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Kreol dans l’hémicycle: il y a toujours un mais…
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Kreol dans l’hémicycle: il y a toujours un mais…
La langue kreol pa pas par kat sime, pour dire le fond de sa pensée. Mais quand des hommes politiques parlent d’ouvrir l’Assemblée Nationale à la langue maternelle, l’exercice de kas kontour devient un art.
Retour au jeudi 5 mars, Journée internationale de la langue maternelle. Pure coïncidence ? Ce jour-là, les principaux partis ont précisé leur position sur l’introduction du kreol au Parlement.
Le matin, Leela Devi Dookun-Luchoomun, vice-Première ministre et ministre de l’Éducation assiste à la cérémonie marquant la journée de la langue maternelle, au Mauritius Institute of Education. Elle ne fait aucune mention du kreol au Parlement dans son discours officiel.
Toutefois, à une question de la presse, elle répond : «Il faut s’assurer que toute personne qui utilise la langue, le fasse correctement. On ne peut pas se permettre, vu les efforts qui sont déployés, de ne pas le faire. Nous espérons que tout le monde va apprendre à l’utiliser correctement.» Le journaliste insiste et rappelle qu’une réponse parlementaire avait indiqué qu’il fallait préalablement former le personnel de l’Assemblée Nationale.
Leela Devi Dookun-Luchoomun renchérit : «Bizin donn letan. D’une part, pour que ceux qui s’occupent du Hansard (NdlR : compte rendu des travaux parlementaires) l’écrivent correctement et d’autre part, afin que ceux qui utilisent la langue au Parlement en fassent bon usage. Nous espérons qu’à la longue, il y aura toutes les conditions requises pour l’introduction du kreol au Parlement». Cela interviendra-t-il durant le présent mandat ? «Cela dépendra de la vitesse à laquelle des gens vont demander des formations. Nou pa bizin pous bann zafer. Nou bizin les li fer natirelman.»
Dans l’après-midi du 5 mars, ledikasyon pu travayer a pour sa part convié les partis à un débat. Le thème : «Avek konsansis miltipartit deza, kan e kuma pu introdir kreol dan Lasanble Nasyonal, akote angle franse.» Le Premier ministre a décliné l’invitation. À la même heure, il prenait livraison de l’Investigator II, bateau de fabrication australienne dédié à la formation et à la recherche.
Également invité, le leader de l’opposition n’y était pas. Le Parti travailliste était, lui, représenté par le député Cader Sayed Hossen. Ce dernier affirme : «nous sommes tout à fait d’accord avec l’introduction du kreol au Parlement. Mais il y a deux trois choses à corriger. Il faut reconnaître formellement le kreol comme la langue nationale. C’est au gouvernement de le faire.» Il propose également de «donner un nom» à la langue kreol, par exemple, le «morisien».
Après avoir parlé au nom de son parti, Cader Sayed Hossen s’exprime cette fois-ci en son nom personnel. «Je préfère que la langue officielle reste l’anglais.»
Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien, également présent, a rappelé que son parti est en faveur de l’introduction du kreol au Parlement, et cela, «depuis des années». Selon lui, il n’y a pas de «grandes difficultés». Il s’est référé à une série de questions parlementaires qui, «maintiennent la pression» sur ce sujet. «Tout ce que l’on dit aujourd’hui a déjà été soulevé il y a dix ans de cela» au Parlement. Comme par exemple la formation du personnel qui gère le Hansard.
Ce qui lui fait dire : «Le MSM a toujours donné l’impression qu’il est d’accord avec cela. Mais il n’a aucune intention d’introduire le kreol au Parlement.» Paul Bérenger a aussi souligné qu’il n’y a «aucune mention» de l’introduction du kreol au Parlement dans le discours-programme. «Ce sont des delaying tactics.»
Enfin, Patrice Armance représentant du Parti mauricien social-démocrate a suggéré que, «pour réfléchir à la question en profondeur, il faut un Select committee. Et à partir des recommandations, commencer l’introduction petit à petit.» À titre d’exemple : «si au Parlement quelqu’un traite quelqu’un d’autre de bouffon, cela ne fera pas honneur à la langue kreol.»
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