du Soleil de s’engager sur le long terme pour la scolarisation dans les écoles privées repose-t-il sur un manque de confiance et de résultats dans le système éducatif public ?

Je ne dis pas que le système public ne permet pas de sortir de la pauvreté, mais je constate qu’arrivés à un certain niveau, les élèves des écoles publiques sont découragés. Ils ne se fixent pas un but à atteindre et l’encadrement n’est pas forcément à la hauteur de leurs besoins spécifiques. Par exemple, dans le premier groupe de cinq enfants sponsorisés dans les établissements privés, une équipe pédagogique a attiré notre attention sur le besoin d’un élève pour un suivi orthophonique. Anges du Soleil a financé ce soutien thérapeutique et l’enfant a pu progresser.

Sans détection précoce, quel aurait été l’impact négatif sur la scolarité de cet enfant ? Pour sortir les enfants de la pauvreté, qui se transmet de génération en génération dans la région, l’éducation privée sponsorisée est la meilleure stratégie pour préparer leur futur, à nos yeux. Nous travaillons également pour bâtir l’avenir des jeunes de Rivière-Noire, en collaborant avec d’autres ONG, dont Le Pont du Tamarinier.

?Qui sont vos sponsors ?

Les entreprises peuvent soutenir la campagne sur Small Step Matters à travers des contributions de Corporate Social Responsibility et des donateurs individuels également. Si un sponsor finance à hauteur de Rs 66 000 la scolarité annuelle d’un enfant, nous serons ravis de lui adresser une correspondance de l’enfant et ses résultats scolaires trimestriels. C’est également possible de visiter l’école. Plusieurs amis, plusieurs collègues ou plusieurs proches d’une même famille peuvent mettre leurs dons en commun pour sponsoriser un enfant à travers Small Step Matters. Et la plateforme nous mettra en contact avec eux.

?Certains bénéficiaires présentent des troubles qui rendent difficile leur intégration scolaire. Quel est votre plan d’avenir pour eux ?

Effectivement, deux élèves avaient trop de difficultés pour suivre une scolarité «normale», mais comme l’éducation est notre priorité, nous avons monté une équipe pour travailler leurs émotions, leur comportement, leur remise à niveau académique, au sein même de notre ONG, en face des Salines de Tamarin. Aujourd’hui âgés de 15 ans, ils seront bientôt prêts à débuter un stage répondant à leurs aspirations profondes. L’un est passionné par les animaux et l’autre par les travaux manuels.

?Votre mission inclut aussi les femmes ?

Oui, nous encourageons l’autonomisation économique des femmes. Actuellement, nous les formons à la couture et à la mosaïque. Ce sont soit des femmes au foyer soit des employées de maison et cela leur fait plaisir de se retrouver dans nos formations, qui sont aussi des moments passés en toute convivialité. L’aboutissement de ce projet a été la mise sur pied d’une coopérative indépendante de l’ONG. Les femmes de la région ont beaucoup de talents… notamment culinaires ! Donc, nous avons d’autres pistes pour développer la coopérative, mais cela requerra un investissement.

?Encourager la mixité sociale dans les écoles et aussi entre adultes de la région vous tient-il particulièrement à cœur ?

Oui, nous invitons les expatriés à nous rejoindre comme bénévoles ou encore à participer à nos cours de kreol. Chaque mercredi, pendant une heure, nous transmettons notre langue maternelle. Ces cours sont autant d’occasions de promouvoir les échanges culturels, les interactions entre différents milieux sociaux… Et aussi une manière de diversifier nos levées de fonds pour soutenir nos projets.

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Un coup de pouce concret aux petits anges

Soutenir un enfant, c’est redonner l’espoir à sa communauté. Seule plateforme de financement participatif mauricienne dédiée uniquement aux projets à but non lucratif, Small Step Matters permet aux citoyens et aux entreprises de contribuer ensemble à des projets ayant un impact concret au sein des communautés défavorisées. Pour soutenir la scolarisation de ces élèves issus de milieux vulnérables dès la rentrée de janvier, des moyens simples et sécurisés pour contribuer sont en ligne sur smallstepmatters.org.

Autres options pour soutenir cette campagne de levée de fonds :

• Par Juice – Pay a merchant – Small Step Matters – Référence : Anges

• Comme Small Step Matters est reconnue comme une institution charitable, les dons des compagnies peuvent se faire sous forme de contributions CSR. Contact pour les informations et les reçus : [email protected]

• Numéro de compte MCB – Small Step Matters pour les dons par virement : 000444289887 – Référence : Anges

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