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Au technopole de Côte-d'Or

Entre espoirs et risques, Maurice trace sa voie vers une IA responsable

5 décembre 2025, 08:28

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Entre espoirs et risques, Maurice trace sa voie vers une IA responsable

■ Avinash Ramtohul, Kaviraj Sukon, Manjula Basant Rai, Anishta Babooram, Marc Israel et Fabrice David.

Le ministre des Technologies de l’information, de la communication et de l’Innovation, Avinash Ramtohul, a annoncé – pour fin janvier 2026 – le lancement d’une stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA) destinée à accélérer la transformation numérique de Maurice et à encadrer l’usage croissant des technologies d’IA dans les secteurs public et privé. L’annonce a été faite hier lors du Gen AI Summit for Sustainable Development, organisé par le groupe Spaanda.

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Selon le ministre Ramtohul, cette feuille de route vise à développer les compétences locales, attirer des investissements technologiques et promouvoir des applications concrètes dans la santé, l’éducation, la finance et les services publics. Le plan inclut également des normes éthiques et des mécanismes de gouvernance afin d’assurer un usage «responsable et transparent». Le gouvernement, qui a déjà mis sur pied une AI Unit, entend positionner Maurice comme un hub régional de l’innovation, alors que la concurrence s’intensifie entre les économies émergentes. Des partenariats internationaux devraient accompagner la mise en œuvre de la stratégie. Déjà l’expert Marc Israël aide le gouvernement à peaufiner la stratégie nationale.

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Au sommet, la cheville ouvrière de l’événement, Manjula Basant Rai, a appelé à une adoption «responsable, ambitieuse et inclusive» de l’IA. «Maurice ne peut se permettre de rester en marge de la transformation mondiale en cours.» Elle a insisté sur le potentiel de l’IA pour «amplifier la créativité, le talent et le potentiel» d’un pays dépourvu de grandes ressources naturelles, évoquant des applications dans «l’éducation, la santé, l’agriculture, la gestion de l’eau et de l’énergie, la protection des océans» et la modernisation des services publics. Mais elle a également mis en garde contre les dérives possibles d’une technologie «qui peut soigner, soutenir, construire, mais aussi manipuler, attaquer et tromper». «Adopter l’IA sans gouvernance est aussi dangereux que de ne pas l’adopter du tout», a-t-elle averti, comparant l’IA à «un enfant qui apprend ce qu’on lui montre».

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Le sommet a aussi été marqué par l’intervention du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Kaviraj Sukon, qui a annoncé l’introduction d’un module d’initiation à l’IA dès la rentrée de janvier. Les junior ministers Fabrice David et Anishta Babooram ont présenté des usages concrets, notamment pour la surveillance de la zone économique exclusive, l’agriculture prédictive et la centralisation des données médicales. Les banquiers, avec Daniel Essoo, ont, eux, détaillé l’importance grandissante de l’IA dans les opérations bancaires.

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La journée s’est clôturée avec le panel The Voice of the Future on AI, réunissant des étudiants en IA et robotique. «L’avenir de l’IA à Maurice ne sera pas écrit par des algorithmes, mais par de jeunes Mauriciens», a affirmé Nad Sivaramen, directeur des publications de La Sentinelle, le modérateur du panel. En écho avec les discours et les perspectives des jeunes, la conférence s’est conclue sur ces mots : «L’île Maurice est petite par sa terre, mais immense par son océan et ses ambitions. Si nous unissons notre audace et une IA responsable, nous pouvons bâtir un pays plus innovant, plus juste et plus durable.»

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Climat, IA, finance : Damry mobilise la nouvelle génération «pour passer à l’action»

S’adressant directement aux étudiants et jeunes professionnels réunis jeudi au Technopole de Côte d’Or pour la conférence Gen AI for Sustainable Development, le ministre adjoint des Finances, Dhaneshwar Damry, a appelé la nouvelle génération à s’engager dans la transition climatique et numérique, tout en promettant de créer les conditions d’un développement plus inclusif.

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Dans son discours liminaire, le ministre a affirmé que les aspirations des jeunes – emplois, inclusion et environnement propre – «ne sont plus un choix, mais un droit», estimant que cette responsabilité constitue pour lui «un héritage à laisser à la planète».

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Évoquant d’abord le financement climatique, Damry a rappelé que le gouvernement disposait d’une «marge de manœuvre budgétaire limitée» et que «le secteur privé doit désormais intervenir», estimant que la confiance constituait «la principale devise» pour attirer les investissements. Selon lui, cette confiance repose sur deux piliers : «la stabilité macroéconomique et la gouvernance» ainsi que «la mobilisation des recettes intérieures et la réduction de la dette». La demande de financement climatique à Maurice est «énorme», a-t-il indiqué, appelant à trouver un équilibre entre transition verte, protection sociale et inclusion.

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Le ministre a annoncé la création d’une Climate Finance Unit au ministère des Finances, destinée à rapprocher les banques des projets verts. «Je suis pris entre le marteau et l’enclume : un accès limité au financement d’un côté, et l’absence de projets bancables pour l’argent qui dort dans les banques», a-t-il expliqué. Il a précisé vouloir «financer des projets bien atténués du risque» et a annoncé qu’un premier Climate Finance Forum serait organisé en 2026.

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Damry a également plaidé pour une relance des PPP, des programmes BOT et BOO, déplorant que «seuls deux projets» aient été réalisés en dix ans. Il a invité le secteur privé à investir dans des projets à impact social et a insisté sur la nécessité de soutenir également les PME dans un «écosystème bancaire vert».

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Dans la seconde partie de son intervention, consacrée à la finance numérique et à l’intelligence artificielle, le ministre a affirmé que la croissance du secteur financier «peut créer des emplois et renforcer l’inclusion». Il s’est projeté à l’échelle continentale, rappelant «l’ampleur des besoins en Afrique» dans ces domaines et appelant à positionner Maurice comme un acteur clé.

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Il a demandé au public de réfléchir à la convergence entre finance numérique, IA et climat. «La puissance de cette fusion est énorme», a-t-il déclaré, évoquant la possibilité pour Maurice de «constituer des ensembles de données sur ses océans» et prévoyant que la tokenisation jouera un rôle dans la finance climatique. «Maurice doit s’y préparer avant que cela n’arrive», a-t-il insisté.

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Le ministre délégué a conclu par un message personnel, en formulant trois principes à l’intention des jeunes : «Concentrez-vous sur l’objectif, pas sur les obstacles ; travaillez dur ; croyez en vous.» «Convertir les engagements en actions, les promesses en réalisations» reste, a-t-il dit, sa propre résolution face à l’urgence climatique et aux défis économiques.

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