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Affaire Ravatomanga
Un «Criminal Attachment Order» vise le magnat et révèle un réseau offshore complexe entre Maurice, une autre île et Dubaï
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Affaire Ravatomanga
Un «Criminal Attachment Order» vise le magnat et révèle un réseau offshore complexe entre Maurice, une autre île et Dubaï
Mamy Ravatomanga est suspecté d’avoir transféré d’importantes sommes sur le territoire mauricien.
La Financial Crimes Commission (FCC) a obtenu auprès de la Cour suprême un Criminal Attachment Order (ordonnance de saisie pénale) ciblant Maminiaina (Mamy) Ravatomanga. Il est suspecté d’avoir transféré d’importantes sommes sur le territoire mauricien. L’ordonnance, émise le 15 octobre, interdit toute opération ou retrait sur les comptes concernés et permet de bloquer temporairement les avoirs jusqu’à ce que l’origine des fonds soit pleinement établie.
Selon les informations disponibles, la FCC a ouvert une enquête suite à une plainte déposée contre l’homme d’affaires malgache arrivé à Maurice le 12 octobre à bord d’un jet privé en provenance de Madagascar. Les autorités soupçonnent le transfert de fonds d’origine douteuse, en compagnie d’autres personnes, vers des juridictions étrangères. Des mouvements financiers significatifs auraient été enregistrés sur des comptes détenus par le suspect, son épouse et plusieurs sociétés liées à ce dernier. Craignant une possible dissipation de ces actifs, la commission a demandé une mesure urgente de gel, conformément à l’article 69 de la FCC Act.
«Protected cell company»
Les enquêteurs de la FCC s’intéressent à une société mauricienne, discrètement rebaptisée il y a quelque temps, qui se trouve au centre d’un montage financier complexe reliant Maurice, une autre île de l’océan Indien et Dubaï. Cette entreprise, enregistrée comme Global Business Company (GBC), est administrée par une société de services financiers bien implantée à Maurice, qui gère également ses comptes auprès de deux banques locales réputées.
La chaîne de propriété est élaborée : la société mauricienne est détenue par une entreprise de l’autre île, elle-même contrôlée par une autre entité du même archipel, rattachée à une holding mauricienne opérant sous le régime d’une protected cell company (PCC). Cette structure rend la traçabilité financière particulièrement complexe et attire l’attention de la FCC, notamment lorsqu’il s’agit d’entités sans activité opérationnelle visible mais effectuant des transferts transfrontaliers réguliers.
Plusieurs pistes restent à explorer dans cette enquête de la FCC : documents bancaires, registres d’actionnariat et contrats de gestion pourraient déterminer si le montage relève d’un objectif d’investissement légitime ou s’il sert à dissimuler des flux financiers plus sensibles. Selon des sources consultées, ce type de montage est courant dans les milieux de l’investissement international et du wealth management. D’ailleurs, en juin 2025, le magnat Mamy Ravatomanga avait formulé une demande de licence dans ce même cadre réglementaire.
La FCC suit de près ce dossier, illustrant la vigilance face aux structures financières complexes et aux mouvements transfrontaliers de fonds, afin d’éviter tout risque de blanchiment ou de détournement d’actifs.
Ernaivo à la fCC
L’affaire prend une tournure politique et stratégique avec l’implication de Fanirisoa Ernaivo, mandatée par le nouveau régime. Arrivée sur l’île dans le cadre de ses fonctions auprès du Conseil de défense nationale de transition (CDNT), elle agit en tant que représentante officielle de l’État malgache pour coordonner toute collaboration avec les autorités mauriciennes. La présence de la juriste revêt un objectif clair : traquer Maminiaina Ravatomanga et renforcer les investigations de la FCC. Elle s’est d’ailleurs rendue à la FCC samedi pour remettre un dossier contre le businessman.
Cette semaine, le magnat malgache Mamy Ravatomanga se retrouve au cœur d’une enquête financière sans précédent à Maurice. Les limiers de la FCC poursuivent leur investigation sur des avoirs financiers gelés, estimés à 6 milliards de roupies, soit environ 180 millions USD, répartis dans deux banques locales. Leurs investigations portent sur un éventuel blanchiment de capitaux lié à un présumé transfert de fonds entre Madagascar et Maurice. La Cour suprême mauricienne a donné son aval pour cette mission.
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