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Évaluation des ministres
Arvin Boolell (Agro-industrie) : Grandes ambitions pour la canne et les cultures vivrières (Note générale : 6/10)
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Évaluation des ministres
Arvin Boolell (Agro-industrie) : Grandes ambitions pour la canne et les cultures vivrières (Note générale : 6/10)
Arvin Boolell, ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche.
Un an après l’arrivée au pouvoir de l’Alliance du changement, la rédaction de l’express évalue la performance des ministres. Nous réalisons cet exercice depuis 15 ans, ayant noté les ministres du gouvernement de Navin Ramgoolam (2010–2014) ainsi que ceux de l’Alliance Lepep (entre 2014 et 2024). Réalisé par les journalistes du groupe, cet exercice se fonde sur quatre critères : la performance générale, la maîtrise des dossiers, le leadership et la capacité à proposer des idées nouvelles.
Des controverses autour de la MSAW, les chiens errants et le micropuçage obligatoire auront éclipsé les avancées techniques du ministère qui a posé des bases importantes, surtout dans la filière cannière, même si plusieurs de ces chantiers demandent encore des résultats tangibles, estime Arvin Boolell.
Dans le secteur sucrier, le relèvement du prix garanti de Rs 30 000 à Rs 35 000 pour les petits planteurs a été salué, mais son impact réel sur le replantage reste à vérifier, alors que plus de 20 000 arpents demeurent abandonnés. Le plan de replantation (plus de Rs 60 000 par arpent), la hausse du budget des fertilisants (de Rs 125 M à Rs 207 M) et la mécanisation via 25 nouveaux équipements, dont 15 déjà disponibles, sont des mesures louables, mais leur mise en œuvre se heurte encore au manque de main-d’œuvre et à des délais opérationnels. La création d’une banque foncière de 35 000 arpents marque une étape importante, même si leur valorisation effective reste, pour l’instant, théorique. La MSIRI prévoit par ailleurs de libérer trois nouvelles variétés de canne d’ici fin 2025.
Les prix des cultures vivrières ont été stabilisés et Rs 80 M de subventions débloquées. L’intégration des entreprises au programme de semences s’inscrit dans la volonté d’atteindre 100 % de production locale en pomme de terre et oignon en cinq ans, un objectif ambitieux dans un contexte de variabilité climatique, de terres limitées et de dépendance historique aux importations. Mais aucun empiètement sur les terres agricoles primaires n’a été autorisé alors que le FAREI et le MSIRI ont été mandatés pour accélérer la recherche et le déploiement de nouvelles variétés.
L’attribution de 1 600 arpents pour atteindre 400 MW d’énergie renouvelable sous le Greenfield Renewable Energy Scheme représente un tournant, avec 140 MW attendus en 2026. La reforestation (30 000 arbres) et l’interdiction d’exportation de plantes protégées sont des mesures positives et d’autres espèces sont à l’étude pour une protection renforcée. Mais le ministère reste confronté à plusieurs fragilités structurelles : pénurie de 2 500 travailleurs dans le secteur sucrier, difficultés récurrentes d’accès à l’eau malgré les Rs 25 millions investies, remise en culture des 20 000 arpents abandonnés et volatilité des cultures vivrières. Autant de défis pour les réformes annoncées.
Pour les prochaines années, des objectifs ambitieux pour la pêche et le soutien aux pêcheurs par une stratégie développée avec l’EDB et les ambassades pour la montée en puissance de la Blue Economy Unit.
Note générale : 6/10
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