Terres d’exil

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Quand des jeunes qui ont la vie devant eux se retrouvent face à des horizons bouchés, sans la moindre lueur, ils essaient de s’enfuir, de fuir. À Maurice, ceux qui ont la possibilité d’étudier sous d’autres cieux s’envolent trop souvent pour ne jamais revenir. D’autres encore, incapables de s’acheter un appartement, vont chercher du travail à l’étranger, souvent sur des bateaux de croisière, ou dans des boucheries au Canada pour échapper aux faibles salaires de, disons, l’hôtellerie ; ce qui provoque de l’urticaire du côté de l’AHRIM et du ministère du Tourisme, en raison du sérieux manque de maind’oeuvre locale et de la levée de boucliers pour importer la main-d’oeuvre étrangère. 

En Russie, beaucoup de jeunes fuient, ces tempsci, leur pays pour ne pas participer à la barbarie de la guerre en Ukraine. Mais ce week-end l’un d’eux a choisi de se donner la mort au lieu de se sauver. Le rappeur Ivan Petunin s’est suicidé et dans son message d’adieu il dit : «Nous sommes tous prisonniers d’un maniaque, je ne veux pas aller tuer des gens (…) j’ai choisi d’être un homme qui n’appuie pas ce qui se passe actuellement.» 

La mort de Petunin va amplifier le rejet de la guerre par les jeunes. Elle menace, cependant, d’augmenter le risque d’escalade nucléaire, au point de faire craindre des conséquences incontrôlables au niveau mondial. Si le Kremlin n’arrive pas à mobiliser les troupes requises pour soutenir sa guerre, la tentation d’appuyer sur le bouton rouge sera encore plus grande… 

La situation économique ici et la guerre d’un dictateur là-bas amplifient la fuite des cerveaux qui a des effets négatifs – insoupçonnés et incalculés – sur la croissance et le développement économique. 

Alors que l’immigration des travailleurs étrangers (avant-hier chinois, puis indiens, et désormais bangladais) s’intensifie, l’émigration mauricienne s’accélère depuis une décennie en raison de cette mondialisation qui tend à paupériser les pays vulnérables comme le nôtre, en forçant nos meilleurs diplômés ou travailleurs à l’exil, loin de leurs parents qui meurent, trop souvent, sans voir les leurs s’épanouir professionnellement. 

Il y a quelques années, Lutchmeenaraidoo a tenté en vain d’inverser l’exode durable que nous connaissons. Plusieurs études démontrent que tant que les facteurs conduisant à l’émigration (crises économiques, taux de chômage élevé, manque de services sociaux adaptés comme la santé et l’éducation, communalisme, népotisme et absence d’égalité des chances et de justice sociale, etc.) persisteront, il serait quasi-impossible de faire revenir les expatriés, surtout les jeunes. 

Avec une stratégie bien ficelée, notre émigration pourrait évoluer progressivement – et positivement en notre faveur. Avatar de la colonisation, elle pourrait potentiellement se muer en la diaspora de l’intelligence, grâce à Internet qui nous rapproche de ceux qui ont pris leurs distances et qui nous permet aussi de travailler de n’importe où dans le monde…

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