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Ramesh Basant Roi: «Notre système de fixation des salaires doit être aboli»

26 novembre 2016, 05:30

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 Ramesh Basant Roi: «Notre système de fixation des salaires doit être aboli»

La mondialisation, le système de révision des salaires, les ressources rares à trouver… Ce sont-là quelques-uns des thèmes abordés par le gouvernement de la Banque centrale, Ramesh Basant Roi, lors du dîner annuel de la Banque de Maurice, hier, vendredi 25 novembre au Méridien, Pointe-aux-Piments.

Au chapitre des salaires, le gouverneur le dit sans détour : «Nous avons un système de révision des salaires qui doit être aboli.» Alors que le taux de change est vu comme le responsable de tous les maux du pays. Pour lui, les Mauriciens veulent «eat the cake and have it at the same time». Un taux de change surévalué mine la compétitivité du secteur de l’exportation. Et dans notre cas, cela a été aggravé par notre système de salaires notamment. Un système qui ne prend pas en considération la santé de l’économie. «It’s a system that works like drug. The more you give the shots, the more you get addicted - until you drop dead.»

Pour Ramesh Basant Roi, les Mauriciens achètent des choses dont ils n’ont pas besoin avec l’argent qu’ils n’ont pas. «Tout ce qui semble compter, c’est de consommer, ici et maintenant. Alors qu’une bonne partie de ce que les gens dépensent dans ce pays est financée par les économies du reste du monde. Le reste du monde fait des économies, nous les dépensons joyeusement.»  Et de faire référence au plan Super Cash Back Gold en soutenant que les Mauriciens ne se soucient guère de savoir d’où provient l’argent. 

Pour lui, il faut cependant que le pays se prépare face à d’autres défis avec une économie qui se fragilise. Notamment avec la fin de l’ère de la mondialisation, qui intervient par exemple, après un événement important, le Brexit. «The world order that business communities and policy makers across the world are accustomed to has been going through a noticeable process of de-construction for quite some years. Lately, the process has accelerated. We witnessed, in recent years, competitive devaluation of currencies, mostly among advanced countries. The dangers of a global retreat into protectionism are all too real. De-globalization appears to be afoot.  intellectual challenge is to find out if it is at all possible to unwind globalization without seriously affecting national economies and the global economy, the objective being some trade-off between a little GDP for greater income equality», explique le gouverneur de la Banque centrale.

«It’s not a world of cows and cattle; it’s a world of cybernetics and robotics. We need to drop 20th century instincts and develop 21st century instincts.» 

Venant à Maurice, il a déclaré que face à ce contexte, il nous faut comprendre que la recette pour la croissance ne repose pas uniquement sur un seul outil de politique monétaire, mais sur une série de réformes courageuses. Car, il nous faut «de la cohérence, un meilleur engagement et il nous faut comprendre le monde numérique tel qu’il évolue». Il ne faut pas prendre ce phénomène à la légère, prévient-il. «It’s not a world of cows and cattle; it’s a world of cybernetics and robotics. We need to drop 20th century instincts and develop 21st century instincts.» 

Un autre point de son intervention a été les ressources humaines «rares» dont Maurice dispose. «La qualité de nos ressources est capitale si l’on veut sortir de la catégorie de pays à revenus moyens.» Sa conclusion : l’investissement dans le capital humain, dans la formation, prend du temps. Pour l’heure, il faudrait donc tout simplement s’ouvrir aux talents étrangers. 

Au chapitre de l’innovation, la Banque centrale se dit prête à orienter Maurice comme un centre de trésorerie pour les multinationales opérant en Afrique. Une manœuvre qui devient d’autant plus importante que l’offshore est dans une mauvaise passe. Et que les «grandfathering clauses» du traité fiscal avec l’Inde expirent en 2019. 

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