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Dimanche à Tamarin
Mgr Durhône bénit les bateaux
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Dimanche à Tamarin
Mgr Durhône bénit les bateaux
Photos: Nicolas Marie-Jeanne (La Vie Catholique)
Tous les ans, lors du deuxième dimanche de juillet, l’évêque de Port-Louis invite les Mauriciens à prier pour les marins, les pêcheurs, tous ceux qui vivent des fruits de la mer et ceux qui les encadrent personnellement et professionnellement. Et ce dimanche 13 juillet n’y a pas fait exception.
En effet, Mgr Jean-Michaël Durhône a célébré une messe pour les gens de la mer au débarcadère de Tamarin, à partir d’un speed-boat spécialement installé pour l’occasion. Il était entouré des pères Mariusz Totlinski et Arnaud Bonassies, respectivement curé et vicaire de la paroisse Saint-Augustin, ainsi que du père Jacques Henri David, aumônier de l’Apostolat de la Mer.
C’est d’ailleurs ce dernier qui a fait l’homélie, rappelant que nous consommons à 90 % des produits qui arrivent par bateaux et qui sont acheminés par des marins. Et, à ce titre, il a tenu à souligner les conditions de vie difficile de ces marins, qui vivent par groupe d’une douzaine dans un espace exigu pendant six mois. «Li pa fasil, bizin for», a-t-il déclaré, invitant l’assemblée à prier pour que les marins aient la force morale nécessaire d’affronter la solitude et le confinement.

Selon lui, les autres défis que ces hommes de la mer rencontrent sont le harcèlement moral. Par exemple, lorsque des marins expérimentés voient d’autres leur passer sur la tête, cela les incite à envisager d’abandonner ce métier. «Le Bureau international du travail s’est d’ailleurs penché sur ce problème et a recommandé la mise en place de systèmes de prévention.»
L’exploitation des marins pêcheurs fait partie aussi de leur vécu, surtout ceux recrutés au Vietnam ou à Madagascar. «On les fait signer un contrat, et c’est seulement à bord qu’ils découvrent les manquements.» Le manque de relève chez cette population vieillissante est également source de préoccupation. Sans compter le dérèglement climatique qui met leur vie en péril.
Vu la transformation des techniques de pêche, le père David a plaidé pour la création de programmes de formation adaptée et a encouragé les jeunes à poursuivre des études universitaires dans les métiers de la mer. Il a rappelé que ce métier n’est pas épargné par le fléau de la drogue. «Les pêcheurs ont besoin de résistance, et il n’est pas rare qu’ils achètent une dose avant de partir en mer», a-t-il déploré.
Le père David a aussi exhorté ceux présents à faire preuve de compassion envers les marins, pêcheurs et gens de la mer, à l’exemple du Christ, et a eu une pensée spéciale pour le jeune Tareq Narod, disparu en mer depuis le 6 juillet, demandant de prier pour lui. Mgr Durhône a procédé à la bénédiction des bateaux.
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