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Production laitière qui stagne: la vache !

5 mars 2020, 18:15

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Production laitière qui stagne: la vache !

Les Mauriciens consomment de moins en moins de lait frais. Si le ministère des PME tire la sonnette d’alarme, les éleveurs de vaches, eux, espèrent qu’on leur apportera des solutions.

Sunil Bholah, ministre des PME et des coopératives, reconnaît les difficultés auxquelles fait face le secteur. La production laitière stagne depuis des années. «On est loin d’être autosuffisant en matière de production laitière», déclare-t-il. Le drame serait le manque d’intérêt de certains, qui n’osent pas s’aventurer dans ce secteur. «L’élevage des vaches exige beaucoup de temps et de peine», souligne Sunil Bholah. «Il n’y a ni week-end, ni jour de congé et il faut accorder beaucoup de temps à ces animaux.» De ce fait, le ministère des PME et des coopératives et celui de l’Agro-industrie s’activent pour trouver des solutions.

Les éleveurs sont unanimes à dire qu’une relève incertaine n’est pas le seul obstacle. «On avance à reculons !» fustige Louis Berty Desmarais, éleveur depuis une vingtaine d’années. Cet habitant du Bouchon s’attend au pire pour son business car plusieurs de ses collègues ‘ferment boutique’. «Le nombre de clients ne cesse de diminuer. Ce ne sont que les vieilles personnes qui consomment du lait frais, les jeunes n’aiment pas. Zot dir li gagn gou kri», constate Louis Berty Desmarais. Ce dernier affirme qu’il n’est en effet pas le seul dans l’impasse. Comme lui, ils sont des dizaines d’éleveurs à vouloir abandonner l’élevage. «Beaucoup ont vendu leur bétail. Après de longues années dans le métier, ils sont obligés de changer d’horizon. C’est triste car pour certains l’élevage de vaches a été un business familial pendant plus de trois générations.»

Sanjay Bissoonee, éleveur à Camp-Carol depuis une quinzaine d’années, parle de manque de facilités. «Obtenir un permis pour élever des animaux est ardu», signale ce dernier. «Les démarches sont interminables avant de pouvoir se procurer un permis.» En sus des documents à obtenir, cet homme de 31 ans parle des bénéfices qui se font rares. «Vendre du lait aux grandes compagnies ne nous rapporte rien. Elles veulent faire 100 % de profit.» Ce dernier songe d’ailleurs à changer de métier. «J’ai une licence en management et je pense me tourner vers un autre domaine.»

Jeet Mohabir est tout aussi découragé que ses collègues. Cela fait trois ans qu’il a abandonné la traite pour se mettre à la production de viande. «Je m’occupais de dix vaches qui produisaient 130 litres par jour, cela faisait beaucoup», souligne cet habitant de l’Escalier. «Très souvent je n’arrivais pas à tout vendre et je me retrouvais avec des centaines de litres de lait qui se gâtaient.» De plus, les compagnies en demandent beaucoup plus. «Elles demandent 300 à 350 litres par jour. Malheureusement pour moi, ce n’est pas possible de les satisfaire.»

Au Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI), l’on confirme que les chiffres de production laitière ont chuté drastiquement au fil des années. «Les éleveurs font face à de grandes difficultés», nous fait comprendre un fonctionnaire. «D’abord, la nourriture pour bétail est extrêmement coûteuse et le lait importé fait une grande concurrence au lait local», soutient-on. En outre, dans le passé, il était plus facile que maintenant d’élever un animal dans son arrière-cour. «Du coup, du côté du FAREI, nous conseillons aux éleveurs d’augmenter leur productivité et de produire plus par unité.»

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