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Politique

Paul Bérenger : «MMM pe res dan gouvernman»

18 novembre 2025, 05:00

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Paul Bérenger : «MMM pe res dan gouvernman»

«Finn koz tou seki bizin koze… Finn tonb dakor lor tou desizion ki ena pou pran», a déclaré le leader mauve.

Le leader du mouvement militant mauricien (MMM) a tranché: le parti restera au gouvernement. L’annonce est tombée, hier, à l’issue du très attendu comité central tenu au Plaza, à Rose-Hill. La réunion a été suivie de près par les militants et les observateurs politiques alors que des rumeurs persistantes évoquaient depuis plusieurs jours un possible retrait du MMM de l’Alliance du changement.

Après environ 45 minutes de discussions, Paul Bérenger est sorti devant des militants. D’un ton ferme, il a coupé court aux spéculations. «MMM pe res dan gouvernman», a-t-il lancé, accueilli par les applaudissements. Le leader des Mauves a expliqué que sa décision repose sur deux rencontres récentes avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam : «Mo finn rankont Navin Ramgoolam Samdi swar ek azordi. Nou’nn koze bien longman ek nou’nn koz tou seki bizin koze.» Ces échanges auraient permis de trouver une entente sur plusieurs points clés qui faisaient l’objet de divergences internes ces derniers jours.

Les discussions entre les deux parties ont principalement porté sur la réforme électorale, la création de la National Crime Agency destinée à remplacer la Financial Crimes Commission et la situation d’Air Mauritius, ainsi que plusieurs dossiers liés à la drogue, à la prison ou encore à la police. «Nous avons gagné en clarté. Nous sommes d’accord sur les décisions essentielles qui doivent être prises. C’est pour cela que nous restons au gouvernement : pas pour les avantages, mais pour faire avancer les réformes», a déclaré Paul Bérenger.

Le leader du MMM est également revenu sur un moment particulièrement marquant de ces derniers jours : sa rencontre avec la famille Hossenbocus, endeuillée après la mort de Muzammil dans un accident à Camp-Levieux impliquant un conducteur soupçonné d’être sous l’influence de drogue et de l’alcool. «Mo ti bizin dir zot enn gran mersi. Zot finn travers enn sitiasion ki finn bles mo leker. Zot finn dir mwa res dan gouvernman. Sa finn bien afekte mwa», a-t-il confié, visiblement ému.

Depuis la fin de la semaine dernière, la scène politique était en ébullition. Les déclarations de certains cadres, notamment celles de Rajesh Bhagwan le matin même, laissaient croire à une rupture imminente. Mais à la sortie du comité central, les visages étaient apaisés. Plusieurs membres évoquaient «un grand soulagement», confirmant qu’un consensus solide s’était dégagé. Paul Bérenger a également annoncé la tenue du Bureau politique lundi prochain, suivie de celle du prochain comité central le 29 novembre. Le MMM, a-t-il assuré, reste «pleinement engagé» dans l’alliance gouvernementale.


Ambiance : tension et soulagement

Au Plaza, hier après-midi, l’atmosphère est tendue. Dès 17 heures, sous un ciel bas et nuageux, les militants du MMM, beaucoup vêtus de mauve, affluent dans la cour. Dans les regards, une même question flotte : est-ce le jour de la rupture ? Celui où le MMM déciderait de quitter – ou non – l’Alliance du changement. Les visages, d’abord fermés, trahissent l’inquiétude. Les murmures sont échangés par petites grappes, chacun essayant de deviner ce qui se déroule à huis clos. Les journalistes aussi retiennent leur souffle, scrutant la moindre porte qui s’ouvre. L’installation d’un système sonore vient amplifier le doute que la rumeur d’un peu plus tôt – que Paul Bérenger ne partirait pas – se révélerait fausse. Puis, après environ 45 minutes, le ton change. Les premiers militants sortent, souriant et soulagés. «Pas de cassure», glissent plusieurs. Le brouhaha retombe d’un coup lorsque Paul Bérenger apparaît. Tous se rapprochent instinctivement. Silence total. Le leader du MMM prend la parole. La nouvelle tombe : le parti ne quittera pas le gouvernement. Une salve d’applaudissements retentit, suivie de cris de joie. Des accolades, des tapes dans le dos, quelques «yes» étouffés. Très vite, la foule se disperse. Le soleil, déjà bas, perce l’horizon et dépose un halo jaune sur les militants en mauve, comme un dernier éclat pour clore une journée où le parti, une fois encore, a déjoué les pronostics.

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