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Berguitta, le révélateur de nos insuffisances

22 janvier 2018, 04:39

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Berguitta, le révélateur de nos insuffisances

«Les inondations nous rappellent que nous jetons notre saleté partout. Le cyclone nous rappelle que beaucoup de nos compatriotes vivent dans des logements précaires et indignes de notre niveau de développement.» Ce commentaire de l’internaute Johny Cash indique bien que Berguitta a été un retour à la réalité pour de nombreux compatriotes.

La pagaille à l’aéroport et dans les centres de refuge, les hotlines des services essentiels restées hors d’usage sont autant de signes de l’impréparation des autorités à faire face à une situation de catastrophe naturelle. Tous ces manquements se cristallisent autour de la bévue du ministre Sinatambou, lors d’une communication télévisée. «The ‘dilo-biskwi’ soliloquy of Etienne Sinatambou simply reveals that Government and its associated agencies were never ready to deal with such eventualities as cyclones and floods», estime l’internaute Mbc.Tv.

La polémique autour de la nourriture offerte aux sinistrés n’aurait jamais dû avoir lieu. «Le plus simple serait d’acheter et de stocker des rations MRE (Meal, Ready-to-Eat) FRH (Flameless Ration Heater qui se réchauffe au contact de l’eau) pour les réfugiés et les distribuer aux nécessiteux en cas de non-utilisation», recommande Pierre Yvan Ducasse.

Le désarroi manifeste face à l’adversité au moment des catastrophes naturelles est attribué à un manque de planification de la part des plus hautes autorités. «Pas de budget pour des catastrophes naturelles, mais pour des projets pharaoniques», fait remarquer Brain. Pour sa part, Calife déplore l’absence de réalisme dans la définition des priorités. «We wouldn’t even have a Dopler radar, but we will find Rs 18 bn for a metro nobody asked for», écrit-il.

Les inondations dans presque toutes les régions du pays à la première averse ont mis en évidence le manque de professionnalisme dans certaines institutions publiques. «In the ministries, no priority is given to sectoral studies and master plans», deplore Shashi.

L’amateurisme noté par rapport à l’évacuation des eaux de pluie et l’entretien des drains est signalé par les internautes. «Capacité pou évacuer l’eau de surface ki faire défaut. Béton, asphalte, mur, parking au lieu espace vert, tou ça finn contribué», explique Morvan. Et Debonomz de relever que «there is no adequate recycling strategy, but inefficiency, poor management and lack of vision».

Tout cela pousse les internautes au pessimisme et ils disent ne rien attendre de la nouvelle institution créée pour gérer l’évacuation des eaux pluviales. «The Land Drainage Authority will just be another inefficient parastatal body, staffed by rodeur boutes and political agents. It will not solve the problem of flooding», dit Charlie.

Plusieurs commentateurs déplorent l’incivisme de nombreux compatriotes, parfois encouragés par l’inefficience des services des collectivités locales. «L’enlèvement des ordures ménagères n’a lieu que toutes les deux à quatre semaines.. .alors les gens jettent tout dans des terrains en friche», rapporte Carreau. Pour mettre fin à cette situation, Vox Populi recommande discipline et fermeté. «Gestion, éducation et répression. Il n’y a pas d’autres moyens pour arriver à une île Maurice propre !» Et Sewraj Awmee de renchérir : «Garbage should be managed intelligently. Sensitization and action by all Mauritians are important.»

D’autres internautes font des suggestions, parfois très terreterre, comme demander aux condamnés de faire du travail communautaire. «Why not organize a task force comprising of prisoners, prisons officers and district council staff to regularly clean the drains throughout the Island?» se demande Tony Lingiah. Cheri, pour sa part, trouve que «fine arrive l’heure pou ajoute tax lor bouteille plastic».

Le pays a été confronté à des difficultés durant la semaine écoulée. Cela changera si les autorités et les citoyens changent d’attitude. «We need less government and better governance», dit Raj Ramlogun tandis que Bunkumproof considère que «Singapour a choisi l’excellence, alors que nous célébrons le batt battée !»
 

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