Publicité

Argentine

Nouveau revers au Parlement pour les réformes de Milei

15 mars 2024, 03:55

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Nouveau revers au Parlement pour les réformes de Milei

Les réformes du président ultralibéral argentin Javier Milei ont subi jeudi un nouveau revers, quoique temporaire, pour leur deuxième examen au Parlement, avec le rejet par le Sénat du «méga-décret» dérégulateur publié au début de sa présidence et à ce jour partiellement en vigueur.

La Chambre haute, où le parti libertarien de Milei n'est que la 3ᵉ force, comme à la Chambre des députés, a rejeté par 42 voix contre, 25 pour et 4 abstentions le «décret de nécessité et d'urgence» (DNU), deuxième étage de la fusée ultra-libérale de l'économiste-président au pouvoir depuis trois mois.

Le vote, qui n'est qu'une demi-surprise, ne présage pas du sort du décret, qui doit encore passer à la Chambre des députés. L'approbation d'une seule des Chambres suffira.

Il n'en illustre pas moins les difficultés de Javier Milei, qui a fait irruption en politique il y a deux ans, à composer avec le pouvoir législatif.

Le mois dernier, le troisième étage de ses réformes, la pharaonique «Loi omnibus» aux plus de 300 dispositions touchant maints aspects des sphères publique ou privée (commerce, culture, éducation, retraites, divorce, etc), avait été retoquée par les députés, renvoyée en commissions, où l'exécutif tente désormais de sécuriser des accords en amont d'un vote.

Le premier étage «choc» des mesures Milei, pour sa part, est bel et bien en place depuis le surlendemain de son investiture, et asphyxie le pouvoir d'achat, l'activité économique, sans dompter encore l'inflation (276% en interannuel) : dévaluation de plus de 50% du peso, fin des subventions aux transports et à l'énergie, fin de facto du contrôle de prix, fin des chantiers publics d'infrastructure, etc.

Le DNU qu'étudiait le Sénat jeudi avait été publié quelques jours plus tard : il vise à modifier ou abroger plus de 300 normes existantes, supprimant notamment l'encadrement des loyers, des prix de produits essentiels, assouplissant le droit du travail, ouvrant la voie à des privatisations. Que la «Loi omnibus» définirait.

Ce DNU est techniquement entré en vigueur, mais sous réserve d'être approuvé par le Parlement. Pour autant, certains de ses pans ont été «suspendus préventivement» --c'est le cas des réformes du droit du travail-- à la suite de recours en justice, les tribunaux renvoyant la balle à «une résolution sur le fond». Autrement dit un examen législatif.

«Un monstre»

Le sénateur Martin Lousteau, dirigeant de l'UCR (radical, opposition modérée à Milei) avait plaidé, en annonçant son vote contre le méga-décret «une raison très simple. Il est inconstitutionnel». Ceux qui approuvent cet outil de gouvernance «sont en train de créer un monstre», a-t-il lancé.

Par avance, l’exécutif avait minimisé jeudi un éventuel rejet du Sénat. «Non seulement nous avons un Plan B, mais nous avons un Plan C pour toutes les situations (...) vers notre objectif d'une Argentine différente, plus libre et prospère», a déclaré le porte-parole de la présidence en amont du vote, qui est «seulement une étape.»

Publicité