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Lakshana Bunghoo: «Un système informatique sécurisé à 100 % relève de l’utopie»

24 décembre 2017, 18:30

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Lakshana Bunghoo: «Un système informatique sécurisé à 100 % relève de l’utopie»

La Mauricienne Lakshana Bunghoo n’a que 21 ans. Et elle a déjà un beau parcours. En sus d’être major de sa promotion de licence en Computer Forensics & Securities auprès de l’université privée Taylor, en Malaisie, elle a obtenu un emploi en la matière auprès d’une multinationale dont le siège est en Suisse. 

Lakshana Bunghoo est originaire de Rivière-des-Anguilles. Sa mère est fonctionnaire au département des douanes et son père policier depuis 25 ans. Sa jeune sœur est en Form III au Forest-Side SSS Girls. Lakshana voue une admiration sans bornes à ses parents. Qualifiant sa mère «d’épine dorsale» qui l’a toujours soutenue contre vents et marées. Quant à son père, dit-elle, il est son «plus grand supporteur» dans toutes ses entreprises. Elle apprécie aussi l’œil acéré et l’esprit critique et analytique de sa jeune sœur, qui lui ont permis de s’améliorer.

L’excellence a jalonné le parcours scolaire de Lakshana Bunghoo, qui a complété son cycle primaire à l’école Hugh Otter Barry, à Curepipe, et obtenu 6A+ au défunt examen de Certificate of Primary Education. C’est vers l’âge de neuf ans, alors qu’elle se trouve en Std  IV, qu’elle utilise pour la première fois un ordinateur.

«J’ai dactylographié un petit poème et je garde encore en mémoire les souvenirs de ma mère m’aidant à le mettre en page. Depuis ça, j’ai développé un intérêt pour le domaine et ma curiosité m’a poussée à m’initier aux technologies de l’information après le primaire et de suivre un cours menant au certificat IC3.»

Ses résultats de fin de cycle primaire lui ont ouvert les portes du collège Dr Maurice Curé. Elle obtient six unités à son examen de School Certificate et se classe première pour Maurice en hindi. Comme récompense, le Cambridge Outstanding Learner Award lui est décerné. Pour son examen final de Form VI, elle se classe 23e après les lauréates dans la filière scientifique.

 Meilleures notes

Lakshana Bunghoo, qui a bien pris ses renseignements, veut étudier le Computer Forensics & Securities comme matière principale d’études universitaires. Elle choisit ce domaine parce qu’il «croît de façon exponentielle au point de rétrécir le monde et qu’avec les nouvelles technologies et les innovations dans le secteur des technologies de l’information et de la communication, il y a des risques qui croissent aussi en parallèle. Je crois que j’ai développé une passion pour le sujet et pour les investigations juridico informatiques. Et puis, le fait que mes parents soient tous deux dans des secteurs où l’on fait appliquer la loi n’est pas étranger à mon choix».

Plusieurs universités au monde offrent des cours en Computer Forensics & Securities. Pourquoi avoir choisi la Malaisie ? «C’est le pays où je pouvais étudier ce sujet dès la licence. Ensuite, comme la Malaisie est un pays en développement, il y a une forte demande au niveau des emplois à pourvoir en technologie de l’information et de la communication. Ce facteur, ainsi que le climat qui ressemble à celui de Maurice, ont dicté mon choix», raconte-t-elle.

Elle s’inscrit à l’université Taylor, établissement d’études supérieures privé affilié à d’importantes universités américaines et australiennes et classé parmi les 250 meilleures universités d’Asie par le QS Asia Rankings. Les résultats de la jeune femme font qu’on lui offre une bourse complète. Et pendant toute la durée de sa licence, elle figure sur la liste du doyen de la faculté en raison du fait qu’elle a les meilleures notes à chaque trimestre.

