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Temu, Shein, Joybuy

L’ultra «fast fashion» chinois débarque en force

7 novembre 2025, 18:00

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L’ultra «fast fashion» chinois débarque en force

De puissants groupes chinois envahissent le marché en cassant les prix. Retenez leurs trois noms : Temu, Shein et le nouveau venu Joybuy. En cette fin d’année, les marchands ambulants se sont installés dans les principales artères de nos villes étalant vêtements, cadeaux et surtout jouets à l’approche de Noël. Un chassé-croisé traditionnel avec la police qui sera débordée sous la forte chaleur.

Cette compétition avec boutiques et magasins ayant pignon sur rue est illégale. Mais les marchands n’hésitent pas à occuper les trottoirs fréquentés. Sur le plan sociologique, c’est là que la majorité des personnes de condition modeste vont faire leurs emplettes. Une frange qui n’a pas les moyens de fréquenter les magasins chics dans les malls. Et voilà que débarque la grosse artillerie, qui a pour noms Temu et Shein à grand renfort de promotions. Ces noms devenus familiers comptent déjà beaucoup de clients notamment chez la gent féminine. Le consommateur lambda se pose des tas de questions à leur sujet. Comment font-ils ?

?Un exemple

C’est impossible de vouloir vous informer entièrement sur ce véritable débarquement. En France, par exemple, au grand dam des commerçants environnants, Shein va occuper des étages dans de grands magasins comme le BHV ou encore les Galeries Lafayette. Ça a déclenché une polémique, pour ne pas dire une guerre commerciale, qui rebat les cartes en plein Paris, mais aussi dans d’autres grandes villes françaises.

À Maurice, beaucoup de citoyennes se fournissent déjà chez Temu, dont le marketing est agressif, comme sur votre téléphone. Il faut dire que les propositions sont alléchantes et les prix cassés. C’est la stratégie d’un de ces mastodontes, Temu, dont la renommée est déjà répandue. Au départ, c’est une société chinoise domiciliée aux îles Caraïbes, paradis fiscal mondialement connu. Cette plateforme en ligne propose une large gamme de produits dans presque tous les domaines à bas prix. Temu, qui veut conquérir des parts de marché, met en vente un volume massif de produits en pratiquant des marges faibles.

Dans cette chronique, nous nous contenterons de mettre l’accent sur les produits textiles seulement. Temu ne passe pas par des intermédiaires classiques. Le produit part directement de l’usine et atterrit chez vous sans avoir à payer des frais de transport. D’où la stratégie de petites boîtes, livraisons rapides et retours possibles. Les prix bas sont imbattables. Pas d’arnaque. Ce site, tout comme Shein, est légal.

Vous êtes surpris par la démarche. Gardez en tête que la main-d’œuvre innombrable est corvéable à merci. Les matériaux utilisés sont de piètre qualité pour des contrefaçons bon marché. Qu’importe le prix puisque la robe étant jetable, vous pouvez en acheter plusieurs à ce prix-là. Grâce à ses designers, Temu change de produits presque toutes les semaines pour appâter. Des achats compulsifs puisque vous n’allez pouvoir vous empêcher de jeter des petits coups d’œil sur l’écran, histoire de ne pas rater des nouveautés et… vous mordez à l’hameçon. Produits bas de gamme, délais de livraison rapides à domicile et parfois même des cadeaux. Wow ! Les commandes pleuvent et voilà qu’un troisième géant, Joybuy appartenant à JD., veut aussi conquérir le marché mauricien. Un mastodonte qui veut titiller Amazon. Il dessert 1,4 milliard de clients. Il dispose d’une logistique des plus redoutables pour occuper le terrain. En revanche, Joybuy met en vente des produits haut de gamme contrairement à Temu et Shein.

?L’envers du décor

Ce sont les enfants qui vont se régaler en cette période festive et ce, au détriment des marchands ambulants. Eh oui ! En France, un magazine sérieux de consommateurs comme FC Que choisir a mené des enquêtes d’autant que ces implantations comme Shein vont nuire aux boutiques de mode situées à côté dans les beaux quartiers. Notre objectif est d’essayer de vous informer et non de vous dicter des choix. Ces enquêteurs ont relevé de graves défauts sur les jouets pour enfants : 41 % chez Shein et 24 % chez Temu. La liste est longue : défaillances mécaniques, risques de blessure, suffocations, substances chimiques dangereuses surtout dans des jouets destinés aux enfants de moins de trois ans, des risques électriques significatifs, boîtiers surchauffés avec températures élevées, manque d’informations basiques, chargeurs USB non fiables… Hormis les jouets, ils ont même trouvé, entre autres, un collier qui dépasse la limite en métal toxique et cancérigène de 8 500 fois.

?Réactions dans le monde

Dans un passé récent, un des trois proposait même des poupées sexuelles à caractère pédopornographique. Réaction ultra-rapide. Ils ont retiré les produits incriminés de la vente. Ils ont été remplacés. Des interdictions sont intervenues en Grèce, en Belgique, aux Pays-Bas, en Autriche… Facile de remplacer rapidement quand l’un des trois, par exemple, s’adosse sur une fortune de 31 milliards de dollars. De mauvaises langues prétendraient même que ces labels recevraient des subsides de l’État chinois. À d’aussi petits prix, ils prennent des risques. 69 % de leurs produits ne sont pas conformes aux normes européennes, c’est-à-dire qu’ils ne respectent pas les réglementations en vigueur. 57 % présentent des risques. 52 sur 54 chargeurs s’avèrent dangereux.

Restons dans le domaine du textile. Les matériaux à bas coût de mauvaise qualité terminent à la décharge puisque c’est facilement jetable ou alors ils sont incinérés. Même les associations pour venir en aide aux pauvres n’arrivent pas à les récupérer. Pas même dans des friperies. En outre, la teinture du textile pollue les eaux et les microplastiques terminent dans l’océan. In fine, ces produits textiles sont responsables de milliards de tonnes de CO2 rejetés chaque année dans l’atmosphère.

Certains états ont réagi. Trump le premier impose 500 % de taxe à l’importation. Temu et Shein ont cessé depuis leurs exportations massives vers les magasins de textile qui foisonnent aux ÉtatsUnis. L’Europe timorée a imposé deux ou trois euros de taxe sur chaque colis. L’Indonésie, qui est le plus grand marché de commerce électronique en Asie du Sud-Est, a bloqué Temu pour protéger ses petites entreprises.

Chez nous, même les ventes des marchands ambulants vont diminuer, notamment sur les jouets. Après les fêtes, ce sont les petits commerces qui pullulent dans le centre-ville de Port-Louis, à Flacq et ailleurs qui vont constater une baisse dans leurs recettes. À moins de jouer aux plus malins en important ces produits et de les vendre en y ajoutant une marge de profit. Micmac en vue. Cela nous rappelle dans quelles conditions les petites boutiques chinoises qui ont alimenté le pays pendant des décennies ont dû mettre la clef sous la porte. Il n’en reste que quelques vestiges en régions rurales. Y aura-t-il des répercussions également en régions urbaines ?

À moins que des taxes et des réglementations adéquates ne viennent endiguer le tsunami de l’ultra fashion chinois. Ça serait peut-être enfreindre la loi dans une économie libérale de marché libre. Ça va bousculer à moyenne échéance.

Lantre gratis, sorti peyan?

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