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CIIE 2025
À la conquête du marché chinois
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CIIE 2025
À la conquête du marché chinois
Geerish Bucktowonsing, représentant de l’EDB ; Rajen Narsinghen, ministre délégué aux Affaires étrangères ; et Huang Shifang, ambassadrice de Chine à Maurice, ont tous souligné la confiance mutuelle et la complémentarité entre nos deux économies
À quelques semaines de la «China International Import Expo» (CIIE), l’ambassade de Chine et l’Economic Development Board (EDB) ont organisé lundi à l’hôtel Labourdonnais, une conférence visant à encourager les entreprises mauriciennes à saisir les opportunités de cette vitrine internationale du commerce et de l’investissement. Intitulée «Strengthening Mauritius–China Business Partnership through CIIE», elle a réuni des représentants du corps diplomatique, des institutions économiques et du secteur privé.
Créée en 2018 sous l’impulsion du président Xi Jinping, la CIIE est la première exposition mondiale entièrement dédiée aux importations. Elle se tiendra cette année à Shanghai, du 5 au 10 novembre et accueillera plus de 3 500 exposants de 150 pays et près de 400 000 visiteurs professionnels. Pour Maurice, cette plateforme représente une porte d’entrée vers un marché colossal et en pleine évolution.
Dans son discours d’ouverture, l’ambassadrice de Chine à Maurice, Huang Shifang, a rappelé que la CIIE est née de la volonté de la Chine d’offrir au monde un espace équitable d’échanges commerciaux. «La CIIE est une plateforme pour partager les fruits du développement et parvenir à une prospérité commune», at-elle déclaré. Elle a souligné que depuis la signature de l’accord de libre-échange (FTA) entre la Chine et Maurice en 2021, le commerce bilatéral a atteint 1,2 milliard USD en 2024, marquant une progression constante malgré un contexte économique mondial difficile.
L’ambassadrice Shifang estime que la participation mauricienne à la CIIE illustre la confiance mutuelle et la complémentarité entre les deux économies. «Grâce au FTA, de plus en plus de produits mauriciens – du rhum au sucre en passant par les services financiers et les bijoux – trouvent leur place sur le marché chinois. C’est la preuve tangible que nos liens économiques se renforcent.» Par ailleurs, le directeur adjoint du Bureau de la CIIE, Li Guoqing, l’a décrite comme un «bien public mondial» mis à la disposition des pays partenaires de la Chine. Il a ainsi encouragé les entreprises mauriciennes à tirer parti de la visibilité qu’offre le salon pour «faire rayonner l’image de Maurice comme une île d’innovation, de qualité et de confiance».
Le directeur du pôle Industrie, PME, port franc et logistique à l’EDB, Geerish Bucktowonsing, a, pour sa part, insisté sur le rôle stratégique de la CIIE pour les entreprises locales, notamment les PME désireuses d’exporter vers la Chine. Cette année, 17 entreprises mauriciennes participeront à l’événement, représentant des secteurs variés – agroalimentaire, textile, artisanat, joaillerie, tourisme et services financiers. «Nous devons approcher cette exposition comme une Team Mauritius, unie dans notre créativité, notre qualité et notre ambition», a-t-il affirmé. Il a également salué le soutien logistique et diplomatique de l’ambassade de Chine et des autorités chinoises, qui permettent aux exposants mauriciens de bénéficier d’une visibilité accrue. De son côté, l’économiste et conseiller principal au ministère des Finances, Eric Ng Ping Cheun, a livré une analyse plus large du commerce international et de son impact sur la société mauricienne. Reconnaissant que le pays affiche un déficit commercial important avec la Chine, il a toutefois souligné que ce déséquilibre n’est pas nécessairement un signe de faiblesse. «Quand un pays importe des machines, des équipements, de la technologie, il importe aussi de la croissance future», a-t-il expliqué, en invitant à «lire les chiffres avec nuance».
Il a rappelé, citant Montesquieu, que le commerce libre n’est pas seulement un mécanisme économique, mais aussi une valeur morale : «Le commerce adoucit les mœurs. Il encourage la prudence, le travail, et favorise la paix entre les nations.» Pour lui, Maurice doit davantage s’intégrer dans les chaînes de valeur asiatiques et miser sur des secteurs à haute valeur ajoutée – technologie verte, cybersécurité, énergies renouvelables, finance numérique – afin de rendre la relation sino-mauricienne «plus équilibrée et plus durable».
Le ministre délégué aux Affaires étrangères, Rajen Narsinghen, a, lui, replacé cette coopération économique dans le cadre plus large de la relation historique entre Maurice et la Chine. «Depuis l’établissement de nos relations diplomatiques en 1972, la Chine a toujours été un partenaire fiable et solidaire, qu’il s’agisse d’infrastructures, d’éducation ou de développement communautaire.» Il a également souligné que cette relation «ne repose pas uniquement sur le commerce, mais sur une amitié profonde entre nos peuples», ajoutant que les échanges économiques doivent bénéficier à «tous les Mauriciens, des gros entrepreneurs jusqu’aux plus modestes».
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