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AVC : quand chaque minute compte
Une personne touchée toutes les 100 minutes
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AVC : quand chaque minute compte
Une personne touchée toutes les 100 minutes
Le 29 octobre de chaque année, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de l'accident vasculaire cérébral (AVC), aussi appelé stroke. Une occasion cruciale de sensibiliser le public à cette pathologie qui constitue l’une des principales causes de mortalité et de handicap dans le monde, y compris à Maurice. Selon le Dr Harrish Reesaul, directeur régional de la santé à l’hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam National et neurologue consultant, comprendre les causes, les risques et les mesures de prévention est essentiel pour réduire cette menace silencieuse.
Qu’est-ce qu’un AVC ?
Selon le Dr Reesaul, l’AVC, «c’est une congestion ou une attaque du cerveau». Il s’agit d’un phénomène où, dans une partie du cerveau, la circulation sanguine est interrompue. Cela peut résulter soit d’une rupture d’un vaisseau sanguin (hémorragie cérébrale), soit du blocage d’une artère par un caillot (ischémie). Lorsqu’une telle interruption survient, le tissu cérébral privé d’oxygène meurt, provoquant un infarctus cérébral.
Principales causes et facteurs de risque
Le principal facteur de risque identifié par le spécialiste est l’hypertension artérielle. Si elle n’est pas contrôlée, la probabilité de subir une congestion ou une attaque cérébrale augmente considérablement. La pression artérielle élevée fragilise les vaisseaux sanguins, favorisant leur rupture ou leur obstruction.
Le diabète constitue un autre facteur déterminant. Il altère la santé vasculaire, accélérant l’usure des artères et augmentant le risque de caillots. Par ailleurs, une mauvaise hygiène de vie joue un rôle crucial : la sédentarité, le manque d’exercices physiques, une alimentation déséquilibrée, et la consommation de tabac et d’alcool amplifient la prévalence des AVC.
Le Dr Reesaul insiste : «Si l’on ne contrôle pas la tension, on se met en danger de faire un AVC à tout moment.» La prévention passe donc impérativement par une gestion rigoureuse de la pression artérielle, la pratique régulière d’exercices, une alimentation saine et l’évitement des substances nuisibles.
La jeunesse aussi à risque
De plus en plus, les jeunes sont touchés par l’AVC. Un phénomène inquiétant car ils sont souvent perçus comme peu à risque et ne prennent pas assez en considération leur santé. La prévalence de l’hypertension chez les jeunes est en hausse, souvent ignorée faute de dépistage régulier. Pourtant, dès le plus jeune âge, il est vital d’adopter des habitudes saines : activité physique régulière, alimentation équilibrée, abstinence de tabac et d’alcool ainsi que des bilans de santé périodiques.
La prise en charge d’un AVC
Lorsqu’une personne souffre d’un AVC, chaque minute compte. Le Dr Reesaul rappelle que «80 % des AVC sont causés par une occlusion des artères» et qu’il est crucial d’intervenir rapidement. En cas de suspicion, il faut immédiatement appeler le 114 ou le SAMU. L’intervention précoce permet de considérablement réduire le taux de mortalité et de handicap.
Le délai idéal pour une intervention efficace est de 4 heures 30 minutes après le début des symptômes. Le patient doit être rapidement transporté vers un service spécialisé, comme la Stroke Unit de l’hôpital Victoria, à Candos. La rapidité de la prise en charge est déterminante : 30 % des personnes faisant un AVC peuvent en mourir, tandis que 60 % risquent la paralysie ou d’autres séquelles graves. Après un AVC, environ deux millions de neurones meurent dans le cerveau, sur un total de 100 milliards de neurones, ce qui est très dangereux.
La phase post-AVC
Une fois en soins, le patient fait des examens, notamment une tomodensitométrie pour vérifier s’il y a une hémorragie ou un caillot. La prise en charge dépend du type d’AVC. Si l’attaque est ischémique, des traitements anticoagulants sont administrés. Après l’urgence, une rééducation intensive s’impose : kinésithérapie pour retrouver la mobilité, orthophonie pour réapprendre à parler ou à avaler et soins psychologiques pour faire face au traumatisme. Les personnes ayant subi un AVC peuvent souffrir d’hémiplégie, de troubles de la parole ou de la déglutition. La rééducation peut prendre plusieurs mois, voire des années, mais l’objectif est de leur permettre de retrouver leur autonomie, de reprendre une vie professionnelle et sociale, et d’éviter un second AVC.
La situation dans le pays
La réalité mauricienne est alarmante. Selon les statistiques, chaque 100 minutes, une personne fait un AVC. En 24 heures, environ dix à 15 personnes sont victimes d’un AVC. La majorité des jeunes ne réalise pas qu’ils sont aussi vulnérables, car ils négligent souvent leur santé et évitent les contrôles médicaux réguliers.
Le Dr Reesaul souligne que «tout le monde est prédiabétique» et qu’une personne sur cinq souffre d’hypertension. Une majorité ne fait pas de dépistages de cholestérol ou de glycémie, ce qui aggrave leurs risques de développer un AVC.
La prévention
Face à cette situation, la sensibilisation devient une priorité nationale. La prévention repose sur une meilleure connaissance des facteurs de risque, la promotion d’un mode de vie sain et l’incitation aux dépistages précoces. Les jeunes doivent comprendre que leur santé est leur richesse et qu’adopter de bonnes habitudes peut leur sauver la vie.
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