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Polémique du jet privé malgache
Paul Bérenger donne des pistes du rapport et promet des «décisions graves»
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Polémique du jet privé malgache
Paul Bérenger donne des pistes du rapport et promet des «décisions graves»
Le Premier ministre par intérim, Paul Bérenger, n’a pas mâché ses mots, hier, lors d’une conférence de presse tenue au Lunch Room de l’Assemblée nationale. Devant une salle comble de journalistes, il est revenu en détail sur l’affaire du jet privé malgache qui a atterri à Maurice dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 octobre, en provenance d’Antanarivo, transportant notamment l’ancien Premier ministre malgache Christian Louis Ntsay et l’homme d’affaires Maminiaina «Mamy» Ravatomanga, proche du président Andry Rajoelina.
Un atterrissage controversé
Selon les premiers éléments, le vol aurait obtenu en dernière minute une autorisation d’atterrissage à Plaisance, initialement justifiée pour une évacuation médicale, avant que le motif ne soit modifié pour des raisons touristiques. L’application finale a été déposée à 23 h 12, et l’autorisation accordée à 00 h 13 – soit moins d’une heure avant l’atterrissage. Paul Bérenger s’est dit «sidéré» par la manière dont les procédures ont été contournées : «Ce qui s’est passé est très grave et, d’une certaine façon, à peine croyable», a-t-il déclaré d’un ton ferme. «L’Aviation civile avait pourtant ordonné au jet de ne pas décoller sans landing permit. L’ordre n’a pas été respecté. On a invoqué une panne de carburant pour justifier un atterrissage forcé. C’est inacceptable.»
Le Premier ministre par intérim a rappelé que, selon la loi, une demande d’autorisation pour un vol privé doit être soumise au moins deux jours à l’avance - trois si les passagers proviennent d’un pays nécessitant un visa.
Une gestion «à revoir» de Jet Prime Ltd
Paul Bérenger a sévèrement critiqué la société Jet Prime Ltd, filiale d’Airport Holdings Ltd, qui gère le terminal privé de l’aéroport. «Il faut revoir complètement le mode de fonctionnement de Jet Prime. Tout le système est à repenser», at-il martelé, annonçant qu’une réunion aura lieu avec Megh Pillay, fraîchement nommé Executive Chairman d’Airport Holdings, et le Premier ministre à son retour de Londres.
Des passagers«très politiques et très controversés»
Bérenger a confirmé la présence à bord de plusieurs personnalités malgaches, dont deux couples – l’ancien chef du gouvernement Christian Ntsay, Mamy Ravatomanga et leurs épouses – alors que Madagascar traverse une grave crise politique. «Tout s’est fait en quelques heures, malgré la présence de passagers très politiques et très controversés. Ce n’est pas normal.» Il a également affirmé que le jet et ses bagages ont été scannés et que certains effets personnels n’ont été restitués que plusieurs jours plus tard.
«Tout a commencé lors d’un gala dîner»
Dans une révélation énigmatique, Paul Bérenger a laissé entendre que l’affaire du jet privé aurait trouvé son origine dans un événement mondain : «Zot pou kone an temps et lieu dan ki sirkonstans sa demars-la komanse… Demars-la komanse dan enn Gala Dinner», a-t-il lancé avec un sourire ironique sans pour autant donner pois de détails. Selon nos informations, tout a démarré lors d’un événement de golf récemment. «Vous allez connaître les détails en temps et lieu», a-t-il ajouté, laissant planer le mystère.
Le chef du gouvernement par intérim a aussi évoqué des pressions exercées sur les autorités. «Il y a eu une pression morale, une pression intense sur l’Aviation civile pour que le vol soit autorisé.» Sans citer de nom, Paul Bérenger a affirmé que les passagers ont été accueillis à leur arrivée par un membre actuel du conseil d’administration de Jet Prime. Lorsqu’un journaliste a mentionné le nom de Gilbert Noël, il a répondu avec son habituelle ironie : «Talerla mo ti dir ena enn mamb aktiel de board de Jet Prime… ou mwin bien eleve ki mwa ou pe donn so nom.»
Une enquête interne menée par le Secretary to Cabinet et d’autres officiers a déjà été bouclée. Mais Paul Bérenger a précisé qu’il attendra le retour du Premier ministre lundi matin pour décider des suites à donner : «Je préfère attendre le retour du Premier ministre avant de prendre les décisions graves qui s’imposent.»
Mamy Ravatomanga bientôt autorisé à partir ?
Interrogé sur la situation du magnat malgache Mamy Ravatomanga, Paul Bérenger a confirmé que ses avocats ont demandé l’autorisation pour qu’il quitte Maurice «cet après-midi ou demain après-midi» : «Si aucune justification légale n’existe pour le retenir, il sera autorisé à partir. L’État de droit doit être respecté.»
Clôturant sa conférence, Paul Bérenger a insisté sur le respect des institutions : «Maurice est un État de droit. Si la loi ne permet pas de retenir quelqu’un, nous n’avons pas à le faire. Mais cela ne veut pas dire que nous resterons les bras croisés.»
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