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VIH: Nathalie veut continuer à vivre
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VIH: Nathalie veut continuer à vivre
Dans son fauteuil roulant, elle jongle entre traitements et tâches quotidiennes. Nathalie, 42 ans, toxicomane et séropositive, ne peut plus se déplacer suivant une infection. Aujourd’hui, elle a retrouvé l’espoir grâce à de nouveaux antirétroviraux. Récit à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée hier, samedi 1er décembre 2018.
«J’avais des problèmes conjugaux. Cela me fatiguait. Une dame qui travaillait comme bonne chez moi se droguait. C’est comme ça que j’ai commencé à mon tour», confie Nathalie. Âgée de 42 ans, cette ancienne employée de vente et de marketing a vu sa vie basculer dans la toxicomanie.
Elle avait alors une vingtaine d’années et est vite devenue accro. Les injections de drogue lui étaient alors devenues vitales. Essayant des traitements à la méthadone en 2010, un test lui révèle alors une autre réalité : le Virus de l’immunodéficience humaine (VIH). C’est alors la consternation : «C’était un choc. J’étais inquiète. Je me demandais sans cesse ce qu’il adviendrait de moi ou encore de ce que penserait ma famille.»
«Je ne pouvais plus marcher»
Face à cette nouvelle, Nathalie se mure dans le silence. Elle ne veut et ne peut rien dire à sa maman ni à ses proches. Puis, il y a la crainte de la stigmatisation. La malade est alors vouée au secret… jusqu’au jour où elle rencontre les membres de l’association de soutien Aides, Infos, Liberté, Espoir et Solidarité (AILES). Elle suivait alors un traitement à la méthadone à l’hôpital Victoria, à Candos, et un autre aux antirétroviraux. «Je devais prendre six à sept comprimés par jour. Je ne pouvais suivre mon traitement régulièrement. J’avais des effets secondaires comme des vomissements entre autres. C’était trop lourd», relate-t-elle.
En 2016, la situation empire pour Nathalie. Sujette à des vertiges, elle fait le va-et-vient à l’hôpital jusqu’à une admission de deux semaines. Un examen est effectué au niveau de sa colonne vertébrale, selon ses dires. «C’était douloureux. Après cela, j’ai ressenti des engourdissements aux pieds. Lorsque je suis sortie, je ne pouvais plus marcher. Les vertiges s’amplifiaient.»
Face à ce problème, Nathalie peine à pouvoir récupérer son traitement à la méthadone. Les responsables d’AILES entament alors les démarches pour des analyses à La Réunion en 2017. Selon Nathalie, les médecins lui ont indiqué que ces complications seraient liées à une infection due au VIH. «L’infection n’aurait pas été traitée convenablement et se serait développée.»
Effets secondaires moindres
À son retour, l’hôpital lui prescrit une physiothérapie mais avec sa difficulté à se déplacer, elle ne peut guère y adhérer. Par contre, un traitement antirétroviral prescrit de La Réunion lui est dispensé à travers l’intermédiaire de l’Aids Unit, soutient-elle. Prenant désormais trois comprimés par jour, Nathalie affirme ne plus ressentir de gros effets secondaires. Elle a, en revanche, du mal à se déplacer pour le traitement à la méthadone.
De son fauteuil roulant, Nathalie continue à vaquer à ses occupations ménagères comme la cuisson, entre autres. «Ce n’est pas facile comme je suis toute seule. Quand ça ne va pas, je me tourne vers la psychologue de l’association», déclare la quadragénaire qui subsiste grâce à une pension.
Enthousiaste, Nathalie veut désormais s’adonner à des cours artisanaux, histoire de meubler son temps et de continuer à vivre.
La prévention
<p style="text-align: justify;">En sus de la progression des traitements, la prévention demeure le cheval de bataille pour éviter le VIH. À l’occasion de la 30e Journée mondiale de lutte contre le sida, PILS a lancé la campagne #ESKITONNFERLI, visant à encourager les Mauriciens à connaître leur statut sérologique. Des dépistages ont débuté depuis le samedi 1er décembre. </p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs traitements préventifs sont aussi disponibles, selon Malika Mohabeer Hart, notamment la Prep. Celle-ci est prise par des personnes n’ayant pas le VIH mais qui se sentent à risque. Ils peuvent ainsi éviter l’infection. </p>
<p style="text-align: justify;">Quant à la Prophylaxie postexposition (PPE), il s’agit d’un moyen de prévention pour une personne exposée au virus, comme dans le cas d’une relation sexuelle à haut risque et non protégée ou une piqûre accidentelle avec une aiguille contaminée.</p>
<p style="text-align: justify;">Soins antirétroviraux: vers une meilleure gestion de la maladie</p>
<p style="text-align: justify;"><em>«Après le premier cas détecté en 1987, un plaidoyer avait été fait par Nicolas Ritter, de l’association Prévention, Information et Lutte contre le Sida (PILS). Et durant cette période, les traitements antirétroviraux (ARV) étaient très lourds»,</em> confie Brigitte Michel, fondatrice et coordinatrice du projet. </p>
<p style="text-align: justify;">Au départ, environ 18 médicaments devaient être pris par les personnes séropositives. Désormais, le traitement en est constitué d’environ quatre. Et pour ceux pouvant adhérer à des traitements de l’étranger, seul un médicament est nécessaire, indique-t-elle. </p>
<p style="text-align: justify;">Elle ajoute que des efforts sont faits pour trouver de nouvelles molécules pour les antirétroviraux. En effet, celles-ci favorisent alors une charge virale indétectable. Cela implique que la quantité de virus présents dans le sang est très faible. À la fin de 2016, 1 227 personnes séropositives avaient une charge virale indétectable, alors que 4 884 figurent dans le système de soins, ajoute notre interlocutrice. </p>
<p style="text-align: justify;">Cette différence serait liée au fait que ces personnes n’ont pas été soumises aux examens de charge virale, précise-t-elle. D’ailleurs, l’efficacité des ARV pour réprimer la réplication du virus est soulignée par le Dr Malika Mohabeer Hart, de PILS :<em> «Lorsque ces différents ARV sont combinés, ils sont encore plus efficaces pour contrôler le virus. Le patient est moins susceptible de développer une résistance au traitement.» </em></p>
<p style="text-align: justify;">Elle ajoute que si celui-ci n’a pas d’autres infections et suit bien le traitement, <em>«le virus est supprimé à un point où il ne se transmet plus».</em> Ainsi, les personnes vivant avec le VIH disposent alors d’une meilleure qualité de vie avec un système immunitaire rétabli qui peut vaincre les infections et permet d’éviter la progression au stade du sida. </p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, plusieurs séropositifs n’adhèrent pas aux soins. Pourquoi ? «<em>Ces personnes sont stigmatisées, rejetées par la famille et souvent n’ont pas de toit. Comme plusieurs vivent dans la rue, les médicaments sont trempés ou perdus»</em>, précise Brigitte Michel. Il est donc impératif de les responsabiliser sur les ARV.</p>
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