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Droits d’auteur de Kaya: la bagarre continue

21 février 2018, 10:15

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Droits d’auteur de Kaya: la bagarre continue

Un vrai casse-tête. C’est ce à quoi ressemble la succession de Kaya. Attention, ce n’est pas du côté de la famille (son épouse Véronique Topize et ses enfants Azaria et Lumia) que sont les difficultés. Bien au contraire. Dans leur cas, les choses sont claires. Ils sont les héritiers des droits de l’auteur-compositeur, créateur du seggae, qu’était Joseph Réginald Topize.

Par contre, en ce qu’il s’agit des éditeurs (et/ou producteurs), c’est un véritable imbroglio que la Mauritius Society of Authors (MASA) n’a pas encore réglé. Cela, 19 ans après la mort de Kaya en prison, le 21 février 1999.

À la MASA, une source autorisée explique que la difficulté vient du fait que Kaya, l’auteur-compositeur a signé des contrats avec plusieurs éditeurs. «On ne sait pas dans quelles conditions ces contrats ont été signés. Kaya lui-même n’est jamais venu enregistrer ses chansons à la MASA».

La MASA, créée par la Copyright Act de 1986, devient opérationnelle en 1989. Le «timbre» de la MASA existe depuis 1997. Il est remplacé par l’hologramme en 2004. Ce n’est qu’à partir de là qu’il est obligatoire pour un album original de porter l’hologramme métallisé de la MASA. Celle-ci n’est habilitée à gérer les droits des producteurs que depuis les amendements à la Copyright Act en 2017. «Dans le cas de Kaya, on parle de choses qui se sont déroulées avant la mise en place de la MASA».

Pour corser l’affaire, il faut savoir que Kaya était enregistré à la Société des Auteurs, Compositeurs, Éditeurs de Musique (SACEM), en France. Des négociations ont déjà eu lieu entre la MASA et la SACEM pour que la MASA gère les droits pour le territoire mauricien. «C’est le cas pour environ 70 artistes mauriciens, dont Serge Lebrasse qui est parmi les membres fondateurs de la MASA». Si c’est bien la MASA qui gère ce dossier «compliqué», il ne pourra être réglé qu’après, «clarification avec la SACEM sur comment payer l’éditeur», indique-t-on.

«Monn fed up ar sa»

Les albums de Kaya portent la griffe de plusieurs éditeurs/producteurs successifs. On recense Percy Yip Tong (Seggae Nu Lamizik), Mirason (Racine pe brile), Gaëtan Valentin, Discorama à La Réunion. Puis Harbour Music qui est poursuivi en cour. Cela après que Bee Vedachellum de la maison de disques Meli Melo, a porté plainte à la police contre Harbour Music, pour exploitation et commercialisation de trois de ses albums : ceux de Kaya, Berger Agathe et Gérard Bacorilall. L’affaire remonte à 2012. Interrogé, Bee Vedachellum indique qu’il ne «sait pas» où en est l’affaire. «Monn fed up ar sa». De source autorisée à la MASA, il ressort que l’affaire est toujours devant les tribunaux.

«Les droits sont gérés par titre de chanson. On ne s’y retrouve plus», avoue-t-on. D’autant plus qu’un même titre figure souvent sur plusieurs albums, portant parfois un autre titre, enregistré avec des musiciens et des arrangements différents.

L’éditeur détient-il des droits à vie sur les enregistrements ? Une source autorisée à la MASA explique que, «à moins que cela soit stipulé autrement dans le contrat entre l’artiste et l’éditeur, les droits durent 10 ans».


Kaya, comment évaluer les ventes ?

<p>Combien de cassettes et CD Kaya a-t-il vendus ? Difficile à dire. À titre indicatif, nous reproduisons les chiffres concernant uniquement l&rsquo;album <em>Seggae Nu Lamizik</em>, qui figurent dans le jugement de l&rsquo;affaire Percy Yip Tong vs <em>Power Music Shop</em>. L&rsquo;éditeur estimait alors que, <em>&laquo;environ 100 000 cassettes ont été vendues à Maurice et Rodrigues&raquo;</em>. Il parle d&rsquo;environ<em> &laquo;25 000 cassettes vendues à La Réunion et 5000 cassettes vendues aux Seychelles&raquo;.</em></p>

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