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Ganesh Chaturthi
À la rencontre de Bhavish et de Lambodhara, qui fabriquent des «murthis» en terre
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Ganesh Chaturthi
À la rencontre de Bhavish et de Lambodhara, qui fabriquent des «murthis» en terre
La célébration aura lieu ce jeudi 28 août. Leur savoir-faire artisanal perpétue la tradition écologique, soulignant l’importance du respect de l’environnement lors de cette fête incontournable. La sculpture en terre, une pratique ancestrale profondément ancrée dans les traditions culturelles de plusieurs régions du monde, continue d’évoluer à travers des histoires singulières. Deux figures émergent aujourd’hui pour illustrer la richesse de cet artisanat : Bhavish Ramchurrun, jeune prodige de 21 ans, et le groupe Lambodhara, une communauté bien implantée depuis deux décennies. Ces deux parcours, bien que différents dans leur origine et leur approche, incarnent la passion, la persévérance et le respect des méthodes traditionnelles.
Bhavish Ramchurrun : la relève d’un jeune passionné

■ Bhavish Ramchurrun, 21 ans, jeune prodige de la sculpture en terre, perpétue la tradition des «murthis» avec passion et minutie.
■ Vinay Lochun, fondateur du groupe Lambodhara, transmet son savoir et son expérience aux nouvelles générations d’artisans.
Originaire de Sébastopol, Bhavish Ramchurrun a commencé à façonner ses premières sculptures à l’âge de 10 ans. Inspiré par son oncle, lui-même artisan, il a rapidement développé une passion profonde pour la fabrication de murthis – ces statues sacrées utilisées dans les pratiques religieuses hindoues. Aujourd’hui âgé de 21 ans, Bhavish a passé plus d’une décennie à perfectionner son art, alliant tradition et dévouement.
Son processus de création est un rituel précis, respectueux des méthodes ancestrales. Il se rend à Baie-du-Cap pour sélectionner le sol idéal. La qualité de cette terre, riche en minéraux, est essentielle pour obtenir une sculpture solide et fidèle aux traditions. À son retour, il commence par laver la terre pour éliminer toute impureté, puis la sèche soigneusement afin de réduire l’humidité. L’étape suivante consiste à pétrir la terre jusqu’à obtenir une pâte lisse et malléable – une étape cruciale pour garantir la durabilité de la sculpture.
La fabrication d’un murthi peut durer entre deux et quatre jours. Bhavish travaille principalement seul, mais il bénéficie du soutien de ses cousins pour la peinture et la décoration. Sa patience et sa minutie sont remarquables, chaque étape étant une expression de sa passion. Il est également reconnaissant envers des figures comme Avinash Ramtohul, ministre de l’Information, de la communication et de l’innovation, qui l’a soutenu dans ses démarches.
Pour Bhavish, chaque murthi est plus qu’une simple sculpture : c’est une offrande, une transmission culturelle, un lien avec ses racines. Son ambition est de perpétuer cette tradition tout en innovant dans l’expression artistique. Son parcours témoigne de la vitalité de l’art de la terre, encore vivant dans la jeunesse d’aujourd’hui.
Le groupe Lambodhara : une communauté engagée dans la transmission et la solidarité
Le groupe Lambodhara, basé à Union Park, incarne une approche collective de cet artisanat. Fondé en 2001 par Vinay Lochun, âgé de 49 ans, ce collectif s’est constitué autour d’une passion commune pour la sculpture en terre. À ses débuts, la majorité des membres étaient alors encore des enfants, mais aujourd’hui, ils ont grandi et prennent en charge l’ensemble du processus.
Le processus du groupe commence par une expédition dans le sud-est de l’île, où ils collectent le sol nécessaire à la fabrication des murthis. Cette étape, souvent difficile, nécessite une coordination et une connaissance précise du terrain. Une fois la terre récupérée, le groupe la prépare collectivement : nettoyage, séchage, puis pétrissage. La collaboration est essentielle, chaque membre apportant sa pierre à l’édifice et renforçant le lien communautaire autour de cet art ancestral.
Ce qui distingue Lambodhara, c’est aussi la dimension éducative et sociale. Le groupe est soutenu par des sponsors locaux et la transmission du savoir se fait naturellement. Vinay Lochun, avec ses 49 ans d’expérience et Yadav Kanoosingh, président du groupe âgé de 32 ans, jouent un rôle de mentors pour les plus jeunes. Leur exemple inspire une nouvelle génération à s’intéresser à cette tradition, à la fois artistique et spirituelle.
Les membres du groupe ont su évoluer avec le temps, en modernisant certaines techniques tout en respectant les méthodes traditionnelles. Leur œuvre collective ne se limite pas à la fabrication de murthis: c’est un symbole de solidarité, de transmission culturelle et d’engagement communautaire. La participation des enfants, déjà motivés à apprendre, témoigne de la vitalité de cette pratique et de son importance dans la préservation du patrimoine local.
Ces deux portraits illustrent la diversité des chemins menant à la maîtrise de la sculpture en terre. D’un côté, un jeune artisan qui développe son savoir-faire avec passion et patience. De l’autre, une communauté structurée, unie par une tradition partagée et un désir collectif de perpétuer cet art.
La rencontre de ces deux univers montre que la sculpture en terre, loin d’être un art en déclin, se nourrit de la complémentarité entre l’individuel et le collectif, la jeunesse et l’expérience. Elle reste vivante, enracinée dans la culture locale et porteuse d’un message de transmission et de résilience.
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