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Anciens ministres et députés
La fin des privilèges à vie en France, un exemple à suivre à Maurice
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Anciens ministres et députés
La fin des privilèges à vie en France, un exemple à suivre à Maurice
Photo générée par IA
Le nouveau Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a annoncé son intention de mettre fin aux avantages «à vie» accordés aux anciens Premiers ministres, alors qu’il entame le processus de consultations politiques en vue de faire approuver le nouveau budget par le Parlement.
«Nous ne pouvons pas demander aux Français de faire des efforts si ceux qui sont à la tête de l’État ne font pas de même. La réforme n’est pas toujours pour les autres, car elle suscite la méfiance», a-t-il déclaré dans une interview. À compter du 1er janvier 2026, les anciens membres du gouvernement perdront leurs avantages à vie, comme l’a indiqué Sebastien Lecornu. Les anciens Premiers ministres bénéficieront désormais d’une protection policière pendant trois ans maximum, prolongeable uniquement en cas de menace réelle. Leur avantage consistant en une voiture et un chauffeur financé par l’État sera également réduit à dix ans.
Actuellement, ils disposent d’un secrétaire personnel pendant 10 ans ou jusqu’à l’âge de 67 ans, et aucun changement n’est annoncé concernant cet avantage. En outre, ils recevront une indemnité brute de 15 000 euros par mois pendant trois mois après la fin de leur mandat. En 2024, le coût annuel estimé des avantages accordés aux anciens Premiers ministres et ministres s’élevait à près de 4,4 millions d’euros, dont près de la moitié était consacrée à la protection policière.
Cette initiative a attiré l’attention à Maurice, un modèle à suivre selon Patrick Belcourt et Clency Bibi. Pour Patrick Belcourt, leader d’En avant Moris, «cette décision doit interpeller nos dirigeants. Actuellement, il y a un mauvais mood au sein de la population, une perception de deux poids deux mesures par rapport aux privilèges de nos dirigeants. Nous attendons à ce que nos dirigeants ici à Maurice prennent cela en exemple et rectifie le tir très rapidement. L’exemple doit venir d’en haut et ils ont aujourd’hui une occasion en or pour redresser la situation.»
«Ki pe ariv bann fon piblik?»
Clency Bibi, porte-parole de la General Workers Federation (GWF), est lui aussi du même avis. «Au niveau de la GWF, on a soulevé ce problème plusieurs fois. Nous comprenons qu’un ancien Premier ministre ait besoin d’une certaine sécurité, mais de là à avoir une voiture avec chauffeur a vie aux frais des contribuables, c’est inacceptable. Alors que nous savons tous que notre économie est dans une situation très délicate, que nous sommes appelés à faire des efforts et des sacrifices, il y a toujours des personnes qui reçoivent des privilèges à vie. Il faut noter que beaucoup perçoivent déjà une grosse somme comme pension. Nous avons également attiré l’attention sur le cas de certains députés qui reçoivent des pensions alors même qu’ils n’ont pas accomplis deux mandats de cinq ans à la suite. Donc pour nous ce qui se passe en France est une bonne initiative qu’il faut copier et mettre en pratique à Maurice.»
Nando Bodha, ancien ministre et leader du Rassemblement Mauricien, est d’avis qu’il y a une grande question qui se pose actuellement dans plusieurs pays au sujet du traitement qu’on devrait accorder à tous ceux qui ont servi la République. Si l’impact financier sur le Budget national français, déjà grevé par une dette et un déficit important, sera sans doute limité, cette mesure revêt une importance symbolique considérable.
Nando Bodha a déclaré : «Je crois qu’il y a de nos jours beaucoup plus de désir d’accountability de la part de la société civile que dans le passé. Et il y avait effectivement un régime qui était très onéreux en termes de sécurité, de pension et de faveurs qui ont été faites à nos anciens dirigeants.» Nando Bodha a aussi souligné qu’il faut distinguer entre ceux qui font de la politique pour servir la population et ceux qui considèrent la politique comme une carrière. Ajoutant : «Nou pe dir lapopilasion ki li bizin ser sintir, me li anvi kone ki pe ariv bann fon piblik.» «Tout ce qui paraissait naturel à l’époque, il y a aujourd’hui une remise en cause. Je crois qu’on doit revoir tout le régime, notamment en ce qui concerne la sécurité et les voyages. Un président de la République qui a servi pendant cinq ans et qui après son mandat perçoit les mêmes avantages que quand il était président, je trouve ça inacceptable. Je crois qu’avec une bonne réforme électorale, on peut amener aussi cette modification. Je suis donc pour une remise en cause et un réexamen de tout le régime de privilèges et des benefits accordés aux anciens parlementaires, ministres, vice-Premiers ministres et présidents de la République», a-t-il conclu.
Pour mémoire, lors du débat budgétaire du 24 juin 2025, Gavin Glover, Attorney General, avait clarifié le régime de retraite des anciens membres de l’Assemblée nationale en vertu de la loi de 1976 sur l’Assemblée nationale, notamment la National Assembly (Retiring Allowances) Act. Il avait précisé que les anciens membres doivent avoir exercé au moins deux mandats pour avoir droit à une pension. S’ils sont réélus, ils cessent de percevoir la pension mais reçoivent une indemnité parlementaire. Il convient de noter que si l’indemnité est inférieure à la pension, le membre reçoit la différence. Il a souligné qu’il n’était pas nécessaire d’avoir accompli un mandat complet de cinq ans pour avoir droit à une pension et a expliqué que même quelques mois de service, par exemple en tant que speaker de l’Assemblée, donnaient droit à une pension proportionnelle.
Alors que les anciens députés continuent de percevoir des prestations de retraite substantielles, souvent jugées disproportionnées au regard de leur public service, les citoyens sont fréquemment appelés à faire des sacrifices en période de difficultés économiques. Cette situation soulève des questions quant à l’équité et à la répartition équitable des charges financières et des avantages au sein de la société.
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