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Olivier Bancoult, leader du groupe réfugiés Chagos
«Qui sont les plus légitimes ? Les déracinés ou les troisièmes générations nées à Maurice ?»
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Olivier Bancoult, leader du groupe réfugiés Chagos
«Qui sont les plus légitimes ? Les déracinés ou les troisièmes générations nées à Maurice ?»
A la base de cette réaction, il y a la récente décision du gouvernement de Sir Keir Starmer de retirer la Committal motion du Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill alors que le texte devait être examiné en deuxième lecture à la Chambre des Lords. Ce retrait empêche, pour le moment, le projet de loi d’avancer vers l’étape suivante, celle du Committee stage, c’est-à-dire l’examen détaillé du texte par les pairs.
La décision a été prise face à la menace d’un vote défavorable, après qu’un amendement du conservateur Lord Callanan a été déposé pour réclamer une consultation formelle des Chagossiens britanniques du groupe BIOT Citizens. Craignant que les libéraux-démocrates ne soutiennent cet amendement, les ministres ont préféré suspendre temporairement la procédure. Selon le calendrier mis à jour du Parlement britannique, la nouvelle date pour l’examen du texte en Committee stage a été fixée au 18 novembre.
Pendant ce temps, à Maurice, l’Attorney General Gavin Glover a déclaré qu’il est «regrettable qu’une partie des Chagossiens prennent leur propre peuple en otage», déplorant les divisions au sein de la communauté chagossienne. LES
Chagossiens consultés
Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos, minimise la portée de la décision britannique. «Il n’y a aucun gravité par rapport à cette décision du gouvernement britannique de retirer sa Committal motion. Certains font croire que le bill sera en suspens mais c’est faux. Il y a un consensus entre les gouvernements britannique, mauricien et la communauté chagossienne, qui est partie prenante. Concernant l’amendement visant à inclure des Chagossiens britanniques dans ce traité, il est bon de savoir que des groupes chagossiens en Angleterre sont déjà concernés. Il y a une liste de Chagossiens que le Foreign Office a contactés. Venir dire que les Chagossiens ne sont pas consultés, c’est totalement faux.»*
Il insiste que plusieurs groupes chagossiens sont directement impliqués dans les discussions avec les autorités britanniques. «Des groupes comme Chagossians Voices, qui s’opposent au bill, sont aussi tenus au courant des développements par le gouvernement britannique. Il y a eu aussi, à une époque, les BIOT Citizens mais ils se sont retirés depuis qu’ils ont engagé un procès. Il y a trois groupes en Angleterre — Chagos Islanders Movement, UK Native Chagossian Council et Chagos Refugee Group (CRG) qui participent activement aux discussions. Aux Seychelles également, il y a la Seychelles Chagossians Community. Tous ces groupes sont parties prenantes des discussions et sont en faveur de ce bill.»
Le leader du GRC précise que seules trois structures s’opposent réellement au texte. «Il n’y a que trois groupes à s’opposer à ce projet de loi: Chagos Asylum People à Maurice et à Londres, Chagossians Voices et BIOT Citizens. Si ces trois groupes s’y opposent, comment se fait-il qu’ils veulent être parties prenantes des discussions ? Ces Chagossiens disent qu’ils veulent que les Chagos restent sous le contrôle britannique. Il faut être réaliste. La décision de remettre la souveraineté des Chagos à Maurice est celle de la plus haute instance judiciaire. Cette instance s’est basée sur plusieurs facteurs avant de rendre son jugement. Il y a eu des reconnaissances internationales, notamment des Nations unies.»
Olivier Bancoult remet aussi en question la représentativité de certains opposants. «Ces gens qui s’opposent à ce bill, la plupart d’entre eux sont nés à Maurice et ont eu la nationalité britannique par leurs ascendants. Qui sont les plus importants ? Les Chagossiens, qui ont été déracinés de leur île ou ces troisièmes et quatrièmes générations, qui s’opposent à ce bill ?»
Pour lui, le projet de loi est une étape décisive vers la concrétisation d’un combat mené depuis des décennies. «Le Groupe Réfugiés Chagos a mené un combat juridique pendant plusieurs années pour le retour sur nos îles et pour la compensation. Aujourd’hui, avec ce bill, cela devient possible.»
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