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Vient de paraître

Jérémie Brousse de Gersigny à l’abordage des trésors des pirates

8 décembre 2025, 18:00

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Jérémie Brousse de Gersigny à l’abordage des trésors des pirates

C’est devenu un rendez-vous annuel. La collection de beaux-livres «Île était une fois l’histoire» nous raconte celles – toujours mouvementées – «des trésors aux îles Maurice et Rodrigues». Entre les pirates qui ont écumé les mers et les chercheurs d’or qui ont passé au peigne fin le littoral, les chasses aux trésors nous tiennent en haleine.

Jolly Roger en vue. Barbe Noire, l’un des pirates les plus redoutables, lance, en exergue : «La cachette de mon trésor ? Il n’y a que moi et le diable qui le sachent, et le dernier vivant emportera le tout.» D’emblée, Jérémie Brousse de Gersigny (photo) nous embarque dans une folle aventure : historique, littéraire, mais surtout humaine. Vient de paraître, le Tome 1 d’Île était une fois l’histoire des Trésors aux îles Maurice et Rodrigues chez I am an island artisan éditeur.

Cet ouvrage fourni est construit comme une balade autour des deux îles, sur les traces d’une belle brochette de magots. Le parcours démarre au Nord – qu’il ne faut pas perdre – alors que de fabuleuses richesses réelles ou supposées stimulent l’imagination. La boussole indique Poste-de-Flacq à l’Est, puis plein Sud, remonte par l’Ouest: Baie-du-Cap, Tamarin, Klondyke, Albion. Revient au Nord par Baie-du-Tombeau. Avant d’aller à Rodrigues. C’est l’une des chasses au trésor contemporaines, avec celle d’Albion. L’aventure de Georges Némorin et Roger de Spéville à Saint-François nous a tenus en haleine entre 2018-2019.

L’ouvrage est à l’image de cette chasse à Rodrigues. Par-delà les époques, il est question de fols espoirs, de coups de sang, de grandes déceptions et de profondes désillusions. Et si la bibliographie de l’ouvrage est conséquente, ce qui différencie cette histoire des trésors, c’est la part de mythes et de légendes tramée dans les plis les plus intimes de ces chasses-quêtes.
image - 2025-12-08T205954.460 (1).jpg L’ouvrage est enrichi de nombreuses cartes, illustrations et documents d’archives. Il comprend aussi une galerie de portraits de chercheurs de trésors

Jérémy Brousse de Gersigny précise que l’essentiel pour lui a été de rester le plus fidèle possible aux événements, pour que ce livre soit ancré dans la vérité. «Le problème, c’est qu’il y a des vérités multiples. Il y a les vérités du monde dans lequel on évolue et il y a les vérités du monde de l’invisible.» L’auteur le reconnaît : «Les esprits cartésiens auront beaucoup de mal à accepter ces vérités-là. Pourtant, elles existent bel et bien.»

L’un des points communs de ces histoires de chasse aux trésors, ce sont des messages reçus dans des rêves prémonitoires ou révélés par des médiums. Il y a le cas par exemple de Goolab Jackaria que l’auteur qualifie de «plus mystique» des chercheurs de trésors, avec son «troisième œil» qui, sans bouger de chez lui, donnait des indications précises à ses fils. Sur place, ils trouvaient effectivement les repères indiqués par le père. «Ce sont des éléments qui ne peuvent être contredits», souligne l’auteur. C’est aussi ce qui fait toute la «beauté de chercher des trésors, c’est que ce sont des histoires où le monde réel et l’irréel s’entremêlent. C’est pour ça que c’est beau. Ce qui est beau, c’est quand c’est étrange».

Et si le vrai trésor était ailleurs ? Pas dans l’or, les pierres précieuses et les pièces de monnaie mais dans ce que la chasse révèle de la nature humaine. Une persévérance, une conviction inoxydable, une frénésie chez des gens qui «vont vraiment jusqu’au bout». Parfois pendant 20 ans. Comme Espérance Bécherel, qui a tout quitté pour poursuivre son rêve. Ce sont ceux qui «trouvent la fortune avant la cachette», dit l’auteur, avec son sens de la formule. «La vraie fortune, c’est la redécouverte du littoral, du patrimoine, de tout ce qui nous appartient à tous.»

En une année de travail, pour concevoir ce livre, l’auteur aussi a trouvé ses pépites. En allant à la rencontre de chercheurs de trésors et/ou leurs descendants. Comme Harold Rhyman, Alan Grihault, Marc de Luca. On croise aussi Marguerite «Mimi» Labat, monument de la radio nationale disparu en 2017. Elle avait des «communications avec ses proches (NdlR, décédés) appelés «protecteurs», auxquels se joignirent les corsaires (qui) guidèrent Mimi» vers des repères taillés dans la pierre au cimetière de Souillac.

Qui dit trésors, dit aussi peu d’élus. «À ma connaissance, deux trésors enterrés dans des champs ont été trouvés fortuitement», écrit, en préface Yann von Arnim, de la Mauritius Marine Conservation Society et membre de la Société de l’histoire de l’île Maurice. «L’un a été caché par son découvreur, de peur que les autorités ne viennent le confisquer. L’autre a été acquis par le Mauritius Museums Council pour être exposé au musée national d’histoire à Mahébourg. Ce dernier butin est composé d’une centaine de roupies économisées par un laboureur indien et conservées dans un récipient globulaire de type lota. Témoins importants de notre histoire, toutes ces richesses ne méritent-elles pas d’être exposées dans nos musées ?», interroge-t-il.

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