Publicité
Secteur bancaire
Bras de fer Sithanen–Bheenick : Un duel qui s’enlise
Par
Partager cet article
Secteur bancaire
Bras de fer Sithanen–Bheenick : Un duel qui s’enlise
■Le gouverneur de la Banque centrale, Rama Sithanen, en compagnie de son premier adjoint, Rajeev Hasnah, mercredi, arrivant pour une conférence de presse.©️Kiranchand Sookrah
Le feuilleton entre Rama Sithanen, gouverneur de la Banque de Maurice, et son prédécesseur de 2007 à 2014 Manou Bheenick est loin de connaître son épilogue. En cause : la nomination de ce dernier à la présidence du pôle bancaire de la SBM Bank, toujours bloquée faute du précieux certificat de fit and proper que seule la Banque centrale peut délivrer.
Mercredi, en marge de la conférence de presse post– Monetary Policy Committee (MPC), Rama Sithanen a profité de la seconde partie de l’échange – consacrée à répondre aux attaques visant sa personne et sa famille – pour clarifier sa position. «M. Bheenick a tout à fait le droit d’aspirer à ce poste, même s’il poursuit la Banque. Toutefois, il y a des critères à respecter», a-t-il lâché, sans préciser lesquels.
Le gouverneur a tenu à rectifier : selon lui, l’ancien gouverneur ne poursuit pas la Banque de Maurice mais bien le gouvernement, auprès duquel il réclame Rs 200 millions. Il rappelle aussi que Manou Bheenick a déjà touché Rs 66 millions, plus les intérêts, versés par la Banque centrale à titre de compensation. «Je suis peiné de ne pas pouvoir trouver une solution à cet effet», a-t-il ajouté, visiblement désireux de désamorcer le conflit.
Dans l’entourage de l’ancien gouverneur, on juge inacceptable le fait que les détails d’un règlement privé soient étalés sur la place publique. Et l’on voit dans ce blocage un parfum de déjà-vu : en 2007, Rama Sithanen, alors ministre des Finances, avait menacé de claquer la porte lorsque le Premier ministre Navin Ramgoolam – déjà à ce poste aujourd’hui – avait nommé Manou Bheenick à la tête de la Banque de Maurice.
Près de deux décennies plus tard, la tension reste intacte. Ce bras de fer n’est pas qu’une querelle d’hommes : il met aussi en lumière la portée stratégique du fit and proper test dans la régulation bancaire, et pose la question de l’indépendance institutionnelle face aux règlements de comptes politiques.
Publicité
Publicité
Les plus récents