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Affaire Ravatomanga

Salaires bloqués : colère des employés de Sodiat à Madagascar

24 novembre 2025, 07:00

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Salaires bloqués : colère des employés de Sodiat à Madagascar

■ «Non à la destruction et au pillage (des entreprises de Sodiat)», scandaient des employés du groupe, samedi, à Talatamaty.

La roue tourne à Madagascar : après les manifestations du peuple dénonçant la cherté de la vie, les coupures d’eau et d’électricité, ce sont désormais quelque 4 000 employés du groupe Sodiat qui descendent dans la rue. À Talatamaty, ils s’élèvent contre le gel des comptes du patron, Mamy Ravatomanga, et ceux du groupe Sodiat, qui empêche le versement de salaires. «On ne veut pas la destruction ni le pillage de nos entreprises !», scandaient-ils samedi. À noter que la Cour suprême de Madagascar a, par une décision rendue le 12 novembre, ordonné le gel intégral des avoirs et comptes bancaires de Mamy Ravatomanga pour cause d'enquête.

Pancartes en main, les employés de Sodiat ont proféré un message commun : «Nous refusons la destruction de l’entreprenariat malgache.» Perquisitions, pillages et destructions de biens des entités du groupe à Talatamaty, décrits par les manifestants comme des individus «en uniforme», instaureraient un climat de peur chez les travailleurs. Lors de la manifestation, une employée a scandé : «Arrêtez les pillages, cessez les perquisitions. Laisseznous travailler.»

Les travailleurs ont aussi rappelé avec force : «Détruire les entreprises malgaches, c’est tuer les Malgaches», et ont appelé à ne pas mêler règlements de compte politiques et survie des employés. Ils ont expliqué que si la situation perdure, elle constituerait une violation des droits humains. Selon eux, le droit au travail est déjà compromis, car les employés se retrouvent privés de salaire et donc incapables de subvenir à leurs besoins.

Droits humains

Face à l’ampleur de la crise, les employés ont lancé un appel aux organisations internationales de défense des droits humains et du travail (Organisation internationale du travail, rapporteurs de l’ONU, organisations non gouvernementales et instances régionales africaines). Ils ont réclamé la mise en place d’une mission d’observation internationale de la situation et des garanties concrètes de protection des travailleurs, en appelant les autorités malgaches à respecter leurs engagements internationaux, tout en exhortant les partenaires à une vigilance accrue face aux dérives politiques menaçant la stabilité sociale et économique du pays.

Les employés ont également affirmé : «Nous ne demandons pas un traitement de faveur. Nous demandons le respect de nos droits fondamentaux, tels que reconnus par les textes internationaux auxquels Madagascar a souscrit.» À travers cette manifestation, ils ont lancé un appel national à restaurer la justice, protéger l’emploi et les droits humains. Les employés et leurs familles ont demandé aux autorités le dégel immédiat des comptes bancaires du groupe Sodiat pour permettre le paiement des salaires ; l’ouverture d’une enquête indépendante ; la protection des actifs du groupe ; et le respect total des droits humains et du droit du travail.

Mais, derrière tout l’aspect financier, il y a d’abord des vies : celles d’employés inquiets pour leur prochain salaire – dans une économie déjà fragile où chaque revenu compte – des familles vulnérables, des foyers qui craignent de ne plus pouvoir se nourrir, se soigner ou envoyer leurs enfants à l’école.

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