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One Live Muzik Festival

Danakil : Reggae français, reggae pour mieux penser

28 novembre 2025, 06:22

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Danakil : Reggae français, reggae pour mieux penser

«The power of reggae.» En français dans le texte. Le groupe Danakil, en tournée avec l’album «Demain peut-être», passera en tête d’affiche de la neuvième édition du One Live Muzik Festival, au Café du Vieux Conseil, à Port-Louis, les 6 et 9 décembre.

«Je prends le temps de profiter

Puisque le temps nous est compté»

Ces paroles extraites de Demain peutêtre traduisent bien plus qu’un état d’esprit. Une philosophie. Chanson-titre du dernier album éponyme de Danakil. Le groupe de reggae français sera la tête d’affiche du One Live Muzik Festival le mois prochain (voir hors-texte).

Joint au téléphone en France, dans l’aprèsmidi du vendredi 21 novembre, Balik (Guillaume Basile), le chanteur principal de Danakil, nous parle de ce demain insaisissable qui n’est plus qu’à quelques pas.

«J’aime le parfum de la vie quand elle s’invite à l’improviste.

J’ai souhaité la retenir mais elle file un peu trop vite.

Alors, j’ai écouté la voix qui me disait relativise. Si aujourd’hui te fait la gueule demain te fera la bise».

Ainsi chante Demain peut-être. Oui, Danakil fait aussi des textes pour (re)donner de l’espoir. Pour fédérer. «L’essentiel pour faire un bon morceau, c’est d’être sincère dans la démarche», affirme Balik. Une ligne de conduite respectée en 25 ans de parcours, avec une fidélité «à ce niveau de la musique que nous avons choisi».

L’album Demain, peut-être est d’abord sorti en 2024 sans aucun featuring. Six mois après, une version Reload est parue en avril 2025. «On a repris les mêmes chansons de l’album Demain, peut-être, mais on a enlevé un couplet par chanson. Et on a ajouté un artiste sur chaque chanson. Donc le même album existe en version 100% Danakil et en version 100% featuring. C’est une manière de se réinventer car les artistes choisis pour les featuring sont ceux avec qui le groupe a une histoire», explique Balik. Le reggae étant une «culture avec des valeurs communautaires».

Sur un précédent album – Rien ne se tait sorti en 2021–, Danakil se demandait:

«Où est donc ma place dans ce monde de fous ?

Sait-on comment faire pour qu’il reste debout»

Un texte tellement d’actualité. Trouver sa place reste «compliqué», reconnaît Balik. «Et même, c’est de pire en pire», à cause de l’égoïsme plus prononcé, parce que «les gens ont besoin de réussite».

«Qui détient la solution

Qui va payer l’addition

Tous montés dans le même bateau

Les coupables et les innocents

On est fort pour faire des promesses

Mais la réalité c’est que ça reste des promesses

Le crédit est épuisé»

Balik décode. En tant qu’artiste, «il y a des choses qui nous font peur, qui nous déçoivent et qui donnent envie de tout abandonner. À l’inverse, il y a des rencontres, des moments qui redonnent foi en l’humain».

L’échelle d’une vie humaine, c’est petit comparé à celle de l’humanité. Mais Balik est convaincu qu’il faut, «profiter de ce cadeau qu’on a d’être là».

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Les rendez-vous de début décembre avec Danakil seront des retrouvailles avec le public local. Le groupe était déjà venu en concert le 3 mars 2018 au stade Anjalay-Coopen. Du précédent passage à Maurice, Balik conserve un souvenir «très fort». Dans la tournée de Danakil, est-ce que Maurice est comme un échauffement en route vers l’Olympia ? La fin de la tournée y est déjà annoncée, pour le 19 décembre 2026. «Non, pas du tout», corrige Balik. L’étape mauricienne, «c’est vraiment différent du reste, très différent de notre quotidien. Ce n’est jamais un concert comme les autres quand on vient jouer à Maurice. C’est vraiment quelque chose de spécial».

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Indépendance financière de l’artiste : le modèle de Baco Records

Difficile pour les jeunes talents d’émerger. Et pas simple pour des groupes établis de continuer à exister. En 2012, le label Baco Records voit le jour, motivé par la volonté du groupe Danakil de «reprendre les rênes de son indépendance et de développer parallèlement d’autres artistes». Quatre ans plus tard, en 2016, le pôle Baco Distribution est un «distributeur de produits culturels fait par et pour les indépendants. Chanson, soul, rap français, funk, rock indé, jazz, électro, pop, reggae. Du physique au digital», ce pôle propose des vinyles, des CD, des livres, des vêtements etc.

Balik affirme que soutenir la création, pour Danakil, «c’était comme une urgence pour tous les artistes qu’on croisait». Mais il ne fallait pas brûler les étapes à partir du moment où s’est exprimée l’intention de, «gérer notre activité à 100%, d’être notre propre entrepreneur, d’avoir toutes les cartes en main pour dessiner ce parcours de la création de l’album à la production, puis la distribution».

Grâce à la structure mise en place, il y a maintenant «pas mal d’artistes qui travaillent avec nous juste sur la tournée, certains passent en première partie nos concerts, d’autres seulement sur l’album, d’autres seulement sur la distribution», explique Balik. Un modèle économique qui pourrait inspirer d’autres artistes qui se plaignent de ne pas être (suffisamment) aidés par l’État ou par des structures privées.

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Programme

Samedi 6 décembre, à 19 heures, Café du Vieux Conseil

Une soirée avec une fusion de reggae, de groove local et de vibes internatio- nales. En vedette, Danakil avec son reggae francophone, des textes engagés et une énergie contagieuse. Également programmés ce soir-là : Billygan, Manu Desroches, le duo maloya de sœurs Bernadette et Patricia Philippe de La Réunion, Solah. La soirée s’achèvera avec DJ Dilan spécialisé dans les sets after aux influences reggae, dancehall et afrobeat.

Places à Rs 1 800 en prévente, Rs 2 000 à la porte. Renseignements et réservations sur le site d’Otayo.

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Mardi 9 décembre, à 19 heures, Café du Vieux Conseil

Ambiance unplugged. Une soirée plus intimiste avec Danakil. Portés par des guitares, des percussions légères et des harmonies vocales, les morceaux emblématiques du groupe prennent une nouvelle dimension. En début de soirée, place à Sayaa, voix montante de la scène mauricienne. Accompagnée de sa guitare, elle touche par la sincérité de ses textes et la douceur de son interprétation. En fin de soirée, DJ LP avec des musiques roots, chill et dub.

Places à Rs 1 800 en prévente, Rs 2 000 à la porte. Renseignements et réservations sur le site d’Otayo.

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