 Assister les juniors

Si Lakshana Bunghoo s’applique dans ses études, elle est aussi partisane d’une vie équilibrée et participe à de nombreuses activités extrascolaires. Humble, elle n’hésite pas à encadrer les étudiants plus jeunes qui ont du mal à maîtriser les concepts. «En fait, j’ai été professeur auxiliaire et j’ai assisté mes pairs pendant deux ans, partageant avec mes juniors les choses que j’ai apprises et leur donnant des tuyaux et des astuces pour maîtriser leurs sujets respectifs», dit-elle.

Elle complète ses double diplômes auprès de l’université Taylor et celle de West England et sort major de sa promotion. «Cela fait vraiment du bien lorsque le dur labeur est récompensé. Mais j’ai toujours gardé la tête froide», confie-t-elle dans cet entretien par mél.

C’est aussi le cas lorsqu’elle est approchée par un employé du département des Ressources humaines d’une multinationale pour lui proposer de passer six rondes d’interviews en vue d’obtenir un emploi permanent. Elle se prête à l’exercice de bonne grâce et n’a aucune peine à décrocher l’emploi. Elle commence à travailler en mars 2018 et bien que sa base d’opération soit la Malaisie, elle devra régulièrement faire la navette entre ce pays et la Suisse.

Emploi ou pas, rien n’empêchera Lakshana Bhungoo de continuer ses études. En sus de sa licence, elle a obtenu plusieurs certifications comme le Certified Penetration Testing Professional, le Certified Web Defense Professionnal, le Certified Mobile Device Defense Professionnal en Android et celui d’EC Council Certified Encryption Specialist. Elle a prévu d’embrayer avec une maîtrise en ligne en Computer Forensics & Securities.

Appelée à définir le Computer Securities, elle évoque la protection des biens informatiques (hardware, logiciel, données et même les réseaux) contre le piratage ou les dommages à travers l’application de moyens techniques comme l’encryptage et la sécurité physique. «Le Computer Forensics est en quelque sorte l’autopsie d’un processus lorsqu’un crime informatique a été commis. Il appartient à l’enquêteur de récupérer les preuves à charge ou à décharge en cherchant dans les ordinateurs.»

 Acquérir de l’expérience

Elle est connue comme un White Cap Hacker. «Ce sont des experts parvenant à identifier et compromettre des vulnérabilités dans les systèmes informatiques. Ils utilisent leur expertise pour sécuriser le système à partir des vulnérabilités découvertes. Les White Cap Hackers sont généralement employés par des organisations pour tester le niveau de sécurité de leurs biens informatiques.»

Un système informatique peut-il être sécurisé à 100 % ? «En tant que White Cap Hacker, je peux acheter les protections les plus onéreuses et prendre toutes les précautions pour protéger le système. Cependant, le modus operandi des pirates informatiques varie grandement de nos jours. Un pirate peut concevoir un nouveau type d’attaque contre laquelle les mécanismes de protection en vigueur ne sont pas préparés ou ils peuvent recourir aux anciennes formes d’attaques et de vulnérabilités qui ont été oubliées et qui prennent au dépourvu les systèmes de protection mis en place. Donc, penser qu’il est possible d’avoir un système informatique sécurisé à 100 % relève de l’utopie.»

Puisqu’elle peut déjouer les manœuvres de pirates informatiques, peut-elle pirater elle aussi ? «Prenons l’exemple d’un médecin. Il doit d’abord établir un diagnostic, identifier la cause de la maladie et ensuite prescrire les médicaments appropriés. De la même façon, afin de protéger les systèmes informatiques des cyber-attaques, il est essentiel qu’un White Hat Hacker sache comment pirater et compromettre des systèmes informatiques.»

Lakshana Bunghoo, qui sera au pays lorsque ces lignes seront publiées, est prête à considérer de retourner à Maurice un jour pour travailler dans son domaine de spécialisation. «Mais mon plan pour les prochaines années est de travailler en Malaisie et dans d’autres pays et d’acquérir l’exposition, l’expertise et la pratique voulue pour devenir consultante en cyber-sécurité d’ici cinq ans.» C’est ce qu’on appelle une tête bien remplie.

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