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Fromage sous surveillance

La STC passe à l’offensive

23 août 2025, 15:00

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La STC passe à l’offensive

■ Le marché local du fromage est dominé par les marques Kraft et Bega.

La State Trading Corporation (STC) renforce son rôle de bouclier contre la flambée des prix. Avec l’entrée en vigueur du Price Stabilisation Fund de Rs 2 milliards pour l’exercice 2025/26, couvrant cinq produits essentiels – lait en poudre, huile comestible, fromage, lait infantile et couches pour bébé –, l’institution publique veut affirmer sa mission de protection du pouvoir d’achat.

Après avoir lancé ses propres marques de lait et d’huile Smatch, la STC se prépare désormais à importer du fromage, dont les prix ont grimpé ces derniers mois. Objectif : stimuler la concurrence et offrir aux familles une alternative plus abordable. Mais la nature périssable du produit impose de nouvelles contraintes logistiques. Pour y répondre, la STC prévoit la construction d’un entrepôt frigorifique à Riche-Terre, au coût de plus d’un milliard de roupies, financé entièrement par ses fonds propres. Les travaux devraient démarrer sous peu et s’achever d’ici un an.

Des discussions sont en cours avec des producteurs étrangers afin d’assurer un approvisionnement régulier. «Le choix final devrait se porter sur un fournisseur néo-zélandais, reconnu pour la qualité de ses produits laitiers», confie une source interne.

Le marché local du fromage est dominé par deux marques, Kraft et Bega, avec une nette préférence pour la première. Pourtant, les écarts de prix restent minimes. «Le choix d’un fromage dépend beaucoup du goût et des habitudes des familles. Il est donc essentiel de proposer un produit de qualité, capable de rivaliser avec ces deux références», souligne-t-on à la STC.

Parallèlement, l’institution finalise un accord avec un nouveau fournisseur de lait en poudre, déjà présent sur le marché via une marque internationale. Si le projet se concrétise, le même lait serait distribué sous deux emballages distincts, dont l’un au label STC, vendu à un prix plus compétitif.

Prudente, la STC veut éviter les erreurs du passé. Le souvenir du lait Amul, importé d’Inde en 2008 par le gouvernement travailliste, largement boudé par les familles, reste encore vif dans les mémoires. Cette fois, elle ne souhaite pas imposer un produit dont l’acceptation dépend surtout du goût et de l’habitude des consommateurs.

Si l’institution publique insiste sur sa mission de protection du pouvoir d’achat, elle réfute l’idée de se transformer en acteur commercial à part entière. «Pour certains produits de consommation courante, nous importons et distribuons via des réseaux indépendants, avec de faibles marges, ce qui permet d’afficher des prix nettement compétitifs dans les grandes surfaces», explique-t-elle. D’autres produits font actuellement l’objet d’études. Ils porteront tous le brand Smatch.

Mais cette politique ne fait pas l’unanimité. Des opérateurs privés s’interrogent sur l’efficacité du mécanisme. «Distribuer les subventions indistinctement à toutes les catégories sociales ne résout pas le problème du pouvoir d’achat. Il aurait fallu cibler les ménages vulnérables, même si un tel dispositif coûte cher et risque de stigmatiser les bénéficiaires», estime le directeur d’une grande chaîne de supermarchés. Et de s’interroger : ce système de subvention est-il soutenable à long terme ?

En multipliant ces initiatives, la STC défend une approche qu’elle juge pragmatique : répondre directement à la flambée des prix et assurer, malgré les critiques, sa mission centrale, qui est de préserver le pouvoir d’achat des ménages dans un contexte inflationniste.

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